Question d'origine :
Bonjour
Je connais une cruche en terre cuite portant l'inscription
Demain dimanche
Le Jours de st Jaque
La voque de chove
Le 24 juillet
1859
L'écriture, tracée en cursives au barrolet n'est pas toujours lisible. Je ne connais pas la région lyonnaise et je n'ai pas identifié le lieu-dit chove. Auriez-vous une réponse ?
Marci d'avance
Réponse du Guichet
Le 09/03/2012 à 15h23
Bonjour,
La Grande encyclopédie de Lyon et des communes du Rhône ne mentionne pas un hypothétique village de Chove. Comme les recherches que nous avons effectuées sur internet s’avèrent tout aussi infructueuses, nous n’avons pas approfondi cette piste. De plus, le mot « voque » ne fait pas partie du répertoire lyonnais.
Dans la mesure où vous semblez reconnaître que l’inscription n’est pas forcément visible, est-il possible d’interpréter ce « voque de chove » comme « vogue des choux » ?
Dans ce cas, il existait effectivement à Lyon au milieu du XIXe siècle une foire estivale installée dans le quartier de Perrache appelée la Vogue des choux.
Les vogues, nous apprend le Glossaire des gones de Lyon, sont des fêtes baladoires, patronales et populaires d’un pays ou d’un quartier :
Chaque pays a son mot caractéristique pour désigner ces sortes de réjouissances. Il est à remarquer que c’est presque to_ujours un mot de piété, parce qu’à l’origine ces fêtes populaires étaient toujours des fêtes religieuses. (…) Notre mot « vogue » vient probablement de ce même mot : votum.
(à propos des vogues, voir l’un ou l’autre des dossiers bibliographiques rédigés par la bibliothèque sur le sujet)
La « Vogue des choux », ou « vogue de Perrache », est une des premières vogues lyonnaises ; elle tire son nom de son caractère un peu champêtre au milieu du XIXe : à l’époque elle était la fête des jardiniers de la presqu’île de Perrache où on cultivait beaucoup de choux.
Nizier du Puitspelu l’évoque dans ses Vieilleries lyonnaises comme un souvenir de jeunesse, et ce en 1879. Elle est également citée dans l’ouvrage de Vachet, Glossaire des gones de Lyon, comme un évènement qui « attire encore aujourd’hui beaucoup de monde » (en 1907). Si l’on en croit la notice consacrée au cours de Verdun du site rueDeLyon, cette vogue est antérieure à 1852.
Nizier introduit son chapitre sur la vogue par ces quelques mots : « C’était hier la vogue de Perrache, sur le cours du midi [actuel cours Verdun]. L’Empire la faisait célébrer le 15 août, pour coïncider avec la fête de l’empereur, mais en réalité la vogue se doit tenir le dimanche qui suit la Notre-Dame. »
Entre la jeunesse de Nizier, et le moment où il écrit ces lignes, la vogue a évoluée : elle s’appelle alors « vogue de Perrache », tandis qu’une nouvelle « vogue des choux » se déroule, huit jours après celle de Perrache au milieu de la presqu’île.
Les dates auxquelles se déroulaient l’ancienne « vogue des choux » de son enfance sont-elles les mêmes que celles qu’il cite. Celles-ci font-elles même référence à la « vogue de Perrache » contemporaine de ses écrits ? Car en 1879, il semble un peu douteux de voir invoquer la fête de l’Empereur comme raison de ses manifestations (celle-ci instituée en 1852 tourne court après la guerre contre la Prusse en 1870)…
Bref, si cette date ne correspond pas tout à fait à celle qui est mentionnée sur la cruche, doit-on pour autant exclure qu’il y soit bien fait référence à la « vogue des choux » ?
Nous ne pouvons mener plus loin nos recherches. Il nous faudrait savoir ce qui vous fait soupçonner que cette cruche est liée d’une quelconque manière à Lyon, et pouvoir accéder à une reproduction de cette inscription qui nous permettrait de prendre en compte les parties plus où moins déchiffrables dans son interprétation.
Réponse du Guichet
Le 14/03/2012 à 15h47
Notre réponse a suscité de la part de l'auteur de la question quelques précisions :
Je dirige actuellement mes recherches vers la vogue de chava et une fête locale de Saint-Jacques. Je connais la vogue de Bans au cours de laquelle les enfants jouaient avec des petits sifflets de terre cuite qui imitent le chant du rossignol et qui étaient fabriqués par les potiers locaux. Chava pourrait être une contraction populaire du toponyme d'un lieu-dit : Chava... Il existait un hameau avec église à proximité de Givors, qui porte un nom
proche : Chavany ou quelque chose de proche...
Ma cruche avec inscription a été fabriquée à Givors.
Il existe en effet au sud de Givors, un village portant le nom de Chavanay. Comme de nombreux villages de la région, une vogue y était organisée tous les étés. Nous sommes parvenus à dater celle de Chavanay dans les années 1860. Dans l’ouvrage Chavanay : une tranche d'histoire chavanaise qui regroupe les registres des comptes-rendus municipaux de l'année 1789 à 1890, l’auteur rapporte en date du 5 août 1866, à propos du projet visant à décaler la foire de chavanay du 10 août au lundi qui suit le troisième dimanche d’août :
(…)Attendu que le changement demandé porterait cette foire au lendemain de la vogue de Chavanayqui a lieu le troisième dimanche d’août . (…)
Pas d’autre mention dans l’ouvrage de cette vogue de Chavanay.
Nous n’avons pas trouvé au cours de nos recherches d’autres villages à proximité de Givors dont le nom pourrait s’apparenter à « chava ».
D’autre part, pour vous faire une idée de l’impact de ces fameuses vogues dans la région au XIXème siècle, vous pouvez vous référer à l’ouvrage Fêtes et loisirs en région stéphanoise de 1850 à 1939 de Roland Boudarel qui consacre quelques paragraphes à cette tradition très représentée dans de nombreux villages de la région.
Bien évidemment, les villes et villages environnants Saint-Etienne avaient leurs propres vogues. « La vogue villageoise était vraiment, dans la généralité des cas, la fête du pays, la fête à laquelle on songeait et l’on se préparait longtemps à l’avance. La fête qui était l’occasion de convier les proches et les amis à la table familiale. » La vogue était en fait pour tous les villageois le jour exceptionnel de l’année. était un jour de grande liesse populaire. Même si les Stéphanois affectionnaient particulièrement la grande « vogue des noix » de Firminy, ils n’hésitaient pas non plus à participer à ces fêtes de campagne. Ainsi, dans les petites localités de la région stéphanoise, il n’était pas rare de voir s’agglutiner autour des attractions, des milliers de curieux. Les vogues villageoises étaient toutefois différentes des fêtes foraines stéphanoises.
Ces fêtes patronales étaient en fait constituées par un ensemble de stands organisant des jeux populaires anciens. En exemple, le programme de la fête patronale d’Andrézieux qui eut lieu le dimanche 3 juillet et le lundi 4 juillet 1910:
Dimanche 3 juillet.
6 heures : distribution de gâteaux.
14h30 : mât de cocagne, quartier de la Loire.
16 heures : ouverture du bal public.
21 heures : bal de nuit; grande illumination.
Lundi 4 juillet
9 heures : course aux grenouilles, café Lafond.
10 heures : tir à l’anguille. .
14 heures : course en sac, quartier de la gare.
15 h 30 : course aux chevaux.
16 heures : jeu des œufs cassés, café Boudin. Jeu de biches, au boulevard.
16h30 : bal public.
21 heures : illumination et reprise du bal.
La semaine suivante avait lieu le retour de la vogue. A cette occasion, de nouvelles fêtes étaient organisées dans la localité. (…)
Bien que toutes ces fêtes traditionnelles aient peu de liens entre elles, elles ont toutefois certains points communs. Toutes permettent l’éclosion d’une grande liesse populaire. Le peuple stéphanois comprend qu’il faut profiter pleinement de ces moments de bonheur inhabituels qui lui permettent, durant quelques heures, durant quelques heures, d’oublier les difficultés de la vie quotidienne. De plus, elles ont pratiquement toutes lieu dans le même cadre - celui du quartier. Cela ne contribue qu’a renforcer les liens amicaux unissant déjà les habitants.
Autre piste possible : D’après Les noms de famille de la Loire, Chovet est un nom dont l’un des principaux lieux d’implantation se trouve être le département de la Loire.
Je dirige actuellement mes recherches vers la vogue de chava et une fête locale de Saint-Jacques. Je connais la vogue de Bans au cours de laquelle les enfants jouaient avec des petits sifflets de terre cuite qui imitent le chant du rossignol et qui étaient fabriqués par les potiers locaux. Chava pourrait être une contraction populaire du toponyme d'un lieu-dit : Chava... Il existait un hameau avec église à proximité de Givors, qui porte un nom
proche : Chavany ou quelque chose de proche...
Ma cruche avec inscription a été fabriquée à Givors.
Il existe en effet au sud de Givors, un village portant le nom de Chavanay. Comme de nombreux villages de la région, une vogue y était organisée tous les étés. Nous sommes parvenus à dater celle de Chavanay dans les années 1860. Dans l’ouvrage Chavanay : une tranche d'histoire chavanaise qui regroupe les registres des comptes-rendus municipaux de l'année 1789 à 1890, l’auteur rapporte en date du 5 août 1866, à propos du projet visant à décaler la foire de chavanay du 10 août au lundi qui suit le troisième dimanche d’août :
(…)Attendu que le changement demandé porterait cette foire au lendemain de la vogue de Chavanay
Pas d’autre mention dans l’ouvrage de cette vogue de Chavanay.
Nous n’avons pas trouvé au cours de nos recherches d’autres villages à proximité de Givors dont le nom pourrait s’apparenter à « chava ».
D’autre part, pour vous faire une idée de l’impact de ces fameuses vogues dans la région au XIXème siècle, vous pouvez vous référer à l’ouvrage Fêtes et loisirs en région stéphanoise de 1850 à 1939 de Roland Boudarel qui consacre quelques paragraphes à cette tradition très représentée dans de nombreux villages de la région.
Bien évidemment, les villes et villages environnants Saint-Etienne avaient leurs propres vogues. « La vogue villageoise était vraiment, dans la généralité des cas, la fête du pays, la fête à laquelle on songeait et l’on se préparait longtemps à l’avance. La fête qui était l’occasion de convier les proches et les amis à la table familiale. » La vogue était en fait pour tous les villageois le jour exceptionnel de l’année. était un jour de grande liesse populaire. Même si les Stéphanois affectionnaient particulièrement la grande « vogue des noix » de Firminy, ils n’hésitaient pas non plus à participer à ces fêtes de campagne. Ainsi, dans les petites localités de la région stéphanoise, il n’était pas rare de voir s’agglutiner autour des attractions, des milliers de curieux. Les vogues villageoises étaient toutefois différentes des fêtes foraines stéphanoises.
Ces fêtes patronales étaient en fait constituées par un ensemble de stands organisant des jeux populaires anciens. En exemple, le programme de la fête patronale d’Andrézieux qui eut lieu le dimanche 3 juillet et le lundi 4 juillet 1910:
Dimanche 3 juillet.
6 heures : distribution de gâteaux.
14h30 : mât de cocagne, quartier de la Loire.
16 heures : ouverture du bal public.
21 heures : bal de nuit; grande illumination.
Lundi 4 juillet
9 heures : course aux grenouilles, café Lafond.
10 heures : tir à l’anguille. .
14 heures : course en sac, quartier de la gare.
15 h 30 : course aux chevaux.
16 heures : jeu des œufs cassés, café Boudin. Jeu de biches, au boulevard.
16h30 : bal public.
21 heures : illumination et reprise du bal.
La semaine suivante avait lieu le retour de la vogue. A cette occasion, de nouvelles fêtes étaient organisées dans la localité. (…)
Bien que toutes ces fêtes traditionnelles aient peu de liens entre elles, elles ont toutefois certains points communs. Toutes permettent l’éclosion d’une grande liesse populaire. Le peuple stéphanois comprend qu’il faut profiter pleinement de ces moments de bonheur inhabituels qui lui permettent, durant quelques heures, durant quelques heures, d’oublier les difficultés de la vie quotidienne. De plus, elles ont pratiquement toutes lieu dans le même cadre - celui du quartier. Cela ne contribue qu’a renforcer les liens amicaux unissant déjà les habitants.
Autre piste possible : D’après Les noms de famille de la Loire, Chovet est un nom dont l’un des principaux lieux d’implantation se trouve être le département de la Loire.
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