Poser une question

Des bibliothécaires vous répondent en 72h maximum.

je pose ma question

Chercher une réponse

recherche multi-critères

Comment ça marche

Quelles questions ?
Qui répond ?
Dans quel délai ? tout savoir

Accueil > Vitesse des messages dans l'antiquité

Vitesse des messages dans l'antiquité

par Bernard.a, le 23/10/2011 à 19:21 - 4762 visites

Lors de la visite d'un caravanserail en Turquie, le guide a affirmé que les empereurs romains pouvaient faire porter en 3 jours des messages très urgents de Rome à Alexandrie (Egypte). Les porteurs du message se relayaient en changeant de cheval tous les 40 km.
3 jours me semble bien court. Est-ce exact ?

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 26/10/2011 à 12:04

Réponse du Département Civilisation


L’acheminement des marchandises et courriers dans tout l’empire romain mis en place par l’empereur Auguste est connu sous le nom decursus publicus : «Le service de l’Etat est assuré par des particuliers travaillant sur réquisition ou sous contrat. Les transports terrestres sont l’affaire du cursus publicus : conçu à l’origine comme une poste officielle rapide pour la transmission des ordres et les voyages officiels, le cursus publicus s’est progressivement étoffé, surtout depuis l’apparition de l’annone militaire sous les Sévères. Il comporte un service du personnel (courriers, fonctionnaires, bénéficiaires des permis ou evectiones) et un service des marchandises, le cursus clabudaris. Cela suppose des chevaux, des postillons et convoyeurs, des voirtures et des chariots, des gites d’étapes (mansiones) servant également de magasins, des relais de postes (mutationes). Tout fonctionne par réquisition : l’impôt pourvoit au renouvellement du matériel, à la remonte des animaux, l’entretien des gites et des relais incombe aux municipalités riveraines, donc aux curiales ; le personnel de convoyage est fourni par la réquisition et les corvées (angaries). » in Histoire générale de l’empire romain de Paul Petit.

Le réseau de cette organisation phénoménale nous est connu par la Table de Peutinger, carte du Moyen-Age élaborée à partir d’une carte datant de l’époque romaine. Ce n’est pas à proprement parler une représentation fidèle et à l’échelle des voies de communications romaines, mais plus une figuration des itinéraires avec mention des villes, des relais de postes, des auberges. Une sorte de « Mappy » de l’Antiquité, si vous nous permettez cet anachronisme.

S’appuyant sur cette représentation des routes de l’empire romain, le site Omnes viae (« toutes les routes »… mènent à Rome, c’est bien connu ) permet de calculer les distances séparant deux points du réseau. En entrant les données « Ab : Roma » et « Ad : Alexandria » (attention, il en existe plusieurs) vous obtenez la distance de 2253 milia passuum, c’est-à-dire 2253 fois 1,48 km.

Environ 3334 km à cheval en 3 jours, c'est-à-dire à une moyenne de plus de 46 km/heure, nous paraissent inconcevables. En effet, dans une précédente question : [url=http://www.guichetdusavoir.org/ipb/index.php?showtopic=39004&hl=messages+antiquité]La poste, Distribution à travers les âges [/url], nous avions pu noter qu’ « au XVIIe siècle par exemple : la vitesse d’acheminement des correspondances est fonction du galop du cheval. Mais l’équidé ne peut soutenir cette allure que sur de courtes distances. Aussi la réduction du temps de parcours passait-elle par le relayage. Le courrier de la poste aux lettres laissait au relais une monture fourbue après une course de 12 à 14 km et poursuivait sa route sur un cheval frais jusqu’ ‘au relais suivant, accompagné d’un postillon. La vitesse règlementaire avait été fixée à 8 km/h »

Quelques sources citées dans l’ouvrage Le cheval dans l’Antiquité gréco-romaine pp. 159 et suivantes, mentionnent : « En changeant souvent de cheval, des cavaliers vigoureux ont pu, assez fréquemment, parcourir jusqu’à 60 km dans la journée et 120 kilomètres en chevauchant aussi la nuit, quitte à se contenter d’un très bref sommeil au hasard d’une étape. Les premières postes d’Etat que connut l’Antiquité furent des services à cheval organisés de manière à utiliser au maximum les forces des cavaliers et des montures. (…)
« C’est par une épuisante chevauchée de ce genre que Caton l’Ancien couvrit en cinq jours plus d’un demi-millier de kilomètres. Envoyé à Rome pour y porter la nouvelle de la victoire remportée en Grèce sur Antiochus le Grand, il débarqua à Brindes. « Partant de là , il arriva en une journée à Tarente. Il fut encore quatre jours en route pour arriver, cinq jours après son débarquement, à Rome, où il annonça le premier la victoire ». La première étape - Brindes-Tarente – ne fut que de 60 kilomètres, sans doute parce qu’en ayant débarqué dans la matinée, Caton ne disposa ce jour-là que de l’après-midi. Mais les quatre journées suivantes, il doubla l’étape : entre Tarente et Rome, il y a 480 kilomètres. Il les parcourut donc à une moyenne de 120 kilomètres. Sans même changer de monture, des cavaliers athlétiques chevauchant des bêtes exceptionnelles, ont réussi enfin à couvrir plus de 100 kilomètres en quelques heures. (…) Valère-Maxime rapporte que Tibère « avait une telle affection pour son frère Drusus que, se trouvant à Ticinum (Pavie), et recevant la nouvelle que son frère était en Germanie gravement malade et en danger de mort, il partit tout aussitôt tout alarmé. (…) après avoir passé les Alpes et le Rhin, il put, en un jour et une nuit, et en changeant de chevaux de temps en temps, franchir un espace de deux cents mille pas (295 km)

Certes, dans ces cas, il n’est pas question de changement de monture et de cavalier.

Si l’on se reporte à ce site spécialisé, la vitesse d’un cheval au galop est de 20 à 30 km/heure, l’allure maximum de pointe étant de 55 à 60 km/heure. La capacité du cheval à courir au galop n’est que de 1 heure trente environ, ce qui correspondrait à des étapes de 40 km. Quoi qu’il en soit, il faudrait que les messages ait été transportés au galop maximum et sans temps mort lors du changement de cavalier et de monture pour que les 3334 km de voies romaines séparant Rome d’Alexandrie (Egypte) aient été couverts en 72 heures.

AUCUN ANIMAL N’A ÉTÉ MALTRAITÉ POUR ÉLABORER LA RÉPONSE À CETTE QUESTION !
  • 2 votes

Rester connecté

guichetdusavoir.org sur Twitter

s'abonner aux flux RSS

Les astuces du Guichet du Savoir

Comment trouver des infos sur


un artiste et ses œuvres
des films et des réalisateurs
une pièce de théâtre
des articles de presse
le logement
des livres jeunesse
des revues scientifiques
le droit d'auteur
mentions légales - contact