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Le rappel de Joe
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goumao [ 05/02/2005 à 15:54 ]

Sur quel (ou quels) point(s) Jo Kennedy ,ambassadeur des USA à Londres,le père de John,avait-il publiquement approuvé monsieur Hitler? A la suite de quoi il fut rappelé en amérique par son gouvernement .

Réponse attendue le 09/02/2005 - 15:02


bml_civ [ 07/02/2005 à 18:16 ]

Réponse du Département Civilisation

Joseph Kennedy, né aux Etats-Unis en 1898, est un spéculateur et homme d’affaires richissime. Catholique irlandais rejeté par la bonne société dirigeante de Boston, sa grande ambition était de devenir ambassadeur des Etats-Unis en Grande-Bretagne. La vraie mission de la famille était pour lui la conquête du pouvoir politique.
[i] L’ambassade de Londres était sans conteste à l’époque le poste le plus prestigieux de la diplomatie américaine.
Depuis la Création des Etats-Unis, cinq de ses occupants étaient devenus présidents…
De son côté , le président Roosevelt avait besoin d’établir des ponts avec les milieux d’affaires où ses projets sociaux étaient jugés inquiétants »[/i]
source :John Fitgerald Kennedy, enfance et adolescence de Claude Moisy.

Joe Kennedy fit le siège de la Maison Blanche jusqu’à ce que Roosevelt cède.

[i]Il passa des mois à faire pression avec l’aide du fils du président Roosevelt, qui quatre ans plus tôt l’avait accompagné à Londres, où Joe avait signé d’importants contrats…
En décembre 1937, Kennedy fut nommé ambassadeur à Londres où il se rendit plein d’ambitions.
On a plus d’une fois fait le récit de son épopée londonienne : brève lune de miel avec la presse et le grand public britanniques, rapidement suivie d’une impitoyable descente aux enfers : il fut villipendé pour son défaitisme (il était convaincu que l’Angleterre n’avait ni la volonté ni les moyens militaires de vaincre l’Allemagne nazie). Les documents du ministère allemand des Affaires étrangères ,publiés après la guerre, montrent que Kennedy, chercha longtemps à obtenir une entrevue avec Hitler, et ce à la veille du Blitzkrieg nazi, pour parvenir à une meilleure compréhension entre les Etats–Unis et l’Allemagne. Son objectif était de tenir l’Amérique à l’écart d’une guerre dont il était convaincu qu’elle provoquerait l’effondrement du capitalisme. Rien ne montre que Kennedy ait compris, avant la guerre, qu’arrêter Hitler était un impératif moral.[/i]
Source:La face cachée du clan Kennedy de Seymour Hersh

[i]Comme une part encore importante de la population catholique américaine avant l’Holocauste, ils sont tranquillement antisémites de père en fils, comme ils respirent, sans y penser. Ils ont été de génération en génération pétris de ce christianisme simpliste qui voit Jésus comme victime des Juifs. Chez eux comme chez leurs millions de semblables, riches ou pauvres, cela ne se traduit que par des plaisanteries méprisantes à l'encontre des juifs, par des surnoms péjoratifs et par des barrières soigneusement dressées contre l'envahissement de "ces gens-là". Ils n’ont pas conscience de l’absurdité de leur attitude, alors qu’ils doivent eux-mêmes lutter contre le mépris et les discriminations que les élites anglo-protestantes opposent encore aux Américains catholiques venus d’Irlande… Pour régler le problème de l’antisémitisme nazi, Kennedy fait circuler à Londres et à Washington un plan de retrait de tous les juifs d’Allemagne avec leur réinstallation en Afrique et en Amérique Latine.
Roosevelt commence à en avoir assez de cet encombrant ambassadeur. De Londres, il adresse des lettres confidentielles périodiques à une demi douzaine de commentateurs influents pour promouvoir ses thèses isolationnistes et pacifistes. Croyant depuis longtemps que Roosevelt n’oserait jamais passer outre à la tradition en se présentant à un troisième mandat, il s’est pris à rêver de la Maison-Blanche pour lui même… La déclaration de guerre en Europe en septembre 1939 précipite le discrédit de Joseph Kennedy à Londres aussi bien qu’à Washington…Alors que la drôle de guerre se traîne en Europe, l’ambassadeur est rappelé pour trois mois « en consultation » à Washington… Jo Kennedy repart à Londres en février 1940… Il est devenu un ambassadeur dévalué mais Roosevelt préfère le laisser à l’écart de la scène politique nationale et le maintient à Londres… ll doit harceler le département d’état pendant des mois avant d’être autorisé à quitter son poste deux semaines avant les élections présidentielles de novembre 1940. Roosevelt est facilement réélu. L’isolationnisme est définitivement en perte de vitesse… Joseph Kennedy démissionne de son poste d’ambassadeur et annonce qu’il ne se mêlera plus à la vie politique[/i].
source : John F. Kennedy de Claude Moisy

Réponse attendue le 10/02/2005 - 18:02