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part-dieu

par ulyssia, le 08/02/2009 à 17:20 - 10937 visites

je souhaite connaître l'origine du nom part-dieu et l'histoire de ce quartier merci

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 11/02/2009 à 09:25

Réponse de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes

Les archives de l’Hôtel-Dieu possèdent un acte de cession de 1203 évoquant un domaine situé au-delà du Rhône et appelé « la Pardeu », orthographe ancienne pour l’actuelle « Part-Dieu », que l’on peut comprendre comme la « propriété de Dieu » ou le « don de Dieu ». L’hypothèse la plus probable semble renvoyer à la nature marécageuse de la zone qui s’étend du quartier des Brotteaux (le « brotiau » est une terre basse et inondable) à l’axe actuel du cours Lafayette : un homme pieux du XIIème siècle aurait vu, dans la partie sud épargnée par les eaux et rendue fertile, un don du ciel.

Ce n’est qu’au XVème siècle que cet ensemble de prairies, de marécages et de terres cultivées formera un tout, déclaré et reconnu comme fief, dont un riche marchand se déclare le seigneur. Le domaine de la Part-Dieu ne jouera pas de rôle marquant dans l’histoire et passera de main en main devenant tour à tour le jardin de quelques bourgeois et la propriété de divers ordres religieux de Lyon. Au XVIIIème siècle, le domaine est une ferme prospère : il est constitué de 140 hectares (dont 90 ha de « broteaux ») consacrés aux cultures et à l’élevage. La récolte de blé est supérieure à la moyenne du royaume et les volailles sont appréciées des gourmets lyonnais. C’est également un lieu de villégiature agréable traversé par une petite rivière, la Rize. 1725 est une année importante : la propriétaire, Madame de Servient, fait don de son domaine à l’Aumônerie générale de Lyon, pour racheter, dit-on, la catastrophe qu’elle causa quelques années plus tôt sur le Pont de la Guillotière et qui fit selon certaines sources 200 morts. Dès lors, le lait, la viande et les fruits de la ferme sont destinés aux malades de l’Hôtel-Dieu.
A la fin du XVIIIème siècle, la construction par l’architecte Morand d’un deuxième pont sur le Rhône permet une ouverture plus large de Lyon vers la rive gauche d’autant que la ville, réduite à la presqu’île et à la rive droite de la Saône, a besoin d’une extension. Au XIXème siècle, l’urbanisation gagne du terrain et la commune de la Guillotière est rattachée à Lyon (1852). Cependant, la cité ne dispose encore d’aucune place forte d’envergure : la plupart des terrains incultes (environ 28 ha) seront vendus par les Hospices civils à l’administration militaire en 1844. L’emplacement de la nouvelle caserne semble bien choisi : on soupçonne ce nouveau quartier d’abriter des réunions clandestines de socialistes et d’anarchistes. Il s’agit de prévenir les révoltes et les nouveaux bâtiments constituent par ailleurs la pièce maîtresse du système défensif de Lyon. Un imposant quartier militaire est édifié entre 1851 et 1863 : les défilés de dragons, lanciers et cuirassiers feront vibrer le sol du cours Lafayette. Les inondations de 1856 auront pour conséquence un assainissement du quartier et l’implantation d’une nouvelle population composée de commerçants, d’employés et de fonctionnaires.

Ce n’est qu’en 1960 que la « caserne de la Part-Dieu » sera cédée à la ville de Lyon, à l’issue d’une négociation menée par le maire, Louis Pradel, qui entend créer un quartier de services comprenant un centre commercial. L’évacuation par l’armée traîne en longueur et les travaux de démolition ne commenceront qu’en 1968. Dès lors, plusieurs projets d’aménagement du site se succèdent, dont un envisage de créer un centre décisionnel en Rhône-Alpes susceptible de contrebalancer la centralisation parisienne. Un pôle culturel est même prévu par l’architecte Charles Delfante, mais seuls l’auditorium et la bibliothèque seront réalisés. La SNCF refuse tout d’abord de créer une nouvelle gare : ce sera chose faite en 1983, deux ans après l’ouverture de la ligne à grande vitesse Paris-Lyon. Le quartier de la Part-Dieu accumule alors les superlatifs : deuxième centre d’affaires de France, premier centre commercial d’Europe… Dans ce quartier presque entièrement dévolu au tertiaire s’élève le premier gratte-ciel de Lyon, la « tour Part-Dieu », plus familière des lyonnais sous le nom de « crayon » (1972-1977) et il suffit de le traverser pour voir de nouvelles constructions s’élever de terre : la tour Oxygène, la tour Incity,… Actuellement, la municipalité entreprend des travaux de restructuration du quartier qui portent en priorité sur l’habitat, les espaces publics et l’accessibilité.

Sources utilisées, que vous pourrez consulter à la Documentation Lyon et Rhône-Alpes :

- Les lieux disparus de Lyon de Daniel BIDEAU,. Editions de la Manufacture, collection « Archives du lyonnais ».

- Lyon : connaître son arrondissement. Le 3ème de Jean PELLETIER,. Ed. Lyonnaises d’art et d’histoire.

- Historique de la Part-Dieu. Extraits d’articles de la revue « Rive gauche » réunis par la BML.

- Les années Part-Dieu.

Vous pouvez aussi consulter :

- l’article de Wikipedia
- le site de la Ville de Lyon

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