Aller à la piscine quand on a ses règles est-il risqué pour la santé ?
Question d'origine :
Bonjour,
D'un point de vue scientifique et médical, aller à la piscine quand on a ses règles est-il risqué d'un point de vue santé (infections, mycoses...) ? Le risque évolue-t-il selon le type de protection hygiénique que l'on porte (absence de protection, ou port de protection interne, protection externe comme un maillot menstruel) ?
Il me semble avoir compris que le fait de se baigner en période menstruelle ne comportait aucun risque accru en soi de développer une infection, si l'on respecte les règles de base (bien se laver et bien se sécher après). Est-ce correct ?
J'ai besoin de votre aide pour démêler le vrai du faux car je lis et j'entends des propos différents sur ce sujet.
Merci,
Réponse du Guichet
D'après nos recherches, il n'y aurait pas de risques pour une femme à se baigner en piscine pendant sa période de menstruation même si les piscines sont favorables au développement d'organismes microbiologiques. Les piscines en France sont conformes à la réglementation sanitaire évitant ce type de prolifération. Mais bien évidemment, le risque zéro n'existe pas.
Bonjour,
La question que vous soulevez est préoccupante pour un grand nombre de femmes. Selon l'article Peut-on se baigner quand on a ses règles ?, Ça m'intéresse, juillet 2022, 74% des femmes se sentiraient empêchées de se baigner pendant leurs règles.
Il est vrai qu'en piscine, les baigneurs et baigneuses sont exposé·es à plusieurs risques : noyades, traumatismes divers, mais aussi risques chimiques ou microbiologiques dus à une mauvaise qualité de l’eau de la piscine et/ou à un mauvais fonctionnement des installations, Piscines : comment se baigner en toute sécurité ?, ARS Auvergne-Rhône-Alpes, août 2025. Ceux auxquels pourrait être exposée la partie intine d'une femme appartiennent aux risques microbiologiques :
Une piscine est un lieu dans lequel les conditions (humidité, chaleur) sont favorables au développement de micro-organismes (bactéries, virus, champignons...) pouvant causer des maladies (mycoses, eczéma, verrues plantaires, affections ORL, gastro-entérites…).
Le risque microbiologique est principalement lié aux baigneurs mais aussi à un mauvais entretien des installations par l’exploitant. Le respect des règles d’hygiène par les baigneurs est donc indispensable.
Source : Piscines : comment se baigner en toute sécurité ?, ARS Auvergne-Rhône-Alpes, août 2025
La page Risques sanitaires liés aux piscines du site gouvernemental Vie publique, 2010, se montre plutôt rassurante à ce propos :
Les autorités de contrôle constatent un bon taux de conformité à la réglementation des piscines françaises notamment en matière de qualité microbiologique. Pour autant, tout risque lié aux microorganismes (mycose, verrues, diarrhées...) n'est pas écarté.
Voici ce qu'ajoute l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) dans son rapport d'expertise collective de juin 2010, Risques sanitaires liés aux piscines. Évaluation des risques sanitaires liés aux piscines. Partie 1 : piscines réglementées :
3.4 Evaluation des risques microbiologiques
La revue de la littérature scientifique montre que l’incidence de certaines pathologies peut être reliée à l’activité de baignade en piscine. Les infections cutanées (mycoses, dermatoses virales ou bactériennes, verrues plantaires) sont les plus fréquentes, suivies des affections de la sphère ORL (otites, angines, rhinites, conjonctivites), des troubles intestinaux (gastro-entérites) et, dans une moindre mesure, des affections pulmonaires. De rares cas de méningites et d’hépatites virales ont également été recensés.
L’eau, les surfaces, le sol et l’air ambiant des piscines peuvent être des lieux de contamination microbiologique (bactéries, virus, protozoaires et champignons microscopiques). Une partie de celle-ci est d’origine environnementale, mais sa principale source provient des baigneurs, lesquels libèrent naturellement dans l’eau de nombreux germes, parfois pathogènes, par l’intermédiaire de la peau, des phanères ou des sécrétions (fèces, urine, sueur, etc.). Les voies d’exposition concernent principalement l’ingestion d’eau, le contact cutané et, dans une moindre mesure, la voie respiratoire.
Lorsque les mesures d’hygiène et le traitement de l’eau ne sont pas optimaux, il existe un risque d’infections lié à la présence d’agents pathogènes. Cependant, leurs concentrations dans l’eau des piscines sont, pour la plupart, inconnues, de même que les doses minimales infectieuses, les relations doses-effet et les données d’émission et d’exposition relatifs à ces germes. De fait, la caractérisation du risque s’avère très complexe, au regard des nombreuses variables liées à l’hôte (âge, sexe, état de santé général, état nutritionnel etc.), à l’agent pathogène (virulence, capacité à survivre et à se multiplier dans l’eau, résistance aux agents désinfectants, etc.) et au milieu considéré (eau, teneur en désinfectant, nature des surfaces, composition de l’air, présence de biofilm, etc.). Toutefois, tenant compte des données existantes, certains éléments d’appréciation ont pu être dégagés dans le rapport d’expertise, ce qui a permis d’orienter la réflexion quant aux recommandations relatives aux mesures de gestion des risques sanitaires à mettre en œuvre.
Bien que le risque microbiologique semble être relativement bien maîtrisé dans les piscines collectives au vu du contrôle sanitaire, il faut savoir que certains micro-organismes peuvent s’adapter aux conditions environnementales et acquérir des résistances vis à vis des désinfectants couramment utilisés. De plus, le comportement de certains micro-organismes résistants au chlore (mycobactéries atypiques, Pseudomonas aeruginosa, kystes de Giardia et de Cryptosporidium, etc.) diffère de celui des indicateurs de contamination fécale imposés par la réglementation, ce qui justifie leur suivi en particulier.
Concernant la contamination des sols et des surfaces, il existe des microorganismes pathogènes (Pseudomonas aeruginosa, dermatophytes, molluscipoxvirus, papillomavirus, etc.), dont on ne peut pas déterminer le risque sanitaire du fait du manque d’information concernant les niveaux d’exposition et d’infectiosité.
Concernant les légionelles, le risque de contamination lié à l’eau des bassins est faible. Le risque sanitaire dans les piscines est lié au risque de colonisation du réseau d’eau chaude sanitaire, et notamment des douches.
Concernant la qualité de l’air, des moisissures (principalement Cladosporium, Penicillium, Aspergillus,) présentes sans l’air ambiant peuvent être à l’origine de pathologies bénignes (allergies, rhinites, etc.) chez les personnes en bonne santé mais s’avérer graves chez les personnes fragilisées (apergillose invasive).
Néanmoins, tous les sites consultés sont unanimes pour dire qu'il n'existe pas de risques supplémentaires à se baigner en piscine en période de menstruation :
La question de savoir si l'on peut se baigner à la piscine ou à la mer pendant les règles est une préoccupation fréquente chez les femmes. Heureusement, il est tout à fait possible de profiter de la baignade pendant cette période, à condition de prendre certaines précautions et de choisir la protection hygiénique adaptée.
Source : VVA Natation, blog du club Vichy Val d'Allier Natation
oui, vous pouvez tout à fait nager pendant vos règles. Non seulement la natation est sans danger, mais des études montrent que l’activité physique pendant les menstruations peut même soulager des symptômes courants comme les crampes et les sautes d’humeur.
Que se passe-t-il réellement lorsqu'on nage pendant ses règles ? Quels produits sont efficaces et lesquels ne le sont pas ? Comment se sentir à l'aise dans l'eau, quelle que soit la période de son cycle ?
Peut-on se baigner pendant ses règles ?
Absolument, et il n’y a aucune raison médicale de ne pas le faire.
Malgré les idées reçues et les tabous culturels persistants, les menstruations ne rendent pas la natation dangereuse, insalubre ou impossible. Le chlore des piscines élimine efficacement les bactéries et autres microbes, traitant le flux menstruel de la même manière que la transpiration et les autres fluides corporels. La baignade en mer et en lac est également sans danger, bien que certains professionnels de santé recommandent les piscines chlorées aux personnes craignant une infection.
Qu’en est-il des requins ? Autre mythe à déconstruire : rien ne prouve que nager pendant ses règles attire les requins. Marie Levine, fondatrice du Shark Research Institute, pratique la plongée depuis des décennies, y compris pendant ses menstruations, et n’a jamais eu de problème avec les requins. Les plongeurs professionnels et les biologistes marins confirment que les requins ne sont pas particulièrement attirés par le sang menstruel par rapport à tout autre fluide corporel.
La vraie question n'est pas de savoir si l'on peut nager pendant ses règles, mais plutôt comment le faire confortablement. Les protections menstruelles adaptées font toute la différence.
Source : Can You Swim With Your Period? Everything You Actually Need to Know, Samphire, novembre 2025
Il est tout à fait possible de se baigner en piscine pendant les règles, et celles-ci ne doivent pas empêcher qui que ce soit de s'entraîner ou de participer à des compétitions.
Source : Information on the menstrual cycle for aquatic participants, Swimming.org
Les deux derniers articles cités détaillent les protections pouvant être utilisées pendant les règles comme le tampon, la coupe mentruelle, la culotte menstruelle ou le maillot de bain mentruel, selon la préférence de chacune.
Enfin deux articles scientifiques mentionnent la survenue de mycose superficielle aux pieds dûe à la pratique de certains sports dont la natation :
La pratique sportive, en général, favorise l'apparition d'une mycose qui reste habituellement superficielle. La natation, la gymnastique, le marathon, le judo et la lutte sont les sports les plus touchés. De nombreuses études épidémiologiques réalisées sur les sites sportifs révèlent que les visiteurs qui les fréquentent ont un risque plus élevé de mycoses (essentiellement Tinea pedis appelées aussi « pieds d'athlètes ») que dans le reste de la population générale. Les espèces rencontrées sont pratiquement toutes des dermatophytes d'origine anthropophile, principalement Trichophyton rubrum et Trichophyton interdigitale et plus rarement Epidermophyton floccosum .
Source : Dominique Chabasse, Sports et spores, Revue Francophone des Laboratoires, Volume 2022, Issue 547, 2022, Pages 56-61
Le sport, en général, favorise la survenue d'une mycose superficielle. La natation, la gymnastique, le judo, le cyclisme, la lutte et l'équitation sont les plus touchés. C'est au niveau des établissements où la pratique du sport se fait nus pieds (judokas, nageurs), et par la fréquentation régulière des vestiaires, sanitaires et douches que le sportif s'expose à la contamination fongique.
Source : D. Chabasse, T. Barale, Mycoses et activités sportives, Revue Française des Laboratoires, Volume 1997, Issue 298, 1997, Pages 45-50
N'étant pas expert·es en la matière, nous vous conseillons toutefois de prendre conseil auprès de votre médecin traitant.
Bonne journée
Trahir et être trahi. Analyse psycho-sociale du coup...