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Arobace ou arobase

par papyk, le 27/12/2004 à 11:51 - 4272 visites

Que signifie le @ dans une adresse E-Mail ?
Comment s'écrit ce terme en toutes lettres; tous les dictionnaires ne sont pas unanimes à la même orthographe.

Réponse de

par Invité, le 27/12/2004 à 14:10

Réponse du service Guichet du Savoir

Voici un extrait de l'article (très documenté) que fournit le site ICVLE (Communication and life in vitual environments) et qui a été tiré des travaux de Jacques André, directeur de recherche à l'INRIA-Rennes :

Pour le français, si presque tout gravite autour de la racine « aroba », il y a flottement dans les dictionnaires. On trouve arrobe, arobase, arobas. On cite parfois arobasque, on confond aussi avec arrobas, l’unité de mesure. Quand à l’étymologie, il y en a deux en concurrence : « a-rond-bas de casse » pour une origine typographique, et la traduction de l’unité espagnole, elle-même d’origine arabe.
Mais ce flottement est international : les Américains disent « at » ou « commercial a ». Les Allemands peuvent dire « Klammeraffe » (singe araignée), les Finlandais « miau » (queue de chat), les Hollandais « apestaart » (queue de singe), les Israéliens « strudel » et les Tchèques "rollmops". Le nombre et la variété des appellations qui procèdent d’une analogie graphique montrent bien qu’on ignore un peu partout l’origine et le sens de ce caractère
.
(mais il semble maintenant y avoir un consensus autour de l'orthographe "arobase")
...

L'usage de cette abréviation pour dire "at" en anglais dans une liste de prix est répandue en Amérique, à la fin du 19° siècle, quand on invente la machine à écrire. Mais on peut douter que l'usage de ce signe dans l'écriture manuscrite provienne d'une volonté d'aller vite. @ n'est pas pratique : son tracé implique que la main revienne en arrière après avoir posé un premier "a", or ce retour en arrière est toujours une perte de temps. Il suffit d'essayer d'écrire ce signe sur un papier pour s'en rendre compte. Outre le ralentissement de l'écriture, par rapport à un simple "ad" ou "at" bâclé, @ implique de bien placer le a central pour que son entourage n'aille pas mordre sur la lettre précédente. Au lieu de venir d'une volonté de condenser l'écriture, il semble plus probable qu'il s'agisse d'une marque de distinction, une volonté de faire "lettré" ou "officiel".

Il est peu probable que ce signe ait un rapport direct avec le latin. On peut imaginer qu'il ait été inventé pour remplacer "ad" dans des documents sans valeur littéraire, au contraire de ceux qui ont été imprimés en priorité lors de l'invention de l'imprimerie au 15° siècle. Mais on ne trouve pas de trace de ce signe avant le 12° siècle. Or, dans les principaux pays occidentaux, le latin est progressivement remplacé comme langage courant, même à l'écrit, dans les cinq premiers siècles du second millénaire. Il pourrait s'agir d'un signe utilisé par des scripteurs intermédiaires, ni des gens qui écrivent tous les jours (de toute façon, à l'époque, presque personne ne sait lire), car ils auraient alors écrit en langue locale (français, anglais, castillan, etc..), ni d'authentiques lettrés, car dans ce cas ils n'auraient peut-être pas abrégé "ad" ou alors cela aurait été repris par les imprimeurs. On peut imaginer de la "littérature grise", des documents comptables ou juridiques, comme les polyptiques carolingiens. Mais on ne voit pas bien l'intérêt d'abréger ad ainsi.

Au 16° siècle, caractérisé par l'essor des colonies, notamment espagnoles, le signe pourrait avoir eu un second sens, celui d'abréger l'arroba, unité de mesure ibérique. Une piste, citée par Jacques André, serait celle d'un fabricant d'amphores qui aurait siglé ses productions avec un a enroulé. On aurait là le chaînon manquant entre la graphie du signe et son nom en Espagne, France et Portugal. Mais cette confusion n'aurait pas gagné le reste de l'Europe, qui en serait resté à un signe graphique, sans nom, sinon une description (escargot, queue de singe, etc..). En français, l'explication de l'origine du mot par "a-rond-bas de casse" ne serait qu'une plaisante reconstitution a posteriori.

L'hypothèse la plus probable est celle d'un euphémisme. Soit l'usage diplomatique pour indiquer dans quelle ville était en poste le diplomate qui écrivait, on retrouverait ici l'ancêtre de l'adresse e-mail : Comte de Macheprot @ Constantinople. Soit une enluminure graphique destinée à enrober la brutalité d'un prix. Cette volonté d'enjoliver expliquerait la reprise du caractère dans la deuxième génération de machines à écrire, au début du 20° siècle en Amérique. En théorie, taper un seul signe au lieu de deux (@ au lieu de at) c'est aller plus vite. Mais comme le @ n'a jamais été accessible que par la pression simultanée de deux touches, ce qui ralentit plus la frappe qu'un second caractère, on ne peut pas non plus justifier son usage par la recherche de la productivité.
...

L’e-mail est « inventé » en 1972 par Ray Tomlinson, un ingénieur de BBN, la firme qui servait de support à la première version d’Internet. Dans des interviews, il explique que pour séparer le nom du destinataire de celui de la machine qui hébergeait son courrier il avait d’abord cherché sur son clavier un caractère qui ne saurait se retrouver dans un nom propre. Plusieurs possibilités s’offraient à lui, mais il choisit @ parce que cela se lirait « at », c’est-à-dire « chez ou à » : smith@bbn signifiait Smith chez BBN. Ce jour-là le vieux caractère retrouva son sens latin de ad, et commença sa plus grande carrière. Le mélodrame se terminait en apothéose.
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