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| Lorinda |
Ecrit le : 29-11-2009 21:28
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Usager ![]() Groupe : Membres Messages : 2 Inscrit le : 29-11-2009 |
Bonjour,
J'aimerais savoir si le Fantôme de l'Opéra, décrit dans le roman homonyme de Gaston Leroux, a vraiment existé ou non. Je me pose cette question, ayant lu que l'auteur aurait juré sur son lit de mort qu'il existait, une vidéo sur Youtube montrant le soi-disant portrait du Fantôme peint par lui-même...Je crois que le roman est basé sur certains évènements réels, mais le Fantôme de l'Opéra en fait-il vraiment partie ? Je vous remercie chaleureusement par avance pour votre réponse. Lorinda |
| bml_litt |
Ecrit le : 02-12-2009 15:09
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Usager confirmé Groupe : BmL Messages : 1 369 Inscrit le : 21-02-2004 |
La réponse du Département Langues et Littératures
«Le Fantôme de l'Opéra» est né en 1910 sous la plume de Gaston Leroux (1868-1927), journaliste à l’imagination phénoménale devenu un prolifique auteur de romans populaires, empreints de mystères et de romantisme et non dénués d'une belle distance ironique. Erik (fantomatique et insaisissable personnage, belle âme défigurée, musicien qui, malade d’amour pour une jeune cantatrice, sème la panique à l’Opéra Garnier de Paris, quittant son refuge secret du troisième sous-sol, uniquement accessible par un lac sous-terrain) jouit d’une notoriété mondiale que pourraient lui jalouser Rouletabille ou Chéri-Bibi, autres héros fameux de l’auteur. Le roman compte, entre autres, pas moins d’une dizaine d’adaptations cinématographiques ou télévisuelles, et autant de transpositions scéniques sous forme de comédies musicales. Autrement dit, au même titre que le monstre de Frankenstein, c’est devenu un véritable mythe, par ailleurs inséparable du lieu fascinant qui l’a vu naître. De fait, l’imagination fertile de Gaston Leroux a trouvé un terrain rêvé dans l’histoire mouvementée des débuts de l'Opéra Garnier ainsi que dans la configuration même du lieu. Commandée par Napoléon III, la construction de l’Opéra (1861-1875), a été ralentie, entre autres phénomènes, par deux évènements à forte charge d’évocation romanesque. Comme le relate Alain Duault, dans son ouvrage sur l'histoire de l’Opéra de Paris, les décors devant être manœuvrés par le bas il a fallu prévoir des fondations d’une profondeur de vingt mètres. L’architecte Charles Garnier découvre alors une immense nappe phréatique réunissant des cascades d’eaux souterraines dévalant des côteaux de l’est de Paris, des hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, et qui viennent s’accumuler avant de s’écouler vers la Seine (c’est de là que naîtra la fameuse légende de la Grange-Batelière, cette rivière souterraine qui coulerait sous l’Opéra ). Garnier réussit à isoler les sous-sols par un double mur. Pour assainir le terrain, et terminer les travaux il eut recours à huit pompes à vapeur qui travaillèrent jours et nuits durant huit mois. Puis pour contenir la pression des eaux d’infiltration, il fait construire au plus profond des sous-sols de l’Opéra un" lac souterrain", dans une cuve de béton et de ciment (au plafond voûté du plus bel effet dramatique). Par ailleurs, en 1870-1871, pendant la Guerre franco-prussienne et la Commune de Paris, les sous-sols ont servi d’entrepôts de subsistances, puis de cachots qui furent le théâtre de terribles exécutions de Communards. Autre évènement, que Leroux reprendra dans son roman en l’attribuant à Erik, le 20 mai 1896, lors d’une représentation, le grand lustre de l’Opéra s’effondre dans un fracas terrible, ne faisant qu’une victime, concierge de son état, et blessant son mari. Mais laissons parler Gaston Leroux lui-même en citant un extrait révélateur de l’avant-propos du Fantôme de l’Opéra qui illustre bien l’art romanesque de l’auteur et ses jeux de cache-cache avec la réalité : On se rappelle que dernièrement, en creusant le sous-sol de l’Opéra pour y enterrer les voies phonographiées des artistes, le pic des ouvriers a mis à nu un cadavre ; or, j’ai eu tout de suite la preuve que ce cadavre était celui du fantôme de l’Opéra ! (…) il m’est indifférent que les journaux racontent qu’on a trouvé là une victime de la Commune. Si la découverte du cadavre est un habile déplacement romanesque de Leroux, en revanche, l’étrange «enterrement» des voix des artistes est un évènement historique qui eut effectivement lieu le 24 décembre 1907 et dont on peut connaître la teneur et les prolongements contemporains dans un récent article du Figaro. Pour conclure, renvoyons à un article d’A. Malherbe, dans L'Express , qui cite l’universitaire Isabelle Husson-Casta, spécialiste de Gaston Leroux : Dans l’imaginaire de l’époque, le chant lyrique fait affaire avec le diable. Le fantôme, c’est l’opéra lui-même. |
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