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>  Petites Affiches de Lyon, Permier journal non-parisien ?
BFR
Ecrit le : 02-06-2007 19:33


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Bonjour,

J'ai entendu dire que le périodique "Les Petites Affiches de Lyon" avait été le premier journal Lyonnais, mais aussi le premier journal français édité en dehors de la capitale, au XVIIIe siècle, par Aimé Delaroche.

Où vérifier l'exactitude de cette information ? Qu'en est-il du Bulletin de Lyon, ou du Journal du Midi, qu'on trouvait à Lyon à la même, me semble-t-il ?


Merci d'avance.

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bml_reg
Ecrit le : 05-06-2007 13:50


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Réponse de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes

L’Encyclopédia Universalis rappelle que c’est en 1631 que naît la presse parisienne :
«Théophraste Renaudot n'est pas le créateur de la presse périodique en France, mais il reste bien le fondateur du premier grand journal français, La Gazette. Le premier périodique français, Nouvelles ordinaires de divers endroits, naquit en janvier 1631 : il était édité par deux libraires parisiens, Jean Martin et Louis Vendosme, et son texte était pour l'essentiel la traduction de feuilles d'informations périodiques éditées dans les Pays-Bas ou en Allemagne».

Après Paris, Lyon édite peu à peu ses propres sources d’informations locales, les premières s’inspirant fortement des éditions parisiennes.

L’Histoire des journaux de Lyon depuis leur origine jusqu'à nos jours, est une manne d’informations sur les premières publications lyonnaises.

Aimé Vingtrinier mentionne ainsi la parution, dès 1677, à Lyon, du Nouveau Mercure galant, « contenant tout ce qui s’est passé de curieux ». Il paraît de 1677 à (?) 1695, chez Thomas Amaulry, libraire, situé rue Mercière. « Un avis au lecteur annonce qu’on donnera un tome le premier de chaque mois. (…) Le nouveau Mercure imprimé à Lyon n’est que la reproduction, à peu de choses près, de l’édition de Paris. On y trouve plusieurs pièces en prose et en vers d’auteurs lyonnais, ainsi que certains faits qui concernent notre ville, et qui ne doivent pas se trouver ailleurs ».

La parution (chaque samedi) de la Gazette, imprimé à Lyon par Pierre Valfray, est attestée du 4 janvier 1738 au 31 décembre 1749. Elle n’est qu’une reproduction de la Gazette de France, avec l’ajout de récit de faits arrivés dans la localité.

Une feuille des articles enregistrés au bureau d’avis et d’adresses, établi dans la ville de Lyon, paraît le 12 mars 1742. Ce premier numéro indiquait les maisons à vendre ou à louer, les effets perdus et trouvés, les emplois de domestiques... mais on ignore si un 2ème numéro est publié.

Quelques années plus tard, à partir du 3 janvier 1748, suit la publication des Affiches de Lyon, annonces et avis divers, journal lyonnais qui donnera naissance aux Petites affiches de Lyon, en 1802.
Dans un premier temps, leur parution est hebdomadaire (mercredi). Outre les annonces, la feuille contient des nouvelles et des morceaux de littérature, avec à sa tête Aimé de la Roche, membre de l’Académie de Lyon. Ultérieurement, elles paraissent deux fois par semaine, le mercredi et le samedi, et changent encore de nom au 3 janvier 1810 (avec nouvelle numérotation) en paraissant dorénavant sous le titre des Petites affiches de Lyon et annonces judiciaires, puis subissent une nouvelle transformation le 23 novembre 1811 sous l’appellation d’Affiches, annonces et avis divers de la ville de Lyon. D'autres changements de titre suivront.

Dans l’ouvrage La presse régionale : des affiches aux grands quotidiens , Marc Martin évoque l’existence d’Affiches provinciales : «L’affiche lyonnaise, autorisée par les autorités locales et fondé en 1742 par l’imprimeur Aimé Delaroche et une autre à Strasbourg, en langue allemande, apparue dix ans plus tôt. Ces publications s’inspiraient de celle pour laquelle Renaudot avait reçu en 1633 un privilège l’autorisant à faire paraître la première feuille d’annonces publiée en France, la Feuille du bureau d’adresse, ainsi nommée parce qu’elle contenait les annonces déposées au bureau qu’il avait ouvert à cet effet. ».

Les autres journaux que vous mentionnez sont antérieurs aux Affiches de Lyon.

Le Journal de Lyon et du Midi a connu deux publications distinctes. 77 numéros sont parus deux fois par semaine ou trois fois par décade, entre le 3 floréal an VII (22 avril 1799) et le 5 pluviose an VIII (25 janvier 1800). Le journal était rédigé et publié par Doublier et eut successivement plusieurs imprimeurs : Bernard, Dupré, Roger et Rolland. Le journal est suspendu pour après avoir attaqué ouvertement l’autorité dans son numéro 70. Le Journal de Lyon et du Midi, publié par Ballanche et Barret, a vécu le temps de 45 numéros, du 1er nivose an X (22 décembre 1801) au 29 ventôse de la même année (20 mars 1802). L’imprimerie Ballanche, réputée, est l’une des premières imprimeries de la ville à l’époque. La qualité de ses rédacteurs fait sortir le journal de la ligne des publications ordinaires et des abonnements au journal sont demandés de toute la France et même de l’étranger. Il propose à ses lecteurs, outre les nouvelles du jour, les arrêtés du gouvernement concernant Lyon que Napoléon voulait embellir, les compte-rendu de fêtes données en l’honneur du premier consul, des dissertations scientifiques et littéraires, des aperçus économiques et autres articles sur les monuments.

A. Vingtrinier rapporte que devant le succès du Journal de Lyon et du Midi, un nouveau journal est créé avec les mêmes éléments : le Bulletin de Lyon . Publié par Ballanche, le journal paraissait trois fois par décade entre le 3 vendémiaire an XI (25 septembre 1802) et le 30 décembre 1809. Il servait de supplément aux Petites affiches de Lyon en rendant compte de tous les actes de l’administration mais également des événements économiques, scientifiques, littéraires ou artistiques les plus importants de la ville.

Vous trouverez d’autres informations sur les principaux titres de presse lyonnaise du XIXème siècle en consultant le Point d'Actualité sur L’Esprit d’un siècle : Lyon 1800-1914.
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