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Mention "mille" sur page de titre d'un ouvrage

par duplets, le 27/08/2015 à 16:16 - 3057 visites

Bonjour,

J'ai beaucoup de mal à trouver la réponse exacte à la signification de la mention "mille" qui apparaît sur certains ouvrages de la moitié du 20e siècle.

Par exemple, sur la page de titre d'un ouvrage est précisé : "7e édition, 45e mille".
Je crois qu'il s'agit du nombre d'exemplaires déjà édités à la parution de la 7e édition (soit 45 000).

Pouvez-vous m'éclairer ?

Merci

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 28/08/2015 à 15:24

Bonjour,

En effet, cette mention des mille sert à partir du XIXe siècle à mettre en valeur un ouvrage en indiquant sa place dans les tirages effectués. Cet usage ayant donné lieu à de nombreux « mille fictifs », il a fini par se perdre car les libraires et les lecteurs n’y prêtaient plus foi :

Mille
n. m. – Latin mil(l)ia, pluriel de mille, « mille ». Angl. Thousand.
Edition. Imprimerie, composition. Quantité d’un millier (10x100), unite de compte utilisée en particulier pour les exemplaires d’une édition ou d’un triage, pour les feuilles de papier commandées sur fabrication et pour les signes saisis ou traités. Le cinquantième mille a été épuisé en moins d’une semaine. Ce composeur facture tant d’euros le mille de signes en page.
Au XIXe siècle, l’usage s’était introduit de compter une édition par chaque série de mille exemplaires imprimés, et cette pratique s’est prolongée jusqu’au début du XXe. Henri Baillière, dans La Crise du livre (1904), dénonçait l’abus des « mille fictifs » : « Tout le monde sait que l’on fait dix éditions à la fois et que chaque édition se compose de 250 exemplaires ».

Source : Dictionnaire encyclopédique du livre, éditions du Cercle de la Librairie


MILLE
1) La mention “N°eme” Mille” figurant sur un ouvrage indique sa place dans les tirages effectués et ne figure, en principe pas, sur les éditions originales.
Mais ceci n’est que théorique car il existe des « Mille fictifs » tendant à faire croire à un très grand tirage (voire à un retirage nécessité par le succès) qui sont apposées sur des ouvrages lors de leur premier tirage... le lecteur,c’est bien connu, achètera d’autant plus volontiers qu’il croira que l’ouvrage a déjà été vendu à des milliers d’exemplaires...
Il arrive que la mention “de mille” soit effacée par grattage pour faire croire à une plus grande ancienneté de l’édition et des erreurs dans cette mention lors du tirage ont parfois conduit à des procès entre auteurs et éditeurs ...
Sur les éditions actuelles ces mentions ne sont plus portées et les rééditions ne peuvent être identifiées que par la date de leur dépôt légal ou de leur « achevé d’imprimer »

Source : Dictionnaire du livre de Titivillus (blog)


Au dix-septième siècle, certains libraires, pour écouler plus aisément les exemplaires d'ouvrages mal vendus, eurent l'idée d'en changer la feuille de titre, en y ajoutant la formule : " Nouvelle édition. " Tant que ce stratagème fut employé dans une mesure modérée, il échappa au public. Mais depuis une trentaine d'années, la production s'élevant de façon considérable, cette fraude, s'exagérant de plus en plus, est devenue un système absolument nuisible.
Partant de ce principe que les mentions d'édition exerçaient une influence sur l'acheteur, quelques éditeurs imaginèrent de faire des éditions de 500 exemplaires, de 250, et même de moins. Et après que M. Charpentier eut – le premier, je crois – adopté les mentions de mille, on alla jusqu'à annoncer des mille fictifs. Quel en fut le résultat ?
Avec des éditions fictives sur des volumes souvent de peu de valeur, on a fini par lasser le public, qui, maintenant, ne se laisse plus influencer. Les libraires, également trompés, sont devenus, eux aussi, sceptiques el incrédules devant les chiffres annoncés. Et par cet abus, cette idée, excellente en elle-même, qui était de traduire aux yeux des lecteurs le succès d'un livre par le nombre des exemplaires vendus, s'est retournée contre les éditeurs.
Les avantages des éditions vraies, des mille réels, seraient en effet très grands, s'il y était de nouveau ajouté foi. Les volumes de valeur n'y feraient que gagner, car seuls ils pourraient porter la firme d'un succès authentique, et, par contre, les ouvrages médiocres ou mauvais perdraient l'étiquette trompeuse qui, parfois, les fait acheter de préférence aux premiers. Il en serait de même des volumes d'amateurs, et ceux-ci hésiteraient peut-être alors à faire les frais d'un tirage réel de trois ou quatre mille, pour en pouvoir inscrire le chiffre sur leurs couvertures.

Source : Congrès international des éditeurs : Paris, 15-18 juin 1896 : documents, rapports, procès-verbaux, Cercle de la Librairie


Bonne journée.
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