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Jean Auroux

par nico.rocher, le 30/06/2011 à 17:42 - 4107 visites

Bonjour,

merci pour vos précédentes réponses à mes questions.

je suis à la recherche d'informations sur Jean Auroux (ancien ministre et maire de Roanne) : origines, parcours, actions-bilan à la tête de Roanne, lois Auroux...

En vous remerciant d'avance

Bien cordialement

Nicolas ROCHER

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 01/07/2011 à 14:59

Réponse de la Documentation Lyon et Rhône-Alpes

Bonjour,

Nous n’avons pas trouvé d’ouvrage sur Jean Auroux ou ses mandats politiques à Roanne, hormis les livres dont il est lui-même l’auteur, qui peuvent éventuellement vous intéresser dans le cadre de votre recherche :
L’ouvrage Cent ans de socialisme dans la Loire / Parti socialiste, fédération de la Loire ne consacre à l’ancien parlementaire que quelques lignes rappelant l’essentiel de ses mandats :
QUOTE
Parlementaires socialistes de la Loire :
Jean Auroux 1978-1981 puis 1986-1993
Liste départementale puis 5e circonscription de l’arrondissement de Roanne
Ministre du travail puis des transports de 1981 à 1986


Pour en apprendre plus sur le maire de Roanne et son action politique, on se référera aux interviews qu’il a pu donner dans la presse ; [i]Le Progrès[/i], notamment, publie le lundi 24 mars 2008 dans son édition de la Loire :
QUOTE

Jean Auroux tourne la page
Le dernier mandat de conseiller municipal de Jean Auroux vient de s'achever, symbolisant la fin de carrière politique d'un homme qui a marqué le Roannais et au-delà, avec les lois qui portent son nom. Rencontre
« J'ai pensé à vous pour rentrer dans le gouvernement »
>> Depuis combien de temps êtes vous engagé politiquement ?
J'ai fait de la politique par conviction. Pas par ambition. J'ai commencé par adhérer au Cérés (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste) de Chevènement en 1970 environ. C'était l'aile gauche du PS auquel j'ai adhéré ensuite en 1972 au congrès d'Épinay. Quatre ans plus tard, le secrétaire de la section locale, M. Barjon, m'a demandé si je voulais me présenter à l'élection du canton de Roanne Sud. À l'époque, il n'y avait pas grand monde pour être candidat. Et à la surprise générale, j'ai été élu en 1976 au deuxième tour face à Alain Terrenoire, qui était le député de la cinquième circonscription. Et l'année suivante, j'ai été désigné candidat aux municipales de Roanne contre Paul Pillet, le maire sortant qui venait de faire trois mandats, et j'ai été élu.
>> À quand remontait la présence d'un maire socialiste à Roanne ?
Après la libération, il y avait eu Auguste Dourdein [1944-52] et Jacques Gougenot [1952-59]. Suite à mon élection, quand je suis arrivé dans le bureau du maire, la secrétaire de M. Pillet, Mme Déroche, était en larmes. Moi, je lui ai dit que je voulais bien la garder. Je lui demandai seulement la loyauté. Et elle est finalement restée ma secrétaire jusqu'à sa retraite.
>> Puis, il y a eu l'élection législative
On m'a demandé d'être candidat face au député sortant Alain Terrenoire et en 1978, j'ai été élu.
>> Et arrive 1981
Pendant la campagne électorale pour les présidentielles, Mitterand m'avait demandé d'être dans son équipe présidentielle. Pour ce qui me concerne, je m'occupais pendant sa campagne de la partie logement. Je préparais ses réponses. Et on a fini par gagner ! J'étais très heureux le 10 mai. En dix ans, j'étais passé de l'adhésion au PS à la victoire de la gauche qui était restée 23 ans dans l'opposition.
>> Et quand avez vous appris que vous rentriez au gouvernement ?
J'étais parti dans la semaine qui suit le 10 mai avec une délégation, voir la ville jumelle de Guadalajara en Espagne quand j'ai reçu un coup de téléphone du secrétaire général de l'Élysée, Bérégovoy. Il m'a dit que le président m'invitait à prendre le café le jour de sa prise de fonction et il a ajouté : « Je crois qu'il ne te proposera pas que le café ». Le jour en question, il faisait beau et Mitterand me demande au bout d'un moment de venir. On se perd dans l'Élysée. Et il finit par me dire : « J'ai pensé à vous pour rentrer dans le gouvernement ». Je pensais à un poste de secrétaire d'État au logement. Et il me propose finalement le ministère du travail. J'ai eu un moment de recul. Je lui ai dit que je n'étais pas juriste de formation. Mais il m'a répondu qu'il ne voulait pas d'un juriste et a ajouté : « Vous trouverez des gens pour gratter vos lois ». Il m'a tout le temps soutenu.
>> Quelles ont été les premières mesures ?
Il y a eu un premier décret signé avec Jacques Delors pour l'augmentation de 10 % du Smic avec exonération de 50 % de charges sociales. Et puis, Mitterand m'a ensuite demandé un rapport sur les droits des travailleurs au ministère, alors que c'était la plupart du temps confié à un parlementaire. C'est ce rapport que j'ai présenté le 17 septembre. Un jour que je n'oublierai pas parce que c'est également le jour où j'ai enterré ma mère.
>> Ce rapport a débouché sur les lois Auroux
En effet. Ça a commencé en 1982 par des ordonnances sur la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, le passage de 40 à 39 heures travaillées par semaine. Et après, il y a eu une série de lois autour de quatre axes. Le premier était destiné à reconstituer la collectivité de travail, lutter contre l'excès de travail temporaire qu'on a taxé. Le deuxième visait à renforcer les droits individuels des salariés en créant un droit d'expression - l'entreprise ne doit pas être le lieu du bruit des machines et celui du silence des hommes - et un droit disciplinaire, avec mise en place d'un réglement intérieur écrit et validé par l'inspecteur du travail. Le troisième axe visait à renforcer les droits collectifs et notamment syndicaux. On a voté le financement des comités d'entreprise à hauteur de 0,2 % de la masse salariale, créé le droit d'expertise et le droit d'alerte. Et enfin, on a développé les conventions collectives parce qu'on estimait que c'était très difficile de faire une même loi pour la sidérurgie et la bonneterie. Aujourd'hui, je travaille à ce que ça se fasse par branche au niveau européen. Et la dernière loi que j'ai faite au ministère du travail, c'est la création des CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail). Pour la gauche, ça a été quelque chose de fort.
Aujourd'hui, je regrette qu'on grignotte le droit du travail. On déconstruit carrément. L'idée de séparation à l'amiable, je ne sais pas ce que ça veut dire dans le sens où il n'y a pas un rapport d'égal à égal. Avec le profit d'un côté et la précarité de l'autre, le problème de pouvoir d'achat, je ne suis pas optimiste pour l'avenir.
>> En 1983, vous changez de ministère
Mitterand me dit qu'il y a un problème avec le charbonnage et qu'il voulait fermer des mines proprement. Il m'a dit « vous avez fait vos lois, maintenant, faites des travaux pratiques ».
On a restructuré, fait des plans sociaux. Fabius était ministre de l'industrie et moi secrétaire d'État à l'Énergie. Ensuite, après le départ des communistes, Mitterand m'a demandé en 1984 de prendre le ministère des Transports. J'ai alors découvert ce qu'était la guerre économique. Et j'ai ensuite pris également le Logement et l'Équipement au départ de Quilès, et ce jusqu'en 1986. Mon dernier dossier, ça a été le tunnel sous la Manche.
>> Vient ensuite la défaite et la cohabitation
Oui et j'avoue que la guerre entre Chirac et Mitterand n'était pas saine pour la France. C'était ingérable. Et puis, il y a ensuite eu le deuxième mandat de Mitterand qui n'a pas été à la hauteur du premier. On a plutôt expédié les affaires courantes.
>> Cela a débouché sur une vague bleue en 1993 qui vous a emporté puisque Nicolin vous a battu aux législatives
J'avais déjà fait quatre mandats et il y a forcément toujours l'usure du pouvoir. Il y a aussi eu des crises économiques dans le textile et l'armement qu'on n'a pas pu maîtriser. Et puis, quand on est ministre, on ne peut pas être là tous les quarts d'heure.
Il y avait une certaine absence. Et enfin, certains syndicats ne m'ont pas soutenu. J'ai donc perdu mon siège de parlementaire et la présidence du groupe socialiste à l'assemblée que j'occupais depuis 1990.
>> En 1995, vous êtes réélu maire
Oui, on est repassé quand même. Mais en 2001, honnêtement, j'aurais aimé passer la main.
>> Mais vous vous êtes quand même présenté alors qu'Alain Guillemant avait été désigné par le PS
Si les choses se sont passées comme ça, c'est qu'il y a eu des désaccords sur les personnes. Les choses se sont mal passées pour le choix du candidat, peut-être en partie de mon fait. On n'avait pas suffisamment anticipé les choses. Du coup, j'ai perdu de 600 voix. Mais, si la liste de gauche passe aujourd'hui, c'est qu'on n'a pas laissé un si mauvais souvenir que ça. La victoire de Laure Déroche fait plaisir pour le monde du travail. Le mandat de Nicolin aura été un accident et une parenthèse de l'histoire.
>> Sur vos années de maire, quelle est votre plus grande fierté ?
C'est l'enseignement supérieur qu'on a mis en place à Roanne pour des gens qui n'auraient pas pu se payer une formation à Lyon ou Saint-Étienne. La matière première de demain, c'est la matière grise.
>> Aujourd'hui, vous quittez votre dernier mandat de conseiller municipal, vous voilà retraité
Je ne me sens pas retraité. Surtout pas. Vous verriez mon agenda, vous seriez étonné. Je suis souvent invité pour parler des lois Auroux et du monde du travail. Mais pendant 25 ans, j'ai subi cet agenda. Aujourd'hui, c'est moi qui le fais.
( Propos recueillis par Kévin Triet )


Dans la revue [i]Territoire[/i] en décembre 1994, parait [i]Un maire chef d'orchestre : entretien avec Jean Auroux sur l'évolution de l'emploi à Roanne[/i] :
QUOTE

[i]Un maire au centre des grandes restructurations du textile, des reconversions et de l'évolution technologique de ces dernières années... Qui d'autre que Jean Auroux, maire de Roanne, pouvait raconter son rôle de maire, de chef d'orchestre, de chef d'entreprise et de responsable politique ?[/i]
Territoires - La crise affecte les deux principaux secteurs d'activité sur Roanne et touche les grandes unités de production ; comment vivez-vous ces restructurations ?
Jean Auroux - En 1977, au moment où je suis arrivé à la mairie de Roanne, le temps des grandes restructurations était engagé : ARCT (machines tex¬tiles) et Rhône-Poulenc (tissage), deux piliers locaux en termes d'effectifs et d'activités, étaient en pleine déroute économique. Un peu plus tard est venu le problème de l'Arsenal, confronté aux problèmes budgétaires de la Défense et à la fin de la génération des chars AMX construits à Roanne. Nous étions dans une conjonction redoutable de difficultés dues à l'obsolescence à la fois des produits et des structures. J'ai vécu les événements en directout. Le plus dur a été celui des ARCT. Le fait d'être ministre a facilité le clas¬sement de Roanne en pôle de conver¬sion et la création de la Maison de la productique en 1982. Nous avons par ailleurs largement bénéficié du plan textile.
T. - De 1982 à 1990, le solde d'emplois est négatif : — 6330. Mais la vitalité du tissu industriel est forte et une renaissance s'amorce. Les activités touchées par la crise se sont réorganisées, des mutations profondes boulever¬sent les qualifications ouvrières qui entraînent des exigences nouvelles de formation. Roanne reste une place textile importante. De son côté, le secteur de la machine tex¬tile est toujours présent dans la ville, avec la création d'ICBT par un ancien cadre des ARCT. Quel bilan dressez-vous ?
J. A. - ICBT emploie trois cents per¬sonnes au total et réalise un chiffre d'affaires supérieur à celui des ARCT quand il y avait mille personnes. C'est plus que la suite de l'histoire, c'est typique de la nouvelle génération tex¬tile et des nouvelles professions qui y sont associées. La technique de la fausse torsion qui avait fait la réussite des ARCT reste, mais là où on employait des tourneurs, des fraiseurs et des ajusteurs, désormais on a des électro¬niciens, des informaticiens. Ce fut une rupture brutale sur le plan social et culturel. Une partie du personnel qui avait accepté de changer de méthode de travail a été réembauchée. Les plans FNE ont permis d'éviter le drame sur le plan matériel. On a reconstruit des locaux à 200 mètres, parce que le poids de l'histoire était trop grand et les anciens locaux inadaptés. Certains l'ont vécu comme une provocation, demandant pourquoi on n'avait pas pu faire en interne ce qui a été fait en externe.
T. - Par contre, l' industrie de l'armement a failli disparaître... J. A. - La décision de transformer l'Arsenal, entreprise d'Etat qui exportait peu, en entreprise publique, le GIAT, a été difficile... On a lancé le programme Leclerc, plus de quatre cents chars ont été vendus aux Emirats arabes unis, à peu près autant à l'armée française. On a cinq ans de production devant nous. Il y a de l'électronique, de l'informatique, les soudures sont faites sous contrôle de rayons gamma... Donc, c'est là aussi une nouvelle génération technologique.
T. - De son côté, la pépinière d'entreprises a enregistré deux belles réussites.
J. A. - Une entreprise de fabrication de prothèses médicales a été créée par un ancien cadre de l'Arsenal. Au départ, ils étaient une demi-douzaine, et maintenant on compte soixante-dix salariés. Cette entreprise exporte aux Etats- Unis. Et une entreprise de conception de logiciels de simulation mécanique qui vient de passer de quatre à quinze personnes.
T. - Quant au développement de Michelin...
J. A. - Michelin a doublé son usine au cours des dernières années et atteint neuf cents emplois. L'entreprise a installé ses machines les plus performantes pour faire des pneus haut de gamme. C'est assez symbolique de la ville de Roanne : il y a une vitalité à la fois économique, sociale, humaine et culturelle, qui fait que cette région n'a pas baissé les bras et part sur de nouvelles bases. J'ai vécu toutes ces situations-là.
T. - Quelle a été la dynamique insufflée par la création du district ?
J. A. - le slogan fondateur a été "On ne partage pas le passé, on partage l'avenir..." L'outil fonctionne bien, j'en suis le président mais chaque maire a la délégation d'un domaine : économie, environnement, finances, enseignement supérieur, grands équipements. Tout fonctionne dans une parfaite transparence, une parfaite loyauté. Ainsi, comme le POS de Roanne ne prévoit plus de zone industrielle nouvelle, celles-ci sont localisées dans les autres communes qui ont une réserve foncière... et nous partageons la taxe professionnelle. C'est aussi un bon outil pour le dialogue institutionnel avec le département, la région, l'Etat, Bruxelles... et pour la réponse aux industriels qui cherchent une implantation...
T. - Existe-t-il une concertation entre la CCI et le district dans le domaine économique ?
J. A- Nous venons de créer, avec la CCI, une structure de gestion, Roanne Développement, coprésidée par le district et la CCI, pour gérer les dossiers de développement et d'implantation industrielle de façon concertée : une seule adresse, un seul secrétariat. C'est très important ! La bonne entente entre le district et la CCI est un argument positif. Parce qu'il y a un discours patronal très libéral et une réalité pratique très soucieuse d'interventionnisme local... Ces relations entre politiques et consulaires demandent beaucoup de doigté : les réunions ont lieu une fois chez l'un, une fois chez l'autre. On définit les objectifs les plus pertinents dans le contexte actuel et on les met en œuvre.
T. - Quelle politique de formation est menée sur Roanne ?
J. A. - J'ai eu à gérer le passage d'une génération à une autre. Il était indispensable de développer l'enseignement supérieur, général, commercial et, surtout, technique. Roanne est leader, parmi les villes moyennes, d'une nouvelle génération universitaire adaptant ses formations au tissu économique local.
T. - A noter qu'un organisme de formation continue, le CERFOP, structure tripartite patronat-syndi¬cats-ville de Roanne, propose des
formations de tout niveau, de l'alphabétisation au BTS. C'est un véritable outil de formation (deux mille stagiaires, plus de cinquante salariés) flexible, répondant aux demandes.
J. A. - Par exemple, en 1982, il y a eu un accident climatique et des forêts ont été détruites. En trois semaines, nous avons monté un stage pour bûcherons, matériel compris.
T. - Des emplois de proximité à caractère social ont aussi été développés. Par exemple, avec ARCADIA (aide aux personnes âgées), environ deux cent cinquante emplois ont été créés. J. A. - Cette entreprise déjà ancienne, marche bien ; il y en a d'autres comme la Charpente, qui s'occupe, entre autres, d'entretien paysager pour la ville... Il y a des régies de quartier auxquelles l'office HLM, la ville et le district confient des missions : des chantiers-écoles qui préparent à une activité professionnelle ; une association, Cause commune, qui gère les CES pour les collectivités territoriales ; une entreprise, Sésame, de prêts intérimaires ; une autre entreprise d'insertion, Peau de chamois, d'entretien de voitures. La rénovation de la capitainerie du port, en collaboration avec l'AFPA, a concerné quinze personnes en grande difficulté ; c'était expérimental, je ne suis pas sûr que ça va pouvoir continuer, mais il y a quatre ou cinq personnes qui ont retrouvé du travail. Plus original, un programme de réhabilitation d'immeubles HLM, avec l'aide du ministère du Logement ; les travaux ont été réalisés par des artisans avec dix- sept demandeurs d'emploi en difficulté professionnelle dans le secteur du BTP.T. - Mais le maire est aussi chef d'entreprise : la mairie est une grosse PME de sept cent cinquante personnes, les édifices publics ont été rénovés, la ville est bien gérée.
J. A. - La ville a changé de peau dans tous les domaines... Elle a perdu des habitants comme la plupart des villes-centres ; on habite à 10 kilomètres et on est à cinq minutes de son travail. Les impôts locaux n'ont pas augmenté depuis quatre ans ; c'est une ville attractive pour les investisseurs, pas de dettes excessives, donc pas de mauvaises surprises sur le plan fiscal... La ville est citée en modèle par la Cour des comptes et retenue pour expérimenter le système de comptabilité M 14.
T. - L'eau est un héritage géographique et historique, c'est une ressource importante gérée par la municipalité...
J. A. - Nous avons de l'eau publique très bon marché... La bonne gestion municipale et les atouts de l'eau sont des vrais arguments alors que la prime d'aménagement du territoire concerne un bon tiers de la France ! Certains secteurs fondamentaux doivent rester du ressort de la puissance publique pour l'égalité des chances de l'ensemble de nos territoires : un certain nombre de moyens de transport, l'énergie, l'eau. A cet égard, notre système est exemplaire, nous avons protégé les tourbières, système naturel de rétention et de filtrage de l'eau, contre une tentative d'exploitation commerciale ; nous avons deux barrages, le système gravitaire évite le pompage... Notre station d'épuration biologique fonctionne bien depuis dix ans, les boues sont récupérées et mélangées à des déchets organiques pour devenir un compost produit par un industriel local.
C'est une richesse extraordinaire pour les habitants et pour les industries ; je trouve anormal qu'on puisse signer des concessions de trente ans au secteur privé, c'est antidémocratique et antiéconomique.
T. - Abordons le rôle du maire, en tant que responsable politique. Quel nouvel équilibre du partage, de la créativité et de la convivialité ? J. A. - Le partage, celui des revenus, des responsabilités et du temps de travail... La créativité, celle des associations, des gens qui ont envie d'entreprendre. On les aide à démarrer, notre société française n'est pas assez créatrice ; trop de cadres des grandes écoles ne sont pas créateurs mais consommateurs d'emplois. Je crois beaucoup au secteur associatif et, particulièrement, à des associations comme ARCADIA (services aux personnes âgées) qui sont, en fait, des entreprises à but non lucratif qu'il faudrait distinguer des autres associations loi de 1901 par un statut juridique particulier. Ces entreprises participent au développement local au même titre que les entreprises à but lucratif, les services publics d'État ou de collectivité territoriale et les entreprises publiques...
Et la convivialité qui permet les rencontres entre gens différents qui partagent le même goût d'entreprendre... Le goût de la table est bien partagé à Roanne, les bons restaurants sont propices aux affaires !
T. - Mais Roanne demeure une ville industrielle...
J. A. - On a stabilisé ce qui aurait pu être une hémorragie mortelle de l'activité et des hommes et on a réussi maintenant à reconstituer un tissu économique dont les perspectives sont très positives et encourageantes dans un contexte nouveau d'urbanisme, de culture, d'université, de formation professionnelle : le rendement de la taxe professionnelle a augmenté cette année de 13 %, à taux d'imposition identique.... Mais on sait bien qu'il faudra une génération pour dépasser cette période qui aurait pu être irréversible pour Roanne. Est-ce que la croissance sera au rendez-vous ? On est tributaire du contexte général mais je crois qu'on a des atouts ; nos structures économiques, nos pratiques, nos productions sont celles du monde d'aujourd'hui.
"Des synergies ont été développées sur le plan local pour favoriser les créations d'emploi et le développement de la formation".
Je me suis consacré, tout en réalisant des équipements, à la reconstitution du tissu économique parce que j'ai misé sur la vocation industrielle de Roanne, sur les structures productrices de richesses et d'emplois, sur la production plutôt que sur la distribution. Je préfère avoir des diplômes de production, de création, de productique... C'est plus exigeant, c'est plus long, mais plus porteur d'avenir .
(Entretien avec Bernard GOMEL et Françoise RÉRAT)
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