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medecine transhumaniste

par mtsk th, le 19/09/2016 à 09:29 - 3053 visites

La nature de l'Homme était remise en question lorsque l'on parle de médecine transhumaniste ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 21/09/2016 à 11:30

Bonjour,

Vous touchez là au cœur du débat sur le transhumanisme, ou idéologie de l’ « humain augmenté » qui vise, non plus à réparer (but traditionnel de la médecine), mais à « améliorer » les individus, les doter de facultés, de sens qui dépassent les capacités humaines, et à modifier des données essentielles de la vie, comme le vieillissement, l’intelligence ou la procréation.
Repousser toujours plus loin les limites de l’humain ne finirait-il pas par redéfinir la nature même de l’humanité, jusqu’à aboutir à une « post-humanité » ? Il ne nous appartient pas de trancher sur cette question complexe, à la fois philosophique, sociologique, politique, médicale et technologique, dont nous mesurons encore mal les conséquences possibles, fantasmatiques pour certains, terrifiantes pour d’autres.

Nous vous proposons en revanche plusieurs ressources qui vous permettront de nourrir votre propre réflexion :

L’Homme augmenté, un fantasme qui devient réalité
Table ronde organisée à l’occasion des Journées Scientifiques de l’Université de Nantes 2016, des spécialistes du sujet sont venus débattre sur le transhumanisme.

Intervenants :
• Oumeya Adjali, chargée de recherche Inserm, Laboratoire de thérapie génique translationnelle des maladies neuromusculaires et de la rétine
• Jean-Michel Besnier, philosophe, professeur émérite de l’Université Paris-Sorbonne
• Franck Damour, essayiste et professeur agrégé d’histoire, auteur de La tentation transhumaniste (2015)
• Catherine Le Visage, directrice de recherche Inserm, Laboratoire d’ingénierie ostéo-articulaire et dentaire (LIOAD)
• Stéphane Tirard, professeur d’épistémologie et d’histoire des sciences, directeur du Centre François Viète d’épistémologie et d’histoire des sciences et des techniques, Université de Nantes

Articles :

- De l’homme augmenté au transhumanisme, paristechreview.com
- Transhumanisme: l'homme augmenté, vraiment?, lexpress.fr
Débat entre Laurent Alexandre et Miguel Benasayag.
- Après l'homme réparé, l'homme augmenté ?, lesechos.fr
- De l'homme réparé à l'homme augmenté, sciencesetavenir.fr

- L’amélioration humaine : trois usages, trois enjeux, Simone Bateman et Jean Gayon
- L’humain augmenté, un enjeu social, Nicolas Le Dévédec et Fany Guis, SociologieS [En ligne], Premiers textes, mis en ligne le 19 novembre 2013
- Quelle médecine pour l’homme augmenté ? Étude des enjeux philosophiques de l’anthropotechnie., Alexandre Klein, Cahiers Figura, n°37 « Les frontières de l’humain et le posthumain », 2014, p. 55-71


Ouvrages :

Technoprog : le transhumanisme au service du progrès social Didier Coeurnelle, Marc Roux
Nous sommes aux portes de la plus grande transformation de notre histoire : l'humain possède les moyens d'intervenir sur sa propre évolution, de manipuler la vie, l'intelligence, le temps, de changer le monde. Le courant de pensée transhumaniste prône l'usage des sciences et des technologies pour augmenter les capacités de l'homme. Véritable disruption de l'espèce humaine, ce mouvement fait naître espoirs, utopies, mais aussi fantasmes et inquiétudes. Dans un style limpide, Didier Coeurnelle et Marc Roux retracent l'histoire du transhumanisme, ses promesses, ses controverses, ses outrances, ses objectifs, ses perspectives et son programme pour le futur de l'humanité. Ils décrivent toutes les améliorations et l'éventail des prouesses technologiques pour vivre plus heureux, en bonne santé et beaucoup plus longtemps : implants connectés, hybridation homme-machine, cyborgs, bio-impression 3D, cerveau augmenté, intelligence artificielle, robotique, nanotechnologies, biotechnologies, sciences cognitives, etc. Ce livre nous emmène à la découverte d'un technoprogressisme attentif aux questions environnementales, sanitaires et sociales, et dévoile les progrès possibles pour l'économie, l'écologie, l'éducation, la santé, la démocratie et la société dans son ensemble. C'est un outil indispensable pour comprendre ce qui se prépare, une boussole pour le monde qui vient. L'identité humaine dépend désormais de ce que nous voulons en faire.

La société de l'amélioration : la perfectibilité humaine des Lumières au transhumanisme, Nicolas Le Dévédec
Une société où l'aspiration à améliorer, maximiser, rehausser, augmenter, perfectionner l'être humain et ses performances par le biais des avancées technoscientifiques et biomédicales devient omniprésente et concrète. Ce phénomène touche toutes les composantes de notre société : usage de psychotropes pour accroître les capacités intellectuelles, sexuelles, ou mieux contrôler les émotions ; nouvelles technologies reproductives qui nourrissent de nouvelles formes d'eugénisme ; développement d'une médecine anti-âge qui œuvre à l'effacement de toute trace du vieillissement?; projet de super soldat, etc. La quête biotechnologique de la perfection, portée sur son versant extrême par le transhumanisme et financée par des géants du Web tel que Google, nourrit même le fantasme de donner naissance à un être plus qu'humain, posthumain. L'ouvrage de Nicolas Le Dévédec montre que cette aspiration contemporaine à un humain amélioré marque le renversement complet de l'idéal humaniste et politique de la perfectibilité humaine formulé au siècle des Lumières. Il ne s'agit en effet désormais plus tant d'améliorer l'être humain dans et par la société que de l'adapter en le modifiant techniquement, avec tout ce que cela implique de désinvestissement politique. Comment un tel renversement et une telle dépolitisation de la perfectibilité ont pu avoir lieu ? C'est ce que cette étude permet de mieux comprendre à travers un vaste parcours socio-historique.

L'humain et ses préfixes : une encyclopédie du transhumanisme et du posthumanisme, sous la direction de Gilbert Hottois, Jean-Noël Missa et Laurence Perbal
Les préfixes de l’humain sont nombreux (ab- in-, para-, pré-, post-, proto-, sub-, sur-, trans-humain…). Ils invitent à réfléchir à la nature, aux limites et aux transformations de l’être humain ainsi qu’aux réactions intellectuelles et émotionnelles suscitées. Le trans/posthumanisme concerne toutes les techniques matérielles d’augmentation ou d’amélioration (physique, cognitive, émotionnelle) de l’homme, une perspective volontiers située dans le prolongement de l’humanisme progressiste des Lumières. Mais l’homme "amélioré ou augmenté" – "transformé " – pourrait s’éloigner toujours davantage des conditions de l’homme naturel "cultivé" ordinaire. Le transhumanisme risque de verser, brutalement ou imperceptiblement, dans le posthumanisme, référant à des entités qui, bien que "descendant" de l’homme, seraient aussi étrangères à celui-ci que l’espèce humaine est éloignée des formes de vie paléontologiques. Le posthumanisme flirte avec le nihilisme et l’imagination apocalyptique.Aux franges les plus audacieuses de la bioéthique, l’Encyclopédie n’écarte pas plus qu’elle ne focalise les questions éthiques. Elle englobe, sans les confondre, l’analyse conceptuelle, l’extrapolation technoscientifique et l’imagination spéculative. La première partie "Philosophie et éthique" est consacrée au débat philosophique relatif au trans/posthumanisme. Les entrées reflètent le vocabulaire conceptuel propre aux principaux auteurs trans/posthumanistes et à leurs critiques directs. La deuxième partie "Technoscience et médecine d’amélioration" parcourt les références actuelles aux sciences et aux techniques biomédicales inhérentes à la problématique transhumaniste. Elle distingue entre ce qui se fait, pourra probablement se faire ou relève du domaine de la projection spéculative et imaginaire.La troisième partie "Techniques, arts et science-fiction" est centrée autour des échanges entre technosciences et créations artistiques, spécialement l’imaginaire de la science-fiction où les thèmes post/transhumanistes sont fortement représentés.

Homo labyrinthus : humanisme, anthumanisme, posthumanisme, Frédéric Neyrat
Exploration des origines de l'humanité et des différentes théories sur la nature humaine, de l'humanisme à la conception capitaliste de l'homme dominant, présentée par l'auteur comme étant à l'origine de catastrophes écologiques.

Philosophie de la machine : néo-mécanisme et post-humanisme Gérard Chazal; préface Jean-Claude Beaune
Entre mythe, science et technique il existe une longue tradition de l'homme artificiel, des jaquemarts au Golem, de Frankenstein aux robots, comme si nous nous étions longuement complus, par le jeu des métaphores, à nous contempler dans le miroir de nos machines. Il en est résulté une philosophie mécaniste, de Descartes à La Mettrie qu'il faut bien évoquer. Avec la cybernétique et l'informatique, le vivant, l'esprit, la machine sont entrés dans des chevauchements beaucoup plus complexes qui ouvrent sur un néomécanisme. Ce terme marque la volonté, au-delà de ce premier mécanisme. de penser la vie et l'intelligence artificielles, la bionique et le cyborg, l'avenir incertain de l'humain vers ce qu'il faudra peut-être appeler le post-humain. Il fallait pour cela un examen minutieux de toutes ces techniques nouvelles. La machine n'est plus seulement le support d'une vague analogie de la vie et de la pensée : à travers l'homme réparé, augmenté par des prothèses de plus en plus intimement mêlées à la mécanique de l'organisme, elle vit, elle pense, elle raisonne. Nous assistons à la rencontre d'une pensée de l'homme-machine et de la machine humanisée, rencontre que cet ouvrage tente de penser.

Le Post-humanisme [Disque compact], Jean-Michel Besnier
Les biotechnologies, les technologies d'information, la robotique, les nanotechnologies et les neurosciences sont en train de bouleverser très rapidement ce que nous sommes, nos corps, nos esprits, notre langage, notre rapport au monde et notre héritage naturel, et nourrissent des utopies transhumanistes. Mais que signifie l'espoir mis dans ces technologies pour accroître nos capacités physiques et mentales, résister aux virus, trouver l'éternelle jeunesse, bref nous affranchir de notre condition humaine imparfaite, limitée et mortelle ? Jean-Michel Besnier explore ces utopies transhumanistes et s'interroge sur les raisons de vouloir écarter le corps biologique et de souhaiter s'arracher à ce qui fait de nous des humains, distincts des animaux, des dieux et des machines. Il nous invite, en laissant de côté les positions morales trop simplistes qui conduisent au refus craintif du progrès ou à des positions antihumanistes, à nous interroger sur nos devenirs possibles, sur les valeurs existantes et à inventer qui accompagneraient notre nouvelle humanité. Un questionnement philosophique d'une grande actualité.

L'humain augmenté, coordonné par Edouard Kleinpeter
Les mouvements transhumanistes militent pour un humain augmenté, dernier exemple de l'utopie technique. Grâce aux progrès technologiques et scientifiques, il deviendrait plus fort, plus intelligent ou à longévité plus longue, mais se trouverait réduit à un ensemble de fonctions motrices ou cognitives et perdrait toute altérité. La différence entre homme et machine serait presque réduite à néant.

Cerveau augmenté, homme diminué Miguel Benasayag
Le cerveau humain connaît, étudie, explique et comprend, au point qu'il en est arrivé à prendre comme objet d'étude… lui-même. Et les nouvelles connaissances sur le fonctionnement du cerveau ébranlent profondément nombre de croyances au fondement de la culture occidentale. Car les remarquables avancées des neurosciences rendent en effet désormais envisageable pour certains la perspective d'améliorer le cerveau et de supprimer ses faiblesses et ses "défauts" : le rêve d'un cerveau "parfait" semble à portée de la main.Cette vision conduit à considérer notre cerveau comme un ordinateur qu'il s'agirait d'optimiser en l'améliorant par divers outils pharmacologiques ou informatiques. À partir d'une vulgarisation très pédagogique de recherches récentes souvent très "pointues" en neurosciences, Miguel Benasayag montre ici, de façon fort convaincante, pourquoi ce nouvel idéalisme du "cerveau augmenté" est en réalité une illusion dangereuse : le monde qu'entendent préparer les transhumanistes et certains scientifiques risque fort d'être surtout habité par la folie et la maladie… Une thèse critique solidement argumentée, qui a commencé à faire son chemin dans le milieu des chercheurs les plus préoccupés par les apories et les failles de ce nouveau mythe du progrès.

Body hacking : pirater son corps et redéfinir l'humain, Cyril Fiévet
A la croisée du "hacking" et du transhumanisme, le body hacking est un mouvement qui prend une véritable ampleur. Ces adeptes se surnomment eux-mêmes "biopunks", "bio- hackers" ou "selftranshumanistes". Ce sont parfois des rebelles, rejetant les schémas établis, parfois de simples explorateurs du champ des possibles. Leur point commun : ils ont implanté dans leur corps de nouveaux composants en mixant le biologique et l’électronique, pour développer de nouveaux sens, éprouver des sensations nouvelles. Ce livre part à la rencontre de ces individus qui ont entrepris une démarche qui nous interpelle sur l’avenir de l’humain. Il montre que ce mouvement s’inscrit dans la logique de modifications corporelles plus anciennes et bien établies (tatouages, piercing, chirurgie esthétique, etc.), mais va bien plus loin et entraîne surtout des conséquences bien plus profondes. Il explique que ces transformations (body hacking) n’ont pas de caractère esthétique : elles visent à enrichir les sens ou à doter le corps de fonctionnalités nouvelles. Ces "pirates de l’humain" utilisent la technologie pour modifier leur corps, en redéfinir les contours ou les fonctions, avec pour effet de repousser les limites de l’humain. L’auteur répond également à toutes les questions que ce mouvement soulève, à la croisée des sciences, de la religion et des lois, nous forçant à repenser l’avenir et les limites de l’être humain. Notre corps nous appartient-il vraiment, au point d’en altérer le fonctionnement ou d’y adjoindre de nouvelles fonctions ? Pourquoi des individus, qui poussent la logique de liberté individuelle à son paroxysme, entreprennent sur eux-mêmes des modifications physiques ? Quels sont les dangers inhérents à cette démarche ? Comment ce mouvement évoluera-t-il ? Quelles sont ses conséquences à long terme ?


Bonne journée.
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