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Accueil > Absorber / Absorption

Absorber / Absorption

par Türcher, le 23/08/2017 à 09:50 - 1522 visites

Bonjour!
On voudrait savoir ce qu'il s'est passé pour que absorption ne s'écrive pas absorbtion, ou bien qu'absorber ne s'écrive pas absorper.

Merci!

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 23/08/2017 à 16:36

Bonjour,

Vous vous demandez pourquoi nous trouvons dans la langue française le verbe absorber, avec un « b », et le nom « absorption » avec un « p » et non un « b », alors que ces deux termes renvoient aujourd’hui au même sens. Il est nécessaire de se pencher sur l’étymologie de ces mots.

D’après le Dictionnaire historique de la langue française / sous la direction de Alain Rey (2012) :
- « absorber » « est emprunté au latin absorbere, de ab- et de sorbere « avaler » […]. Le verbe latin, devenu absorbire, a donné, outre l’italien assorbire, les formes de l’ancien et du moyen français assorbir (XI°s.), absorbir (XIII°s.) avec les sens dominants : engloutir et anéantir. […]
- « absorption », d’abord terme religieux (1586, chez le mystique Suso, pour « extase, ravissement ») est un emprunt au latin chrétien absorptio (Saint Augustin) du supin de absorbere ». Le supin est « la forme nominale du verbe latin qui peut jouer le rôle d'infinitif et dont le radical sert à la formation d'autres temps (part. passé en -us) dans la conjugaison latine. »
Selon Alain Rey, « le mot sert de substantif à absorber (XVII°s. ?) et se diffuse à partir du milieu du XVIII° s, comme absorbant, en physiologie, avant de s’employer en physique (av.1863). »

Ainsi, les deux mots dont le sens se rejoint progressivement, dérivent de deux mots latins différents.

Le site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales confirme cette double origine :
- absorber « Corresp. rom. : ital. assorbire; port. absorver; roum. absorbi. I.− 1. Mil. xies. trans. assorber « engloutir (des hommes, en parlant de la terre) » (Alexis, éd. Paris et Pannier, 61eds T.-L. : Ne guardent l'ore que terre les assorbe (var. pour encloded); ca 1200 assorbir « id. » « engloutir (en enfer, en parlant du diable) » (Poeme moral, éd. Cloetta, 41d, ibid. : Ke m'arme n'assorbisset en abisme diables); 2. 2emoitié xiies. trans. asorbir « introduire (dans sa bouche) »
- absorption : “Corresp. rom. : esp. absorción; port. absorção; roum. absorbtié. 1. 1586 « engloutissement, ravissement (de l'âme en Dieu) » emploi fig., terme relig. (H. Suso, Œuvres spirituelles, trad. N. Le Cerf. 166 ds Rom. Forsch., t. XXXII, p. 3 : Il [Suso] veid son ame... joincte ou unie au cœur divin et là en certaine ecstase, absorption ou ravissement cachee et endormie entre les bras du tresamiable sauveur); 2. xviiie, xixes. « action d'absorber, de s'imprégner », sens propre, terme techn. 1 empr. au lat. chrét., absorptio, dep. St Augustin au sens « engloutissement (de l'âme dans une passion) » (Sermones, 162, 2 ds Blaise, s.v. : absorptio libidinis et concupiscentiae carnalis); 2 dér. de absorber* »

Un échange sur un forum dédié à la langue française confirme cette double origine :
« Le verbe absorber dérive du verbe latin absorbere, et plus particulièrement du radical de l'infinitif. Le nom absorption dérive du nom latin absorptio. Il faut donc remonter au latin pour la transformation du b en p. Cette évolution s'explique certainement par la difficulté de la succession [bt] qui se transforme naturellement en [pt]. [...] »

Bonne journée.
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