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tsiganes sédentaires
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francoise [ 07/10/2004 à 09:38 ]

je recherche un ouvrage ou des documents qui m'éclaire sur le" mythe du voyage" pour les tsiganes sédentaires. Il s'apparenterait au " mythe du retours" des ouvriers immigrés magrehbins. on m'a donné la reférence de sayad, je ne connais pas le titre ni l'auteur. j'effectue cette recherche dans le cadre de mon mémoire. merci aux personnes qui prendront du temps pour me répondre

Réponse attendue le 10/10/2004 - 09:10


bml_soc [ 09/10/2004 à 12:04 ]

Réponse des Départements Société et Civilisation


« Dans la plupart des groupes humains, le nomadisme est un mode de production économique sous-tendu par une organisation sociale particulière qui pousse les gens à se déplacer vers une clientèle n’ayant pas de besoins permanents […] quant à la sédentarisation, quand elle n’est pas le fait du prince , elle est avant tout la conséquence d’une adaptation économique, adaptation aux débouchés, aux marchés locaux, mais aussi, il faut le reconnaître, le résultat d’une inadaptation à un monde qui change »

Ces propos tenus par Alain Reyniers, anthropologue à l'université de Louvain-La-Neuve (Belgique) et Directeur de la revue "Etudes tsiganes" ouvrent le débat sur les raisons du nomadisme et donc du départ de populations vers d’autres lieux. « Le mythe du voyage » serait-il une quête économique ? Sur ce sujet, vous pouvez vous reporter à la troisième partie de l’ouvrage de Franck Michel Voyage au bout de la route, au paragraphe intitulé « La route, le travail et le nomadisme ».

La revue Etudes tsiganes vous permettra d’approfondir la notion de « mythe du voyage » dans cette population. Le n°1 de l’année 1993 est consacré au thème suivant : « Tsiganes d’Europe : circulation et enracinement ».

Vous pouvez consulter aussi la revue Hommes et migrations qui étudie tous les processus, sociaux, économiques, politiques, culturels, anthropologiques ou autres, qui découlent, même indirectement, du phénomène migratoire.

Sans doute le mythe du retour est-il prégnant dans toutes les émigrations, mais il l’a été particulièrement pour l’émigration algérienne, au point d’opérer la prise de conscience du caractère définitif du départ et de la nécessité d’une intégration. C’est ce sujet qu’étudie le sociologue Abdelmalek Sayad, plus particulierement dans son ouvrage La double absence : des illusions de l'émigré aux souffrances de l'immigré :

« La population étrangère est en moyenne plus jeune que la population nationale mais le nombre de personnes âgées immigrées ne cesse d’augmenter, indiquant par là-même la transformation du projet migratoire initial qui programmait dans la trajectoire, au bout de quelques années de travail, le retour au pays d’origine. Ce retour, tel le voyage d’Ulysse, structurait les rapports entre les immigrés, leur société d’origine et leur société d’accueil. Il constituait une sorte de pacte régulateur de la « présence-absence » (A. Sayad) de ces immigrés dans les deux pays. Pacte explicité dans les discours, les comportements et les politiques : investissements dans le pays d’origine par les uns, mise en place d’ « aides au retour » par les autres… Le paradoxe entre une réalité de l’installation (regroupement familial, statut français des jeunes, formes d’intégration à la société d’ici…) et l’idée du retour a perduré quasiment jusqu’au milieu des années 80, contribuant à forger une image passagère de cette présence voire une non légitimité à faire partie du paysage de la société d’accueil et donc à vieillir dans cette société. Devenu mythe –avec une fonction psychologique forte : réguler la dette contractée par le départ- le retour a été remplacé dans la réalité par d’autres pratiques de régulation : le va-et-vient régulier entre les deux pays, la réception des membres de la famille, l’aide au développement de son village,… Autrement dit par la perspective de vieillir voire de mourir ici sans pour autant rompre les liens forts avec le pays d’origine
(extrait de "Le vieillissement des immigrés en France : Enjeu de représentations dans le travail social", communication présentée à la conférence de L'Association Internationale des Ecoles de Travail Social).
Vous trouverez tous les livres de cet auteur à la Bibliothèque municipale de Lyon.

Réponse attendue le 13/10/2004 - 12:10