Guichet Du Savoir
http://www.guichetdusavoir.org/

Maison d'édition Peyrol
http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?f=2&t=65953
Page 1 sur 1

EmilieL [ 25/04/2016 à 10:48 ]

Bonjour,

Je cherche des informations sur la maison d'édition Hyppolyte Peyrol à Paris. Notamment sur son travail d'éditeur de lithographie et plus particulièrement son travail d'éditeur de lithographie de Rosa Bonheur dont il était le frère par alliance.

Je vous remercie par avance.

Sophie

Réponse attendue le 28/04/2016 - 10:04


gds_alc [ 26/04/2016 à 14:48 ]

Bonjour,

Nos recherches dans les dictionnaires d’éditeurs, d’ouvrages spécialisés comme Dictionnaire encyclopédique du livre ou des bases de données sont demeurées infructueuses. Nous n’avons pas non plus trouvé d’informations sur le site de l’Enssib . La base de données Leonore reproduit des documents sur François Auguste Hippolyte Peyrol mais ne fournit aucune information sur la maison d’édition.

Ce manque de renseignement est en partie lié au fait que peu d’étude concerne le domaine de l’édition au XIXe siècle. Pour palier à cette lacune, la Bibliothèque nationale de France évoque le projet DEF19 qui a pour objectif principal de combler un manque dans le champ de l’histoire de l’édition, en élaborant un dictionnaire des éditeurs français du XIXe siècle.
Un tel outil n’existe pas à ce jour pour cette période, contrairement à l’époque moderne qui en possède plusieurs – ou à d’autres pays comme l’Italie ou l’Autriche, qui se sont déjà dotés de tels répertoires...


Il vous faudra donc patienter ou vous lancer vous-même dans de longues recherches.

Réponse attendue le 29/04/2016 - 14:04


bml_art [ 29/04/2016 à 15:58 ]

Réponse du Département Arts et Loisirs



Dans le chapitre "Sculpture et édition: une entreprise familiale" de l'ouvrage Rosa Bonheur et sa famille, trois générations d'artistes en lien avec l'exposition du Musée de Port-Royal-des-Champs que nous n'avons pas acquis à la BmL, il est question "d'une histoire éditoriale familiale".
Il est possible de lire que "l'industrialisation croissante de la fonderie au cours du XIXe siècle a favorisé un cloisonnement des étapes d'élaboration du bronze d'art: création du modèle par le sculpteur, transposition en bronze par le fondeur, finition de la pièce par le fabricant, vente par l'éditeur. Afin de garder la main, certains sculpteurs se sont faits éditeurs à l’instar de Pierre-Jules Mêne, secondé par sa famille.
Les Bonheur comptent dans leurs rangs trois bons modeleurs : Rosa, qui a formé son frère Isidore, à son tour maître de leur neveu François Auguste Hippolyte Peyrol (dit comme son père « Hyppolyte ») : la réussite de Mêne, ami de la famille, n’a pu que les encourager dans cette voie.(-)
L’enseigne « Chez Peyrol , bronzes d’art et estampes » pose la problématique du métier de François Auguste Hippolyte Peyrol : fabricant ou éditeur ?

En 1867, François Auguste Hippolyte Peyrol devient membre titulaire de la Réunion des fabricants de bronze, désormais reconnu par ses pairs. Est-il simple éditeur ou intervient-il, comme plusieurs membres tels Barye ou Mêne, dans la fabrication concrète du bronze ?

Par sa formation, Peyrol maîtrise les étapes de fabrication du bronze d’art. Né à Mauriac en 1832, il intègre le foyer et l’atelier des Bonheur après le mariage de sa mère, Marguerite Picard, avec le chef de famille Raimond en 1842.
Celui-ci l’envoie se former chez Antoine Louis Barye qui a créé sa propre fonderie au sable dans les années 1830. En 1848, il sait déjà la ciselure. Quand il épouse en 1852 la plus jeune de la fratrie, Juliette, il se déclare modeleur-ciseleur, tout comme en 1856 à la naissance de leur fils F. A. Hippolyte. Vers 1860, il se met apparemment à son compte : il se dit éditeur d’estampes puis, à partir de 1861 et selon ses sources, marchand de bronze en détail, de bronze d’art, de bronze et estampes et fabricant de bronze.
Sa marque est simplement Peyrol mais peut exister sous la forme PEYROL ED/TEUR.
Régulièrement recensé au Didot-Bottin pour « bronzes d’art et estampes », il décède en 1921.
Le témoignage d’Elisa Beetz Charpentier, disant avoir patiné aux acides avec « Peyrol Bonheur », montre que le père a formé le fils. Le transfert de la famille en 1875 dans le quartier de la Folie-Méricourt à Paris les rapproche des nombreuses fonderies établies vers le Faubourg Saint-Antoine en raison de l’importante activité d’ébénisterie. Il semble donc possible de voir en Peyrol un véritable fabricant.

De la maison Peyrol au Comptoir français d’art

En novembre 1925, F.A. Hippolyte enregistre l’activité de son père au registre du commerce pour la revendre le jour même aux Marchadier : c’est la naissance du Comptoir français d’art(-) Celui-ci cesse sont activité en 1954.
La maison devenue simple enseigne est tranférée 4, rue Greffulhe, vers la Madeleine, s’éloignant du quartier des artisans pour se rapprocher de celui des clients(-)

Dans le secret des ateliers : qui loge et travaille où ?

(-) Rosa rejoint dès 1849 la rue de l’Ouest puis la rue d’Assas avant le départ pour Magny-les-Hameaux. Quant à Isidore, il a son atelier depuis au moins 1859 dans une voie perpendiculaire, au 3 rue Carnot, où ne se louent pas moins de 10 ateliers ! En 1870, il part pour Montparnasse, nouvelle pépinière, et s’installe avec son ami peintre Eugène Lejeune (1818-1894) impasse Sainte-Elisabeth-d’Enfer, au moins jusqu’en 1874 et probablement jusqu’en 1878.

La destruction de l’immeuble en 1875 amène la famille à quitter la rive gauche pour le 11e arrondissement, où elle s’établit 14, rue de Crussol. Plusieurs autres locataires s’y déclarent artistes et on note la présence du marchand de bronzes Paul Birkann. Peyrol récupère les locaux du fabricant Victor Wagner, rencontré à la Réunion des fabricants de bronze, et s’installe sur les trois niveaux d’une aile longeant la deuxième cour de la propriété : au rez-de-chaussée un magasin, un atelier, un bureau, et dans les étages les pièces à vivre. S’y ajoute en 1877 un quatrième niveau pour établir un atelier de 42 m2. Dans une autre aile, la famille occupe un petit logement. En 1879, Peyrol devient propriétaire d’une partie des bâtiments, au titre de la construction.
En 1878, on note qu’un « Bonheur, artiste » s’installe à son tour :c’est certainement Isidore, qui déclare invariablement cette adresse au Salon comme au Didot-bottin à partir de 1880, et y demeure toujours à son décès. Quant à Germain Bonheur et son épouse, installés à Blois, leur adresse parisienne reste rue de Crussol. Auguste ne déclare à cette période qu’une adresse à Paris, au Salon de 1878, chez l’éditeur d’estampes Goupil.

Réponse attendue le 03/05/2016 - 15:05