Je cherche des informations sur la rue de Bonald et son numéro 3
Question d'origine :
Bonjour,
Je voulais tout d'abord vous remercier pour votre réponse s'agissant de la date de construction de l'immeuble au 35 rue pasteur ex rue de Béarn même si je suis étonné de la date de 1898.
Mes nouvelles questions sont :
je travaille au 3 rue de Bonald dans un immeuble sans ascenseur, immeuble qui bénéficie actuellement d'un ravalement qui vient de faire apparaître les pierres du RDC.
Quelle est la date de construction et le nom de l'architecte de cet immeuble sis au 3 (trois) rue de Bonald ?
Par ailleurs, je vais faire installer un store banne comme protection solaire (nous sommes exposés au sud-sud-ouest) et comme rappel des stores-banne du début du 20 ème siècle : existe-t-il des photos de cette rue montrant les commerces et ateliers avec des stores bannes ?
Enfin, les pierres au RDC sont des pierres de Villebois et semble-t-il du Mont D'or : est-ce possible une telle origine du Mont d'or ?
Merci par avance.
Bien cordialement,
Luc L.
Réponse du Guichet
Nous n'avons pas trouvé d'informations sur cet immeuble de la rue de Bonald probablement à cause d'un problème d'accès aux archives municipales de Lyon. Nous vous informerons de la suite de nos recherches lorsque le problème sera réglé.
A propos des pierres de Villebois, plusieurs sources d'informations se rejoignent. Il existe des pierres de Villebois dans l'Ain, et des pierres de Villebois également appelées pierres de Montalieu-Vercieu ou de Trept qui ont été beaucoup utilisées pour la construction de Lyon. Autrefois, elles provenaient de carrières réparties entre l'Ain, l'Isère et l'Ardèche.
Bonjour,
L’immeuble du 3 rue de Bonald dans le 7e arrondissement à Lyon ne figure pas à l'Inventaire du patrimoine architectural de Rhône-Alpes.
Zoom Rive gauche qui présente également certains immeubles des quartiers de la rive gauche ne l'évoque pas. Le cadastre napoléonien des Archives départementales et métropolitaines de Lyon et le cadastre contemporain ne nous donnent aucune information.
Les recherches dans les plans parcellaires (1861-1995) du site des Archives municipales de Lyon pourraient peut-être en proposer sur l’historique de cet immeuble. Malheureusement il est actuellement indisponible et nous n'avons pas pu effectuer de recherches. Nous rechercherons à nouveau lorsque la page refonctionnera et nous vous informerons. Il en est de même pour la recherche des Permis de construire.
Consultant le tome 1 du Dictionnaire de lyonnaiseries : les hommes, le sol, les rues, nous avons recueilli une information qui pourrait avoir son importance : Cette rue a porté, pendant quelques années, le nom de rue de Bellefond.
A propos des pierres de Villebois, elles pourraient provenir de Villebois, une petite commune de l’Ain d'après Anciennes carrières de Villebois : au coeur de l’architecture rhônalpine, Unicem, mais celles-ci n'ont pas les caractéristiques de la pierre dorée des Monts d'or selon Thierry Roux dans ce même article :
C’est de la pierre de taille, une pierre dure dite aussi « pierre froide ». C’est au niveau local qu’on appelle ça le « choin ». C’est un calcaire qui est blanc avec des marques très spécifiques en forme d’éléctrocardiogramme, c’est le joint stylolitique. Dans la pierre de Villebois, ces marques sont très facilement repérables et on en voit partout quand on se promène dans Lyon.
Source : Anciennes carrières de Villebois : au coeur de l’architecture rhônalpine, Unicem
Une autre pierre de Villebois existe et celle-ci peut être jaune selon Villebois, Fiche informative, Mineral expertise. Il s'agit d'une roche sédimentaire extraite en Isère :
Cette pierre calcaire marbrière d’aspect tacheté et ramagé se caractérise par sa texture très fine, compacte, peu fossilifère. Ses teintes vont des coloris beige brun (appelé jaune) au gris. Cette pierre calcaire est massivement utilisée dans le secteur de la construction et des aménagements urbains. Elle se prête particulièrement bien à l’habillage de façades de bâtiments comme celui de l’hôtel Dieu à Lyon, ou des arches du tunnel de la Croix-Rousse. Ces réalisations montrent les possibilités de production d’éléments très massifs, mais travaillés avec précision.
Il existe deux typologies de Villebois : Villebois Jaune, Villebois Grise.
David Louis dans Les roches utilisées dans la construction de la ville de Lyon. In: Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 45ᵉ année, n°7, septembre 1976. pp. 6-10, nous donne des informations précieuses :
La série stratigraphique de l'Ile Crémieu et du Jura méridional est constituée de roches analogues à celles du Mont d'Or dont l'usage ne peut donc être que local. Le calcaire à entroques dit «petit granité» du Val d'Amby et son homologue du Val du Rhône ont parfois été exportés : pont de la Mulatière.
Mais une pierre mérite le nom de « choin » : pierre de choix, de qualité ; c'est la pierre de Villebois , encore appelée de Montalieu-Vercieu ou de Trept. C'est elle qui pendant 2 siècles a dominé la construction de la ville de Lyon et par delà fut exportée à Paris, dans de nombreuses villes françaises (Chambéry, Grenoble, Saint-Etienne...) ou étrangères (Genève...).
Si les romains avaient déjà utilisé cette pierre, c'est au XVIIIe et XIXe siècles que l'exploitation devint intensive : la voie d'eau rhodanienne puis plus tard deux lignes de chemin de fer permettaient le travail de 2 500 ouvriers dans plus de 50 carrières.
D'âge Bathonien supérieur, la pierre de Villebois est un calcaire à grain fin, semi-cristallin, gris ou blanc grisâtre, que l'érosion fait paraître vermiculé et quelque peu bicolore. Il y a parfois quelques rognons de silex mais sa caractéristique est l'abondance des joints stylolithiques, parallèles à la stratification, dont la surface est hérissée de mamelons cannelés et pointus, et dont l'aspect en section rappelle celui des sutures d'os crâniens.
Les parties exploitées font 4 à 10 m de puissance répartis en 10 à 15 bancs.
L'extraction se faisait avec des moyens de plus en plus perfectionnés au fil des temps : coins de bois arrosés, puits creusés à la main, fil de sciage, perforatrices... A Trept d'anciennes carrières permettent encore de retrouver les traces abandonnées de cette technologie d'extraction de blocs parfois énormes.
Les carrières sont réparties de part et d'autre du Rhône sur le territoire des communes de Villebois, Sault-Brenaz, Montalieu, Trept, Serrières, Porcieu, Amblagnieu, etc... Ce choin est particulièrement dur et résistant ; il se prête à toutes les tailles voire au polissage. Les blocs monolithes peuvent être pratiquement d'aussi grande taille qu'on le désire : le monolithe de la place de Villebois a presque la taille de l'obélisque de la place de la Concorde.
Il n'est pas possible de citer toutes les constructions lyonnaises redevables à ce choin deux fois séculaire de leur existence. Tous les quais, Rhône et
Saône, bas-port et « cadettes » ; les ponts du Change, Tilsitt, Morand, Lafayette, Saint-Georges, Saint-Vincent... sont en choin. Les beaux immeubles du centre sont en entiers en choin alors que les autres en ont les soubassements, angles, linteaux, escaliers, piliers, balcons... Les grands édifices ou monuments lui doivent en partie leur style et sûrement leur pérennité : Hôtel de Ville, Palais de Justice et de la Bourse, Opéra, Préfecture, ancienne Université avec ses piliers, anciennes casernes, etc... sans compter les églises, le plus souvent mixtes elles aussi : basilique de Fourvière, Saint-Jean, Saint-Georges, etc...
On ne peut imaginer la ville de Lyon sans l'omniprésence du choin, on ne peut se promener en ville sans que l'oeil ne suive la dentelle des joints stylolithiques courant au long des façades ou des colonnes.
Bonne journée
Complément(s) de réponse
Bonjour,
Nous revenons vers vous pour compléter les informations que nous avons pu recueillir.
Sur leur page Quartiers - Guillotière - Place Gabriel-Péri (du Pont), les Archives municipales de Lyon ne proposent pas de photos de la rue de Bonald mais nous pouvons apercevoir des boutiques de la place du Pont équipées de stores bannes sur d'autres images.
Grâce à Gorenove, nous savons que l'immeuble du 3 rue de Bonald à Lyon a été construit en 1905. Pour connaître le nom de l'architecte, nous avons consulté le registre des permis de construire de 1904 et celui de 1905 mais aucun d'eux ne mentionnent de construction à cette adresse. Les plans parcellaires n'indiquent que les noms des propriétaires. Le plan parcellaire du secteur 2016 de 1921 donne Vve Blanc et à partir de 1945 jusqu'en 1973, Pernaud.
Fouiller les archives notariales conservées aux Archives départementales et métropolitaines du Rhône des périodes 1921-1930, 1931-1940 et 1941-1950 serait très chronophage et sans véritable promesse de réussite.
Bonne journée
Question d'origine :
Question
Bonjour,
J'avais posée une question sur la date de construction et le nom de l'architecte de l'immeuble du 3 rue de Bonald 69007 Lyon et vous m'aviez répondu : « Nous n'avons pas trouvé d'informations sur cet immeuble de la rue de Bonald probablement à cause d'un problème d'accès aux archives municipales de Lyon. Nous vous informerons de la suite de nos recherches lorsque le problème sera réglé. »
Est-ce que l'accès aux archives est possible maintenant ?
Merci par avance.
Bien cordialement,
Luc L.
Reformulation :
Réponse du Guichet
L'immeuble du 3 rue de Bonald a été construit en 1898. Il occupe la principale parcelle d'une large opération immobilière qui a vue s'ériger plusieurs immeubles mitoyens sous l'égide de l'architecte lyonnais Nicolas Vernon. L'immeuble est aujourd'hui reconnu pour ses propriétés patrimoniales et possède une notice sur le site de l'Inventaire général en Auvergne-Rhône-Alpes. Claude Blanc, industriel lyonnais travaillant le cuivre, en fut le principal investisseur.
Bonjour,
Oui, de nouvelles recherches en ligne nous permettent d'identifier l'architecte et la date de construction de votre immeuble du 3 rue de Bonald (60007, Lyon). En raison de ses propriétés architecturales et l'impotance de cet îlot d'immeubles dans l'urbanisme du quartier, le bâtiment dispose de notices documentées sur le site de l'Inventaire du Patrimoine en Auvergne-Rhône-Alpes.
Nous apprenons notamment que l'immeuble a été construit en 1898 et que son architecte est Nicolas Vernon. Une ancienne réponse du Guichet du Savoir vous apportera quelques renseignements sur la vie et l'oeuvre de cet architecte lyonnais : Que savoir sur l'architecte lyonnais Nicolas Vernon ? (2024). L'immeuble a rapidement été acquis par un certain Claude Blanc, industriel fondeur en cuivre.
Voici ce qu'indique la notice sur l'immeuble du 3 rue de Bonald :
Immeuble construit en 1898 par l'architecte Nicolas Vernon, dans le cadre d'une opération d'ensemble portant sur six immeubles au sein du même ilot. Cet édifice, par sa position à l'angle des rues Cavenne et Bonald, occupe l'emplacement privilégié au sein de l'ensemble et joue le rôle de tête de pont pour l'alignement des quatre immeubles mitoyens bordant la rue de Bonald, conçus en miroir. La parcelle qu'il occupe est la plus vaste du lotissement (324 m²). Il est acquis par Claude Blanc, industriel fondeur en cuivre, qui joue un rôle essentiel dans le projet dont il est l'investisseur principal. Ce statut peut expliquer sa décoration et ses proportions légèrement plus imposantes que pour les immeubles mitoyens, même si cette différence n'apparait pas sur le plan de l'architecte. D'après ce plan, l'immeuble devait alors avoir son entrée rue Cavenne, au n°12.
(...)
Cet immeuble d'angle est construit en exact miroir de l'immeuble d'angle opposé (9 rue de Bonald), mais l'élévation diffère avec des niveaux légèrement surélevés par rapport au reste de l'ordonnance. Sur la rue Cavenne, les travées extérieures sont mises en valeur par des baies plus larges. Le premier étage est traité en entresol à bossage continu et l'étage de combles mansardé est doté d'un balcon filant. Le décor intérieur est soigné, en particulier celui de l'allée doté d'un pavement en carreaux de ciment polychromes, d'un faux appareillage et d'un plafond peint à motifs de rinceaux et de corbeilles de fleurs. La loge de concierge est implantée au niveau du premier repos de l'escalier.
Source : 3 rue de Bonald (dossier/IA69007161), Immeuble Auvergne-Rhône-Alpes > Rhône > Lyon > Lyon 7e Arrondissement dans Ensemble d'édifices derrière façade.
Un plan de l'immeuble par l'architecte avec précisions manuscrites est aussi visible sur ce site.
A propos de l'historique de vente de l'ilôt ayant précédé les travaux de Nicolas Vernon, puis le rôle de l'architecte, et le profil des investisseurs, tout cela est résumé dans la notice Ensemble d'édifices derrière façade. On en apprend davantage sur cette opération financière et le profil des premiers acquéreurs :
En-dehors de la figure de l'architecte, l'opération semble fortement portée par l'engagement de l'industriel Claude Blanc, fondeur en cuivre domicilié 346 rue Duguesclin. En effet, celui-ci se porte personnellement acquéreur de l'immeuble formant l'angle de la rue Cavenne et de la rue de Bonald (3 rue de Bonald) et avance par ailleurs tout ou partie des sommes nécessaires à l'achat de 3 autres lots, qui sont alors hypothéqués à son profit (le 5 rue de Bonald, financé à 100% ; le 7 rue de Bonald, financé à 97 % ; et le 13 rue Cavenne à 47 %). En tout, Claude Blanc aura financé, à lui seul, 55 % du budget de l'opération conduite par Nicolas Vernon (43,7% du produit total de la vente Béret). Curieusement, plan parcellaire indique qu'en 1921, la Veuve Blanc était propriétaire de 3 immeubles au sein de l'ilot, mais il ne s'agit pas de ceux qui avaient été hypothéqués. Dans le dernier acte de vente (décembre 1898), Claude Blanc intervient comme mandataire des vendeurs, probablement retournés en Isère, et un autre acte indique qu'il détient tous les titres de propriété des terrains vendus "en tant que propriétaire d’une parcelle voisine et comprise dans la même masse".
L'identité et la profession des 8 acquéreurs est très significative. En-dehors de deux parcelles acquises par des femmes, veuves qualifiées de rentières (Joséphine Andina et Marie Demourgues), toutes les acquisitions sont réalisées par des professionnels du bâtiment (Étienne Trouiller, entrepreneur de menuiserie ; Joseph Lachamps, cimentier et Michel Durand, entrepreneur) et spécialement par des professionnels du métal, avec trois serruriers d'art, Joseph Paccard (atelier Joseph Paccard et Cie), Louis Martin et François Masson (atelier Martin et Masson) et un fondeur en cuivre, Claude Blanc. On peut supposer que ce dernier a joué, avec l'architecte, un rôle de mobilisation et de réunion des investisseurs, auxquels il offrait également des facilités de financement.
Malheureusement, notre bibliothèque numérique Numelyo ne conserve pas de photos d'époque des façades de l'immeuble.
Les plans parcellaires de la ville de Lyon confirme bien monsieur Blanc comme propriétaire des lieux sur le plan de 1921 (secteur 216). Il est en revanche remplacé par Pernaud sur le plan suivant daté de 1945.
Bonne journée.
En mai, fais de l’upcyclé