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>  remédiation cognitive chez l'adulte, Psychologie cognitive
celinejacobgrosmaitre
Ecrit le : 10-07-2007 09:34


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Bonjour,

je voudrais savoir si la remédiation cognitive est une méthode psychologique utilisable avec une population d'adultes, notamment déficients intellectuels.
Quels sont les grands principes de cette méthode ?
Si c'est le cas, est il possible d'avoir des références bibliographiques ?
Merci

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bml_civ
Ecrit le : 13-07-2007 09:13


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Réponse du Département Civilisation

Les méthodes de remédiation cognitive sont des techniques visant à restaurer certaines fonctions déficientes comme la mémoire, l’attention, la perception, le langage, la résolution de problèmes.
Ces techniques ont souvent été inspirées de travaux comme ceux du Professeur Reuven Feuerstein qui, dans les années 50 en Israël, mit au point une méthode de « rééducation à l’intelligence » pour des enfants fortement carencés, malmenés par la guerre et déracinés.
Vous trouverez une présentation du Programme d’Enrichissement Instrumental de Reuven Feuerstein (P.E.I.) dans les ouvrages de Rosine Debray Apprendre à penser, et d’Antoine Spire La pédagogie à visage humain.

Ces méthodes se sont également développées avec l’essor des sciences cognitives. On parle ainsi d’éducation cognitive ou d’ éducabilité cognitive. Lire par exemple : Psychologie cognitive de l’éducation d’Alain Lieury.


Un article de Fredi Büchel et Jean-Louis Paour, le premier de l’Université de Genève, le second de celle d’Aix-en-Provence, intitulé : « Déficience intellectuelle : déficits et remédiation cognitive » (Revue Enfance n°3/2005) vous intéressera sans doute. En voici le résumé :
« La remédiation cognitive peut être considérée comme une application des principes et méthodes de l’éducation cognitive aux personnes dans une situation de handicap. Elle peut conduire, chez les personnes ayant une déficience intellectuelle, à des progrès significatifs et durables qui invitent à utiliser ce type d’intervention. Selon la conception de la déficience intellectuelle, la remédiation cognitive s’est développée dans deux directions : l’approche développementale cherche à faire acquérir des concepts centraux (catégorisation, ordre, nombre, relations spatiales...), alors que l’approche “ différence ” vise à remédier aux processus déficitaires par l’acquisition de stratégies cognitives. C’est cette seconde approche qui sera discutée prioritairement dans cet article. Guidés par le paradigme d’entraînement, les chercheurs essaient d’identifier aussi précisément que possible un processus déficitaire puis de découvrir les conditions susceptibles de favoriser son déclenchement, son maintien et son interaction avec d’autres processus. »

Et un extrait de l’une des conclusions :
« Les personnes ayant une déficience intellectuelle modérée ou sévère n’arrivent pas toujours au niveau de conscience qui serait nécessaire pour reconnaître la nécessité d’une approche stratégique. C’est la raison principale pour laquelle les résultats de programmes de remédiation cognitive sont souvent modestes dans cette population. »

Cet article s’accompagne d’une importante bibliographie de titres majoritairement en langue anglaise.
Vous pouvez également vous reporter à la bibliographie consultable en ligne sur le site du laboratoire du Professeur Büchel à l’Université de Genève ou à la bibliographie du CAFOC de Nantes.

Un autre article de ce même numéro de la revue Enfance s’attache à étudier l’efficience des traitements cognitifs chez les déficients intellectuels, adultes ou enfants. "Catégories implicites, catégories explicites et déficience intellectuelle" de Zdenka Gavornikova-Baligand :
« Cet article interroge les recherches étudiant la catégorisation chez les personnes présentant une déficience intellectuelle. Dans un premier temps, nous distinguons l’impact de la déficience intellectuelle sur l’organisation, au cours du développement, des connaissances en catégories, de son impact sur la capacité à utiliser intentionnellement ces catégories. Nous analysons ensuite l’impact de la déficience intellectuelle en fonction des types de catégories ( “ schématique ”, “ case à remplir ” et “ taxonomique ” ) et du type de traitements (intentionnel et non intentionnel). Enfin, nous proposons d’interpréter le profil de performance lié à la déficience au travers d’un nouveau cadre théorique, celui de l’apprentissage implicite. »

Il semble que les effets de la rémédiation cognitive de patients schizophrènes aient été très étudiés. Mais peut-on parler de « déficients intellectuels » à leur sujet ?

Vous trouverez un exemple de ces techniques sur ce site de laboratoire CNRS.

Certaines entreprises spécialisées ont élaboré des logiciels payants d’exercices de remédiation cognitive. Vous les trouverez facilement sur Internet.

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