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architecture verte et matériaux durable
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ohilyloueh [ 15/10/2015 à 16:37 ]

bonjour/bonsoir,
je suis actuellement à la recherche de précisions sur l'architecture verte et "renouvelable". En effet je voudrais savoir les conditions qu'un bâtiment doit respecter pour être qualifié de "durable";"renouvelable" ou "vert" et comment ces conditions peuvent être respectés comme par exemple le double vitrage....
Je voudrais aussi connaitre les matériaux utilisés pour ce genre de bâtiment.
Merci d'avance pour votre réponse.

Réponse attendue le 19/10/2015 - 16:10


bml_sci [ 19/10/2015 à 16:11 ]

Bonjour,

Actuellement en plein essor, l’architecture écologique (également appelée éco-responsable, bioclimatique ou durable) se veut une architecture fonctionnelle, confortable, économe en matières premières et en énergie et respectueuse de l'environnement. La conception de cette architecture varie en fonction du relief, du climat, des ressources régionales, du niveau social des citoyens et des choix politiques des pouvoirs publics (État et collectivités).

Une multitude de labels
Plusieurs labels français évaluent la qualité environnementale d’un bâtiment :
Pièce jointe:
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Source : L'éco-conception dans le bâtiment : en 37 fiches-outils par Jean-Luc Menet et Ion Cosmin Gruescu (Dunod, 2014) (fiche n°6 « Réglementation, certifications et labels », p. 61)

Par ailleurs, il existe deux labels indicateurs du niveau de performance énergétique (supérieurs à ceux exigés pour la construction neuve par la RT 2012 :
- le label HPE (haute performance énergétique)
- le label THPE (très haute performance énergétique)
Ces labels incitent les différents acteurs du bâtiment à s’inscrire dans une démarche d’écoconstruction, pour un bâtiment confortable et moins énergivore.

« La Réglementation thermique 2012 (RT 2012 ; arrêté du 26 octobre 20120 relatif aux caractéristiques thermiques et aux exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments) a pour objectif de limiter la consommation d’énergie primaire des bâtiments neufs, tout en suscitant :
- une évolution technologique significative pour toutes les filières du bâti et des équipements ;
- un très bon niveau de qualité énergétique du bâti, indépendamment du choix de système énergétique ;
- un équilibre technique et économique entre les énergies utilisées pour le chauffage et la production d’eau sanitaire (ECS).

Il en résulte deux types d’exigences de performance énergétique du bâtiment :
- Les exigences de résultats répondent aux engagements de réduction de la consommation d’énergie primaire, en particulier via une architecture bioclimatique de l’habitat. La RT 2012 introduit 3 coefficients : Cep (consommation énergétique du bâtiment, Bbio (efficacité énergétique du bâti) et Tic (confort d’été dans les bâtiments non climatisés)
- Les exigences de moyens : le bâtiment doit être raccordé à une source d’énergie renouvelable, respecter des normes d’étanchéité, privilégier un éclairage naturel, etc."

A noter qu’il est possible de faire mieux que la RT 2012 (cas d’une construction neuve, l’idée étant alors de devancer la réglementation) ou légèrement moins bien (cas des bâtiments anciens à rénover). Vous pouvez lire à ce sujet le dossier paru dans le dernier numéro de la revue La Maison écologique (disponible à la bibliothèque municipale de Lyon, voir au catalogue)

D’autres labels existent, comme les labels EffinergieR, parmi lesquels Effigie+ dépasse les objectifs de la RT 2012. Voir sur le site Effinergie

A terme, de plus en plus de bâtiments seront dits à énergie positive. Ces bâtiments seront évalués par le label BEPOS. Vous pouvez lire à ce sujet l'article "Bâtiment à énergie positive" sur Wikipedia.

Il existe également la certification HQE (Haute Qualité Environnementale), qui est non un label mais une démarche qui ouvre droit à certification. Délivrée par l'association HQE, cette certification vise à améliorer la qualité environnementale des bâtiments neufs et existants.

Quels matériaux ?
En ce qui concerne les matériaux écologiques, il convient tout d’abord de bien faire la différence entre les matériaux durables et les matériaux naturels. En effet, un matériau naturel peut être plus ou moins facile à exploiter. Bien que naturel, il peut nécessiter beaucoup d’énergie pour être extrait (forages, transports…). Par ailleurs, un matériau naturel peut être nocif (cas de l’amiante).
Pour être qualifié de durable, un matériau doit avoir un impact limité sur l’environnement tout au long de son cycle de vie. Il doit également être économique, sain (garantir une bonne qualité de l’air intérieur), et évolutif (remplaçable ou amovible).

La filière matériaux de construction "biosourcés"
Identifiée par le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie comme l’une des 18 filières à potentiel économique élevé, notamment en raison de son rôle pour diminuer notre consommation de matières premières d’origine fossile, limiter les émissions de gaz à effet de serre et créer de nouvelles filières économiques. Plus récemment, la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, confirme l’intérêt de l’usage de ces matériaux pour des applications dans le secteur du bâtiment en précisant dans son article 5 que « l’utilisation des matériaux biosourcés concourt significativement au stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles » et qu’ « elle est encouragée par les pouvoirs publics lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments ».
Voir sur le site du ministère, rubrique "Produits de construction"

Issus de la biomasse d’origine végétale ou animale, les matières premières biosourcées sont nombreuses et variées. Elles proviennent des déchets des différentes industries (céréalière, agro-alimentaire, textile, bois...). Voici les principaux matériaux biosourcés qui trouvent aujourd’hui une application dans le bâtiment :
- Paille d’oléagineux
- Chanvre
- Paille de céréales
- Papier recyclé
- Bois
- Lin
- Liège
- Miscanthus
- Coton recyclé
- Laine
- Plumes
- etc.

Ces matières premières entrent dans la composition de matériaux de construction biosourcés pour des produits et des systèmes constructifs comme les isolants, les bétons et mortiers végétaux, la construction paille, les peintures, vernis, pigments et colles, les systèmes « intégrés » préfabriqués, les matériaux composites plastiques, les panneaux de cloisonnement...

Depuis le 19 décembre 2012, l’arrêté relatif au label « bâtiment biosourcé » offre la possibilité aux maîtres d’ouvrage de valoriser leurs constructions neuves qui intègrent des matériaux issus de la biomasse animale ou végétale1 (ex. bois, paille, chanvre, lin, laine de mouton, plume de canard, ouate de cellulose…). Ce label vise essentiellement à promouvoir l’utilisation de ressources renouvelables, à dynamiser le tissu économique local et à favoriser le développement et la structuration d’éco-industries dans les territoires. Il vise aussi à offrir un choix plus large de matériaux et de produits pour les bâtiments biosourcés.
En savoir plus sur le site Centre Développement durable.

Pour en savoir plus :
Guide de l'écoconstruction (site de l'école d'architecture de Grenoble)
Construction et habitat durables. 100 questions pour comprendre et agir(Afnor éditions, 2012)
Réussir une construction en éco-conception par C. Gobin (Presses des Mines, 2010)
Performance énergétique : les matériaux et procédés d'isolation (CSTB, 2013)
Matériaux et architecture durable : fabrication et transformations, propriétés physiques et architecturales, approche environnementale par N. Hoyet (Dunod, 2013)

Réponse attendue le 22/10/2015 - 16:10