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Trotskisme

par synesthesixks, le 19/02/2005 à 23:35 - 10730 visites

qu'est ce que le troskisme ? en quoi diffère-t-il du marxisme-léninisme ?

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 22/02/2005 à 15:06

Réponse du Département Civilisation

[i]« Trotsky n’a jamais prétendu définir sa propre conception du monde. Il se considère comme un continuateur du marxisme qu’il a enrichi sur deux points : il a approfondi la théorie de la « révolution permanente » esquissée par Marx en 1848, reprise en 1902 par le social-démocrate allemand Parvus , et plus tard, sur la base de cette conception, réfuté la théorie du « socialisme dans un seul pays » proclamée par Staline ; il a ensuite élaborée une analyse critique de la bureaucratie soviétique et, à partir de 1933, s’est attelé à la création de la IV° internationale. Le caractère international des analyses du trotskysme et internationaliste de ses actions exprime cette filiation.

Il faut donc rappeler les postulats fondamentaux du marxisme en dehors desquels on ne peut apréhender ces analyses. […] pour Marx, l’histoire de toute société est l’histoire de la lutte des classes. Il existe en gros trois classes : le prolétariat ou classe ouvrière qui vend sa force de travail aux capitalistes (ou patrons) qui achètent cette force de travail et l’exploitent pour en extraire la plus-value (différence entre le travail effectué pour produire une marchandise et ce que paye l’employeur) et entre les deux , une masse dite petit bourgeoise ( petits paysans, commerçants, artisans, enseignants, techniciens et autres professions intellectuels).
Le capitalisme a longtemps assuré un développement formidable des forces productives, mais il est miné par une contradiction entre la forme sociale ou collective de la production et l’appropriation privée des moyens de production ( les usines) ; cette contradiction ne peut être résolue que par la suppression de cette dernière et l’instauration de la propriété collective qui doit d’abord prendre la forme d’une propriété d’Etat avant de devenir propriété sociale, c'est-à-dire de tous ; le moteur de cette transformation ne peut être que la classe exploitée engendrée par le capitalisme même, la classe ouvrière. L’appropriation collective des moyens de production permet de planifier l’économie et de la faire échapper aux lois aveugles du marché. Collectivisation et planification sont dons les fondements économiques du socialisme.

Lénine, surtout, et Trotsky, ont ajouté à cette analyse une analyse de l’impérialisme comme stade suprême , c'est-à-dire ultime, du capitalisme, dans lequel les états capitalistes s’affrontent afin de conquérir aux dépens les uns des autres des parts d’un marché mondial devenu trop étroit pour absorber toutes les marchandises produites. Là se trouve l’origine des guerres entre Etats qui sont donc toutes, quel que soit le manteau idéologique dont elles s’affublent, des « guerres impérialistes ». Confronté régulièrement aux crises de surproduction dans un marché devenu trop étroit, le capitalisme les régle en détruisant les excédents de marchandises et de force de travail ; l’économie de l’armement et la guerre sont les formes les plus achevées de ce processus
[]
C’est sur le socle de ces idées , synthétisées en 1916 par Lénine, dans l’impérialisme stade suprème du capitalisme que repose la théorie de la révolution permanente.[/i]
Le trotskysme et les trotskystes » de Jean-Jacques Marie

[i]« A travers ces luttes stratégiques de l’entre-deux-guerres au sein du parti bolchévik comme de l’Internationale communiste (ou III° internationale), se constitue alors le bagage programmatique définissant le trotskysme des origines. Il se résume pour l’essentiel en quatre points :
1-L’opposition entre la théorie de la Révolution permanente et celle du « socialisme dans un seul pays »[…] « Pour les pays à développement bourgeois retardataire, et en particulier pour les pays coloniaux et semi-coloniaux , la théorie de la révolution permanente signifie que la solution véritable et complète de leurs tâches démocratiques et de libération nationale ne peut être que la dictature du prolétariat prenant la tête de la nation opprimée et avant tout de ses masses paysannes[…]La conquête du pouvoir par le prolétariat ne met pas un terme à la révolution , elle ne fait que l’inaugurer . La construction du socialisme n’est concevable que sur la base de la lutte de classe à l’échelle nationale et internationale [..]La révolution socialiste ne peut être achevée dans les limites nationales. Une des causes essentielles de la crise de la société bourgeoise vient de ce que les forces productives qu’elle crée tendent à sortir du cadre national. D’où les guerres impérialistes […]Les différents pays parviendront au socialisme selon des rythmes différents. Dans certaines circonstances des pays arriérés peuvent arriver à la dictature du prolétariat plus rapidement que des pays avancés, mais ils parviendront au socialisme plus tard que ceux-ci. »

Dans son introduction de 1928 aux textes sur la Révolution permanente, Trotsky dénonce l’alliage stalinien entre un « messianisme national » et un « internationalisme bureaucratiquement abstrait ». Il soutient que la révolution socialiste demeure après la prise du pouvoir une lutte intérieure continuelle à travers laquelle la société ne cesse de changer de peau, d’où le choc inévitable entre les différents groupements de cette société en transformation. cette théorie s’inscrit à l’évidence dans un conception non linéaire et non mécanique de l’histoire ou la loi du développement inégal et combiné détermine un champs de possibles entre lesquels l’issue n’est pas jouée d’avance ; Le marxisme écrit Trotsky, part du point de vue de l’économie mondiale conçue non comme une somme de parties nationales mais comme une puissante réalité , créée par la division internationale du travail et par le marché mondial qui domine à notre époque de manière écrasante les marchés nationaux..

2-Sur les revendications transitoires, le front unique et la lutte contre le fascisme[ …]

3- la lutte contre le stalinisme et la bureaucratie […] Dans le cadre de ces contradictions ,Trotsky fut l’un des premiers à percevoir le danger de la bureaucratisation en tant que nouvelle force sociale jouissant des privilèges sociaux liés au monopole du pouvoir politique . S’il fut , à l’époque de la guerre civile et du communisme de guerre , partisan de méthodes autoritaires , comme en témoigne son plus mauvais livre , Terrorisme et communisme, il commença dès 1923 à analyser la bureaucratisation comme un phénomène social, même si le danger prinicpal demeurait encore à ses yeux la « nouvelle bourgeoisie » des koulaks et des parvenus de Nouvelle Politique Economique. […]La contre révolution bureaucratique n’est pas en effet un évènement unique, symétrique à celui d’octobre, mais un processus cumulatif scandé de seuils et de paliers. D’octobre 1917 au Goulag stalinien, il n’y a pas simple continuité mais changement d’échelle dans la répression et dans le poids du phénomène bureaucratique […]L’apport de Trotsky aura été de fournir les éléments d’une compréhension matérialiste de la contre-révolution bureaucratique, où les conditions sociales et historiques priment sur les intrigues de palais et sur la psychologies des acteurs.

4- La question du parti et de l’internationale […][/i]

Les trotskysmes de Daniel Bensaïd

Nous vous conseillons de vous reporter à cet ouvrage pour approfondir ces grands points ;

Enfin, Daniel Bensaid précise:

« Si le trotskisme au singulier renvoie à une origine historique commune, le mot a trop servi pour être utilisé sans un prudent pluriel . A partir du bagage programmatique constitué par Trotsky pendant l’entre deux guerres, les évènements majeurs du siècle ont produit des différenciations telles que ce qui distingue et oppose les différents courants issus du « trotskisme » est souvent aussi ou plus important que ce qui les apparente. […]Il est donc plus conforme à la réalité de parler des trotskysmes au pluriel, plutôt que du troskysme au singulier. D’autant qu’à ces différenciations politiques s’ajoutent les acclimatations culturelles constitutives d’un trotskysme anglo-saxon, d’un trotskysme européen principalement francophone, d’un trotskysme latino_américain ou , encore, d’un trotskysme asiatique (en Chine , au Vietnam, au Japon, au Sri Lanka.) »

Un autre ouvrage peut vous permettre d’approfondir cette question : La pensée politique de Léon Trotsky de Ernest Mandel
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