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Cinéma parlant

par dlyon, le 21/08/2017 à 15:08 - 1991 visites

Bonjour,

Quel est le 1er film parlant, et quand est-ce que le film parlant est devenu à la mode au cinéma ?
Mille MERCI(s).
Très cordialement.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_art, le 24/08/2017 à 14:22

Réponse du département Arts et Loisirs

Toutes les sources consultées s’accordent sur une même réponse, le premier film parlant est :
Le Chanteur de jazz d’Alan Crosland (1894-1936).

Voici des extraits de l’Encyclopaedia Universalis en ligne (consultable à distance pour nos abonnés) concernant les débuts du « cinéma parlant » :
« Inventeur du phonographe en 1877, Thomas Edison tenta, dès 1894, de l'associer avec son Kinétoscope. Lors de l'Exposition universelle de 1900, Léon Gaumont montrait de courtes scènes enregistrées, couplant électriquement phonographe et projecteur. En 1904, le Français Eugène Lauste enregistre le son à même la pellicule. Mais ces divers procédés ne connaissent qu'un succès de curiosité. En plein déclin financier, les frères Warner vont relancer l'expérience en exploitant un brevet acquis en 1925, le Vitaphone, qui utilise encore la synchronisation entre disque et projecteur, vite abandonnée. Malgré un scénario très conventionnel, le succès du premier film sonore, Le Chanteur de jazz d'Alan Crosland (1894-1936), avec Al Jolson, est fulgurant, même si les scènes « parlantes » sont limitées au profit des numéros musicaux et chantés, tandis que subsistent passages muets et intertitres. »
Joël MAGNY, « NAISSANCE DU CINÉMA PARLANT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 août 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ ... a-parlant/.

« Ce qu'il y a de plus visible dans l'histoire du cinéma, c'est qu'elle se trouve coupée en deux parties par une rupture visible à l'œil nu et datable : celle que représente le passage du muet au parlant, qui se situe entre 1927 (année du Jazz Singer) et le début des années 1930.
… On sait d'autre part que l'enregistrement sonore a existé avant la reproduction des images animées. Pour créer le parlant, il suffisait donc de superposer l'un et l'autre en les gardant synchronisés, ce qui était encore délicat avec le disque (les tout premiers films parlants utilisèrent pourtant le sound-on-disc), mais n'a plus posé de problème avec l'emploi du son « optique », c'est-à-dire du son transformé en variations lumineuses inscrites sur une pellicule perforée formant une étroite bande le long de la pellicule image. »
Michel CHION, « PARLANT CINÉMA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 août 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-parlant/.

« 1926 États-Unis. Don Juan, d'Alan Crosland, premier film de long métrage par procédé Vitaphone, film musical sans dialogues (son sur disques).
1927 États-Unis. The Jazz Singer, d'Alan Crosland, avec Al Jolson. Officiellement premier film parlant, en réalité aux trois quarts muet. On y entend plusieurs chansons synchrones, et une minute quinze de dialogue parlé entre le héros et sa mère.
1927 France. Présentation du Napoléon (muet) d’Abel Gance, avec un acteur derrière l'écran prononçant le discours de l'empereur et un chœur chantant en rythme Auprès de ma blonde dans une scène où les soldats sont dans l'image.
1928 France. Jeanne d'Arc, de Carl Dreyer. Film muet, mais avec un dialogue réellement prononcé par les acteurs et filmé en très gros plan.
1928 États-Unis. Les Lumières de New-York, de Brian Foy. Premier long-métrage entièrement parlant (son sur disques).
1929 États-Unis. Hallelujah, de King Vidor. Considéré comme le premier film parlant de valeur artistique ; interprété par des Noirs, tourné en muet et ensuite postsynchronisé pour certaines scènes. »
Michel CHION, « PARLANT (CINÉMA) - (repères chronologiques) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 août 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ ... ologiques/.

A propos de la mode du cinéma parlant, on constate que l’essor a été immédiat :

« Le cinéma muet avait su compenser son infirmité foncière par un surcroît de sensibilité et d'invention. Mais il ne pouvait se passer plus longtemps de la parole et du son. La mise au point technique du parlant ne fut pas déterminante, puisque les premiers essais concluants du synchronisme entre l'image et le son avaient été réalisés en 1919. À l'époque, les producteurs et les distributeurs d'un cinéma muet florissant avaient purement et simplement négligé l'invention. Guettés par la faillite en 1927, les frères Warner jouèrent cette dernière carte. Ce fut Le Chanteur de jazz, dont le succès bouleversa de fond en comble l'industrie et l'art cinématographiques. Toute résistance s'avéra bientôt inutile. Les cinéastes qui avaient porté l'art muet à son apogée durent se plier à la technique sonore, ou se retirer. La loi d'airain du succès entraîna de bien cruelles déchéances : la retraite de D. W. Griffith, l'élimination progressive de Buster Keaton et de Harry Langdon, le départ d'Eric von Stroheim pour l'Europe, où il devait poursuivre sa carrière de comédien. »
Jean COLLET, Claude-Jean PHILIPPE, Marc CERISUELO, « CINÉMA (Aspects généraux) - Histoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 août 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ ... -histoire/.

« En octobre 1927, The Jazz Singer, le premier film parlant de l'histoire du cinéma moderne, sort à New York. Les industriels français sont en retard. Le premier film parlant la langue de Voltaire, Les Trois Masques d'André Hugon, n'arrive qu'en octobre 1929 ; il a été tourné dans un studio londonien. Mais six mois plus tard les spectateurs exigent des films qui parlent et qui chantent. Le passage du muet au parlant a été à tous égards un séisme qui a ébranlé le cinéma français. Séisme financier : il a fallu, dès 1930, reconstruire et équiper à grands frais les salles et les studios. Et séisme artistique : sur les tournages, la dictature d'un nouvel intervenant, l'ingénieur du son, a dans un premier temps justifié les réserves qu'Abel Gance ou René Clair avaient émises en 1927. L'espace de liberté conquis par les maîtres de l'art muet était bien remis en question par l'encombrante présence du micro. »
Jean-Pierre JEANCOLAS, René PRÉDAL, « FRANCE (Arts et culture) - Le cinéma », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 août 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ ... le-cinema/.

Deux ouvrages évoquent à leur manière l’avènement du parlant :

En route vers le parlant : histoire d'une évolution technologique, économique et esthétique du cinéma (1926-1934) / Martin Barnier.
Ouvrage universitaire, de référence, pour tout savoir sur le passage du muet au parlant.
Page 208 : « Le parlant a entraîné la fin du muet, et la préservation de l’ensemble des films, ou au moins d’une partie de plus en plus importante. Les historiens et cinéphiles ont longtemps dénigré cette étape dans la vie du septième art parce qu’elle représentait la perte d’une forme d’art magique. Il faut au contraire apprécier le fait que l’enchantement du muet soit parvenu jusqu’à nous grâce à son … arrêt entre 1926 et 1934. »

L'histoire du cinéma pour les nuls / Vincent Mirabel.
Pages 192-195 :
« En 1927, très rares sont ceux qui croient que le cinéma parlant va (r) apporter quelque chose. Les frères Warner, eux, sont dans la bonne voie/voix. L'enregistrement du supercrooner Al Jolson devant une caméra sonore équivaut à l'imprimatur du « pape du music-hall » en faveur de « leur » procédé Vitaphone. Mais ce que les Warner n'avaient pas prévu, c'est qu'avant de chanter, celui-ci va oser prononcer quelques mots. Dix mots exactement, qui vont en annoncer des milliards ...
Présenté en grande pompe le 6 octobre 1927, Le Chanteur de jazz reçoit un accueil triomphal. Du jour au lendemain, Al Jolson entre dans l'histoire par la grâce de cette simple annonce de chanson : « Hey Mum, listen to this ! Do you like it, Mother ? » («Hé maman, écoute ça ! Est-ce que tu aimes, mère ? »). Complétée par deux autres brefs moments parlants (1,20 minute de paroles, soit 354 mots au total), sa démo de mots a révélé à tous que le cinéma parlant n'est plus une utopie. »
« Leurs adversaires se retrouvent tous le bec cloué. Verts de jalousie, les patrons des autres studios convoquent leurs troupes dès le lendemain matin de la première du Chanteur de jazz. « Pourquoi n'avons-nous pas, nous-mêmes, réalisé ce film parlant ? » lancent-ils à leur staff tout honteux. Et dans le silence gêné qui suit, chacun de ces patrons assène : « Qu'attendez-vous pour en réaliser un ? ! » Ordre est donné d'aller désormais dans le sens du sonore et de se procurer à n'importe quel prix une licence auprès de leur concurrent Warner. En quelques jours, l'action de la Warner passe de 8 à 65 dollars, jusqu'à atteindre plus tard 132 dollars…
En 1928, galvanisée par le succès du Chanteur de jazz, l'industrie du cinéma américain tourne à fond. Cette année-là, Hollywood va produire 850 films contre 580 deux ans plus tôt. Ayant découvert les agréments de la parole quasi synchrone, le public ne peut plus s'en passer… En moins de douze mois, les majors se sont organisées pour se partager le marché naissant du cinéma parlant. »
« Pendant que triomphe le Vitaphone, plusieurs procédés sonores optiques rivalisent pour s'imposer. Outre le Movietone (développé par Theodore Case pour la General Electric), le Photophone est mis au point par RCA
(Radio Corporation of America) pour le compte du groupe RKO (Radio-Keith-Orpheum) qui va devenir un des grands studios de production américains.
Ailleurs, le Tri-Ergon est développé depuis 1921 par la société allemande Tobis, future Tobis-Klangfilm. En URSS, le procédé sonore soviétique se heurte au très faible taux d'équipement des salles en projecteur compatible (4 % !). En France, Gaumont croit bon de miser sur le système GPP (Gaumont Peterson Poulsen), mis au point par deux ingénieurs danois, Axel Peterson et Arold Poulsen, mais ce système complexe à double bande sera vite délaissé.
Mi-1928, les frères Warner vont mettre tout le monde d'accord en présentant leur propre système optique sound-on-film, plus simple, plus fiable et plus efficace que leur « vieux » Vitaphone, déjà obsolète. La lecture simultanée du son et des images lors de la projection, à partir de films 35 mm, répond aux attentes des exploitants, qui s'équipent sans se ruiner. Le synchronisme si longtemps recherché est enfin accessible. Seule contrepartie : les ingénieurs se sont vus contraints d'augmenter la vitesse de projection pour assurer une qualité audio correcte et éviter que le son ne chuinte. C'est ainsi que le cinéma est passé de 16 à 24 images par seconde.
Tourné et diffusé à 24 images par seconde, Lights of New York (Bryan Foy, 18 juillet 1928) sera le premier film 100 % parlant. Une production Warner Bros, bien sûr. »

Signalons également l’article très détaillé Cinéma sonore sur Wikipedia.
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