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Peau d'orange

par Ours Brun, le 13/08/2006 à 11:18 - 3859 visites

Bonjour

J'ai entendu ce matin, par un jardinier compétent (Alain Baraton sur France Inter) qu'il ne fallait pas mettre au compost les peaux d'oranges car elles subissaient un traitement qu'on avait peine à imaginer. Cela m'amène à deux questions : quel est ce traitement tellement toxique qu'il risque de se retrouver dans mon compost et donc dans mon sol, et deuxiemement quel risque encours-je (!!) à utiliser ces peaux d'oranges dans des préparations culinaires : confiture d'orange, orangettes au chocolat, ...

Merci à tous de vos réponses qui m'étonneront toujours par leurs précisions : vous etes vraiment une équipe formidable.

Ours Brun

Réponse de

par gds_bp, le 17/08/2006 à 16:03

Réponse du service Guichet du Savoir

Voici, un extrait du Mémento de l'agronome :

Traitements des oranges avant récolte

[i]La protection des cultures
Le contrôle des maladies et ravageurs est (...) complexe lorsque les arbres portent des fruits. La législation en matière de résidus de pesticides impose de respecter les recommandations et de se placer dans le cadre d'une démarche raisonnée.
- Les ravageurs
Les cochenilles sont contrôlées par des applications d'huiles blanches à 1,5 % (fort mouillage, 5 à 10l /arbre) après la taille pour asphyxier adultes et larves. Un insecticide y est éventuellement associé (méthidathion, chlorpyrifos-éthyl). Les cochenilles à carapace cireuse sont très difficiles à éliminer et il faut maintenir un niveau de parasitoïdes suffisant pour contrôler naturellement les populations.
Les aleurodes sont facilement contrôlés au stade larvaire par des pulvérisations d'huiles blanches. L'aleurode floconneux constitue un cas spécifique : ses larves à carapace cireuse résistent aux traitements insecticides. Le contrôle biologique de ce ravageur est possible grâce à l'introduction de son parasitoïde spécifique : Cales moacki Howard.
Les pucerons sont contrôlés chimiquement pour éviter les pullulations sur les nouvelles pousses végétatives (phosalone, pyrimicarbe, endosulfan). Les coccinelles contrôlent naturellement les populations faibles.
La mineuse des agrumes doit être contrôlée sur les arbres de moins de sept ans. Les insecticides sont utilisés sur jeunes feuilles à l'apparition des nouvelles pousses et avant l'apparition des symptômes : imidaclopride, diflubenzuron, malathion, associés éventuellement à 0,5 d'huile blanche.
Les thrips provoquent la déformation des feuilles et altèrent l'épidémie des jeunes fruits.
Un comptage régulier du nombre de thrips présents sur les jeunes fruits sert au déclenchement du traitement si 4% des fruits sont occupés.
Les mouches des fruits s'attaquent aux fruits quand ceux-ci commencent à se colorer. L'utilisation d'un système de pièges permet de suivre l'évolution de la population de mouches dans le verger. Pour une infestation moyenne (vingt cinq mouches par piège par semaine), le traitement par tache avec un attractif (hydrolisat de protéines) et un insecticide permet de ne traiter que des secteurs sans fruit. Pour une infestation massive (plus de cent vingt mouches par piège par semaine), la totalité de la frondaison est traitée (fenthion, malathion, trichlorfon).
Les acariens (tétranyques sur feuilles, phytoptes et tarsonèmes sur fruits) nécessitent une réaction très rapide en raison de la rapidité de la pullulation : amitraze, cyhexatin...

- Les maladies
Le phytophtora sur tronc (écoulement de gomme), charpentières et racines, détecté à temps, se traite avec un fongicide systémique (phoséthyl d'aluminium) en pulvérisation foliaire pendant la période de croissance active. Le traitement bloque l'évolution de l'attaque. Le respect des recommandations (plantation sur butte, plant greffé à 30cm, collet protégé de l'eau, insertion des branches à différents niveaux) permet fréquemment d'éviter les infestations.
Les champignons sur fruits (penicillium, phytophtora...) se développent sur fruits matures, au champ, dans les situations chaudes et humides. Uniquement dans ces cas, des traitements préventifs (benomyl, cuivre + manèbe + zinèbe...) peuvent en limiter l'apparition avant récolte et le développement après récolte.
Le chancre citrique (xanthomonas anoxopodis pv citri) est freiné dans son expression par les pulvérisations cupriques. Son élimination par destruction des foyers est pratiquement impossible dès que la contamination a atteint un certain seuil.
Le scab (Elsinoe fawcetti), en conditions très humides, développe des pustules sur rameaux et feuilles et des verrues liégeuses sur fruits. Les applications préventives de fongicides cupriques, de methyl thiophanate ou de benomyl permettent un bon contrôle du champignon.[/i]


et, en plus condensé :
Traitement des oranges après récolte

- [i]Les agrumes cultivés à l'échelle commerciale pour l'exportation sont normalement lavés, traités aux antifongiques et munis d'un revêtement de cire sur des chaînes hautement automatisées. [/i]
fao.org
- [i]La paraffine, les cires synthétiques ou végétales sont employés pour améliorer la présentation et la conservation[/i].
Mémento fruits & légumes


Au regard de ces divers traitements, peut-on composter les écorces ?

Deux avis... :
- Compost et paillage au jardin :
[i]les peaux d'orange, de pamplemousse, de citron... se décomposent vite si elles sont coupées en quartiers et bien mélangées au compost. Humides, elles sont vite attaquées par les micro-organismes, en particulier les moisissures. Ne les laissez surtout pas sécher. Les traitements des fruits après récolte peuvent tout au plus retarder leur décomposition. Enlevez les étiquettes collées sur la peau (même chose pour les autres fruits). Les citrons sont très acides, mais ne posent pas de problème en petite quantité.[/i]
- La pratique du compost et des toilettes sèches :
[i]Plantes traitées : si vous avez eu recours à des traitements chimiques, évitez de composter les cultures concernées, surtout si l'application est récente.
Les insecticides naturels ont l'avantage d'être biodégradables.[/i]

L'article de l'Union fédérale des consommateurs / Que choisir ? : Des pesticides dans nos assiettes : est-ce acceptable?
Sommaire
1 Aperçus de la réglementation
2 Présence de résidus
3. Effets sur la santé
4. Conclusion
5. Conseils aux consommateurs

... préconise, entre autres, d'[i]éviter tous les produits ayant subi un traitement "après récolte"[/i].

Le Ministère de l’Économie, des finances et de l’industrie (minefi.gouv.fr), quant à lui, informe que :
[i]L'utilisation des produits phytosanitaires est assortie de la définition de limites maximales de résidus (LMR) qui peuvent subsister sur le végétal lors de sa récolte. Ces limites sont établies sur la base de règles de bonnes pratiques agricoles et tiennent compte du régime alimentaire des groupes de population concernés et de la toxicité spécifique de chaque produit de traitement. Elles sont données pour des fruits et légumes ni lavés, ni épluchés. De plus, une marge de sécurité importante est associée à ces valeurs limites. Un dépassement ponctuel de celles-ci ne saurait donc nécessairement présenter un risque pour la santé des consommateurs. Il traduirait en revanche le non respect des bonnes pratiques agricoles.[/i]


En ce qui concerne l'usage des écorces d'orange dans des préparations culinaires, il est préférable, dans la mesure du possible, d'utiliser des oranges sans traitement (au moins après récolte).
Sinon lavez et brossez les oranges sous l'eau chaude puis essuyez-les avant de les cuisiner.
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