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>  Juifs et maconnerie
rvicko
Ecrit le : 13-12-2009 21:19


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Bonjour
Il me semble que les juifs ont eut du mal à être acceptés en franc-maconnerie, tout du moins au début de la maçonnerie.
Quelles étaient les raisons de la réticence des maçons, et à partir de quand les juifs ont ils eut la possiblité de devenir maçons?
D'avance merci pour votre réponse. J'aimerai aussi, si c'est possible avoir quelques conseils de lectre à ce sujet.

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bml_civ
Ecrit le : 16-12-2009 16:13


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Réponse du Département Civilisation

-" Cela commence comme une histoire sans nom : il n’y eut ni traité ni déclaration qui présidèrent à la naissance de la Franc-Maçonnerie, toujours entourée de mystères par les Maçons eux-mêmes et par leurs détracteurs. D’aucuns veulent rattacher l’origine de la maçonnerie moderne, née au XVIIIe siècle, aux corporations médiévales de bâtisseurs : ce serait ces artisans, fervents catholiques, qui, au XIVe siècle, en Angleterre et en Ecosse , en auraient posé les conditions."
In : La Franc-Maçonnerie. Une fraternité révélée de Luc Nefontaine


-Bref historique sur la Franc-Maçonnerie et les juifs extrait de l’ Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie

Le XVIIIe siècle voit les élites juives européennes manifester un vif désir d’intégration et de reconnaissance sociales, culturelles et politiques. Mais le siècle des Lumières est aussi marqué par la discrimination à l’encontre des juifs, le rejet de la différence, y compris de la part des milieux éclairés. La manière dont les loges maçonniques abordent la question de l’accès au temple des candidats juifs à l’initiation témoigne de la part d’ombre des Lumières européennes, et de la perméabilité de la sphère maçonnique aux préjugés et aux grands débats qui agitent la société profane.[…] En France les ateliers ont interdit , en fait voire en droit, à l’immense majorité des juifs l’accès à l’initiation.
On peut lire dans le Catéchisme du Franc-Maçon publié à Berne en 1744 :
"c’est une cause habituelle d’étonnement qu’on admette indistinctement dans la société des Francs-Maçons des gens des différentes religions.
A ce propos il est nécessaire de faire remarquer, premièrement : qu’on ne peut y admettre que ceux qui portent le nom de chrétiens. Si on y trouve des infidèles comme les Juifs, les Turcs ou d’autres, ils y sont entrés par abus pour n’avoir pas été bien connus. "
Un règlement marseillais de 1767 stipule clairement que « tous profanes qui auraient le malheur d’être juifs, nègres, ou mahomettans ne doivent point être proposés. »
Dans leur immense majorité, les francs-maçons continentaux font coïncider République Universelle des francs-maçons et chrétienté. Un frère n’hésite d’ailleurs pas à s’écrier : « le chrétien voilà le vrai franc-maçon ! "


-Quelques lectures ,
Deux livres qui font la synthèse de votre question :

- Judaïsme et franc-maçonnerie. Histoire d’une fraternité de Luc Nefontaine et Jean–Philippe Schreiber.
Par sa volonté d'être le Centre de l'Union entre les hommes, mais aussi par sa symbolique fondée sur le modèle du Temple de Salomon ou par les hébraïsmes qui foisonnent dans ses rituels, la franc-maçonnerie ne pouvait qu'entrer en sympathie naturelle avec le monde du judaïsme.
Pourtant, les premiers francs-maçons, protestants ou catholiques, n'ont pas accepté immédiatement d'initier des frères juifs dans leurs loges….
Luc Nefontaine et Jean-Philippe Schreiber, enseignants de l'Université libre de Bruxelles, spécialistes respectivement de la franc-maçonnerie et du judaïsme, retracent ici le parcours complexe qui conduisit juifs et francs-maçons de la défiance au dialogue, en passant par le difficile exercice de la tolérance..


- Juifs et francs-maçons en Europe : 1723-1939 de Jacob Katz
L'auteur fut professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem. Dans ce livre il traite des problèmes de l'assimilation, du mouvement de réforme, de l'émancipation et de l'antisémitisme.
J. Katz a pu avoir accès aux bibliothèques de plusieurs loges européennes et il se sert ici du statut des juifs dans la franc-maçonnerie comme exemple de leur position dans l'Etat et la société.
Le problème de l'existence de juifs au sein de la franc-maçonnerie tournait autour de la définition et de l'essence de l'ordre tout entier. katz insiste sur le principe d'universalisme qui présida à l'origine de la franc-maçonnerie. D'après la « première obligation » de la constitution d'Anderson (1717), un maçon est obligé d'obéir à la loi morale et n'est astreint qu'à « cette religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord, c'est-à-dire d'être hommes de bien et loyaux », quelles que soient les confessions, « de la sorte que la franc-maçonnerie est le centre d'union et le moyen de nouer une amitié sincère entre des hommes qui n'auraient pu que rester perpétuellement étrangers ».
L'auteur de la constitution ne pensait pas alors aux juifs, mais lorsque la question de leur admission se présenta en Angleterre au milieu du XVIIIe siècle, le principe posé fonctionna assez bien. La constitution de la Grande Loge de France (1755) rendit en revanche le baptême obligatoire….
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