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Un vent de folie

par Helene s., le 26/08/2017 à 00:14 - 1810 visites

Bonjour

j'ai pour projet de renoncer à un poste envié avec un salaire fort intéressant pour essayer de vivre de ma passion en élevant des moutons....
Suis je dingue ?
Sérieusement... savez vous combien de personnes réussissent à changer vraiment de vie et combien renoncent à des postes de prestiges pour vivre de leur passion ?
Merci à vous...
Helene

Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 28/08/2017 à 15:12

Bonjour,

Les études chiffrées portent peu sur cette catégorie et il faudra vous contenter de quelques statistiques. Selon l'enquête menée en 2014 par Visa Europe auprès de 2.000 personnes, "18% des Français déclarent qu'ils aimeraient bien transformer leur hobby en activité professionnelle, mais 6% seulement ont tenté l'aventure".
Source : « vivre de sa passion. Relevez le défi », capital.fr

Par ailleurs, néomag consacre un article « J’étais prof en fac et je suis devenu éclairagiste. Ces diplômés qui ont choisi de se déclasser » qui aborde le cas des « déclassés » dans la catégorie des jeunes diplômés:

"Les « déclassés sociaux volontaires » sont-ils des cas exceptionnels ? Difficile de le savoir car les études sur le sujet sont rares et nécessitent des temps longs d’observation. Selon une enquête du Cereq, 15 % des filles et 16 % des garçons diplômés du second cycle ont changé de métier dans les sept premières années de leur entrée sur le marché du travail. Chez les diplômés du troisième cycle, on passe à 17 % des femmes contre 13 % des hommes. Parmi eux, plus du tiers ont repris des études. Et « l’intérêt du nouveau métier » est la principale motivation du changement"

D’autres études traitent du rapport des français à leurs passions. C’est par exemple le cas de l’article – un peu daté – d’Olivier Donnat « Les passions culturelles, entre engagement total et jardin secret »-publié dans réseaux, 2009/1 et consultable sur la base de données Cairn)

La revue Sciences humaines (2016/4, N° 280) consacre un numéro aux "Passions. Quand la passion nous embarque", consultable, là encore, via la base de données Cairn.

Sur l’expérience des bergers, nous souhaitons vous présenter des extraits d’un article « A l’école des bergers » publié dans Le Monde du samedi samedi 29 novembre 2014 qui devraient vous intéresser :

« Les bras lui en sont tombés. Son petit-fils allait devenir berger. Alors qu'il avait un diplôme d'ingénieur. Alors que toute la famille s'évertuait depuis deux générations à quitter la terre et le fumier. Alors que son grand-père, enfant, avait fui la place de berger qu'on lui imposait. Yoann Clément sourit encore de la réaction de sa grand-mère. A 29 ans, l'ingénieur agricole de La Rochelle est sûr de son choix. Tandis que ses ex-camarades de promotion travaillent au Crédit agricole ou chez Groupama, il a choisi de veiller sur un troupeau de brebis. De se confronter à la solitude, à la vie, à la mort, aux caprices de la météo, aux odeurs animales, aux paysages terribles et beaux. « Il ne s'agit pas de fournir uniquement des côtelettes d'agneau chez Leclerc , explique avec assurance le jeune homme au visage juvénile et barbu. Mon métier ne polluera pas la planète, je ne travaillerai pas contre la nature. Au contraire. C'est un métier cohérent. Pour moi, c'est important. » Le mythe du berger se porte bien, merci. Chaque année, une cinquantaine de personnes sont formées dans les quatre écoles françaises, mais près du triple se présente à leurs portes. Sans compter ceux qui apprennent sur le tas. Débarrassé de son image encombrante d'idiot du village, de marginal, d'alcoolique, de hippie et de fumeur de joints, le métier attire de plus en plus - le nombre de bergers est estimé à plus de 3 000 dans l'Hexagone. Et les conditions de travail, sans être une sinécure, s'améliorent : on paye entre 1 500 et 2 200 â?¬ par mois, et on recrute ! Dans une société avide de sens, de nature et de travail, les astres sont alignés.
« Ça m'a piqué ! » , poursuit Yoann Clément, un brin mystique. C'était en 2006, dans une bergerie de Lozère. Depuis, il a eu son diplôme d'ingénieur et a travaillé comme technicien forestier aux 35 heures, avec Tickets Resto et RTT. Puis, l'année dernière, il a décidé de suivre une formation de « berger salarié transhumant » près de Salon-de-Provence, dans la plaine de la Crau. Patrie de la transhumance, des Mérinos d'Arles et des grands troupeaux. « La Mecque des bergers ! » , s'enthousiasme Yoann, en stage chez Maurice et Joëlle Roux, un couple d'éleveurs-bergers passionnés. Les brebis sont rentrées pour la nuit, les grappes d'agneaux sautillants avec elles. C'est la période de l'agnelage. La steppe jaunie de la Crau et les verts pâturages sont trempés par l'orage.
Comme Yoann, ils sont quinze à avoir intégré la formation du Merle - la plus ancienne de France - pour une durée d'un an. Les heureux élus sont 80 % de citadins, une majorité de filles, des bacheliers et plus - alors que le niveau de cette formation financée par le conseil régional est celui d'un BEP. Certains seront bergers saisonniers durant les quatre ou cinq mois de l'estive puis travailleront dans les stations de ski, la restauration ou voyageront. D'autres prévoient d'être auprès des brebis toute l'année, à la montagne comme à la bergerie, pour aider à l'agnelage d'automne, à la garde dans les collines l'hiver, à la tonte au printemps.

DISSUADER LES DOUX RÊVEURS
Formés à être bergers salariés, ils sont déjà quelques-uns à s'imaginer acheter des bêtes et s'installer un jour comme éleveur. Mais on est en novembre et la formation n'a commencé qu'en octobre... « Quitte à décevoir les adeptes d'une vision passéiste, ce métier est très moderne , insiste Michelle Jallet, responsable de la formation du Merle et bergère. Il est technique, voire scientifique, car on travaille sur du vivant. Il est fortement lié aux préoccupations environnementales et au développement durable : les brebis entretiennent les paysages et, dans la montagne, le berger vit de façon écologique. » « Et puis , ajoute-t-elle, il a un vrai rôle économique dans la filière viande et une responsabilité sociale puisqu'il doit sensibiliser à la protection du milieu tous ceux avec qui il est amené à partager ces espaces. »
La première mission de la formatrice est donc de dissuader les doux rêveurs qui s'imaginent ermites d'altitude, seuls face à la montagne, tournant le dos aux turpitudes du monde contemporain. « Le téléphone portable est devenu un outil aussi emblématique du berger que son bâton ! De leur montagne, ils communiquent énormément pour se donner des conseils , note l'anthropologue Guillaume Lebaudy. Le soir, ils regardent des séries. Leurs cabanes sont bien plus confortables. Ils y vont même en famille parfois. Et ils s'y connaissent en droit du travail. » Le chercheur a mené plusieurs enquêtes pour le compte de la Maison du Berger, le centre de recherche sur les cultures pastorales alpines, dont il est le directeur. Il a remarqué que c'était un « métier passerelle » . Les femmes le pratiquent deux ans et demi en moyenne, les hommes huit ans, avant de créer des projets « souvent innovants » dans le domaine agricole ou artisanal.
Soizic Batide prend sa pause dans la cuisine commune des stagiaires de la formation du Merle. Il pleut des cordes. Le bon millier de brebis du centre, et presque autant d'agneaux, a regagné la bergerie fraîchement paillée. Au moment où elle a été acceptée à l'école de bergers, elle venait de tout quitter à Besançon, son appartement et son travail d'aide médico-psychologique auprès de handicapés mentaux. Elle s'apprêtait à entamer un périple à vélo, de ferme en ferme, à travers la France, avec son copain, son chien et son chat. Sa famille était plus rassurée qu'elle suive un cursus.
La timide jeune femme de 24 ans avait « une image enfantine du berger qui garde ses moutons dans ses montagnes », mais aussi un projet réfléchi autour de la zoothérapie, alliant son intérêt pour le social et pour les animaux : monter une ferme autogérée pour accueillir un public en souffrance. Et puis, il y a cette nécessité diffuse de « retourner à une vie plus naturelle ». « Je sais que nous vivons, moi compris, dans une société de consommation, mais je voudrais en limiter l'impact. »
En dépit d'une évidente aspiration à un mode de vie différent, pour le sociologue Jean Viard, cette nouvelle génération de bergers doit être bien distinguée de ses aînés post-68, en leur temps amateurs d'élevage de chèvres ou de brebis. « Ces jeunes n'ont pas envie d'être déconnectés de la civilisation, ils reviennent travailler dans les campagnes et ont fréquemment un projet entrepreneurial. Ils veulent avant tout moderniser un vieux métier. » L'auteur du livre Au bonheur des campagnes (avec Bertrand Hervieu, Ed. de l'Aube, en 2000) est convaincu que les relations entre monde urbain et monde rural doivent être désormais pensées en termes de mariage, pas d'opposition ou de rupture. Jean Viard en veut pour preuves, pêle-mêle, la passion des Français pour les animaux de compagnie, la tendance à habiter à la campagne et à travailler en ville, à posséder un jardin, une maison secondaire au vert... Les nouveaux bergers seraient une expression de ce « mariage »- certes plus radicale que de manger bio de temps à autre, de faire pousser des tomates sur son balcon ou d'avoir des poules dans le jardin - mais tout autant révélatrice du « mouvement profond de pénétration entre villes et campagnes » , aujourd'hui à l'œuvre.
(…)
De dix ans son aîné, l'éleveur Sylvain Chiapello est un tantinet moins exalté quant au métier... et au carnassier. Propriétaire de 640 brebis et de 40 hectares d'herbe à foin, lui se sent surtout écrasé par les paperasses administratives, les normes européennes et les emprunts. Il attend les nouvelles directives de la PAC 2015 et menace de tout vendre. « Les bergers transhumants, je les appelle les mercenaires : on les forme toute l'année et eux choisissent une seule période, croyant qu'être berger c'est passer un bon moment dans la nature , dit-il, amer. Je déconseillerais à un jeune de s'installer comme éleveur. Et s'il n'y a plus d'éleveur, il n'y a plus personne pour embaucher les bergers » , poursuit l'exploitant, avant de hausser le ton : « Et avec le loup, c'est la totale ! »
Vous pourrez consulter l’article via la base de données Europresse

Avant toute chose et si cela n’est pas encore fait, nous vous laissons prendre contact avec des bergers et éventuellement effectuer des stages ou en période estivale des transhumances.
Ainsi, le site suivant propose des séjours de 3 jours et 2 nuits avec des disponibilités en septembre et en octobre.

Des offres ou autres informations sont disponibles sur :
emploiberger
maisonduberger.com
pasthorizonloire.blogspot.fr
pastoralisme.fr
laroutedelatranshumance.com


Enfin, n’hésitez pas à parcourir les articles (dont celui publié sur ladepeche.fr), les ouvrages comme Un dernier berger ou Un savoir-faire de bergers, des documentaires (voir le site filmdocumentaires.com)


Bonnes réflexions.
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