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La ville s'endormait Jacques Brel

par paulaf07, le 30/08/2017 à 09:41 - 598 visites

Jacques Brel dans sa chanson La ville s'endormait chante "et je ne suis pas bien sûr, comme chante un certain, qu'elles soient l'avenir de l'homme".

Quand on écoute les paroles, il prononce distinctement (à mon avis) "comme chante(nt) d'incertain(s).
Or, toutes les paroles officielles qu'on peut trouver sur le net indiquent "comme chante un certain" qui ne veut pas dire grand chose...

Ces paroles ont elles été modifiées pour le politiquement correct ?

D'avance merci pour votre réponse.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_mus, le 31/08/2017 à 11:10

Réponse du Département Musique

Bonjour,
Il est vrai qu’à l’écoute de la chanson l’on entend facilement cette liaison entre « chante » et « un ».
Un changement pour du politiquement correct entre le texte écrit (aucune trace d’autre version écrite n’a été trouvée au cours de nos recherches) et sa version orale semble pourtant peu probable, tant le politiquement correct ne semblait pas être sa priorité poétique… d’ailleurs la notion de politiquement correct n’était pas contemporaine de Brel, elle ne commencera à être utilisée en France qu'à la fin des années 80 (Source wikipedia).

Difficile de dire à présent si notre oreille nous abuse ou si Brel s’est amusé à un petit jeu de mot avec certain/incertains, seul le principal intéressé pourrait répondre à cette question. On peut donc simplement avancer des hypothèses sur le sens de ces phrases.

Quelques indices laissent à penser que ce qu’il voulait exprimer, a bien été dit :

- En suivant ce lien vers libresavoir.org vous pourrez lire une explication avisée de la totalité de la chanson et découvrir à qui il faisait référence par "certain" :

" Les vers suivants (v.44 à 55) expriment, avec une rare poésie, l’amertume d’un homme qui a toujours – Cf. la répétition de « Il est vrai » - eu conscience (« Il est vrai que parfois/Il est vrai que souvent ») de l’endroit et l’envers de la vie et a été lucide sur son ambivalence (« Et les rires aux sanglots/La mer se désenchante »). Ce « désenchantement » rappelle discrètement le thème, constant dans l’univers de Jacques Brel, de l’innocence magique du monde de l’enfance dont la sortie, lors du passage à la conscience réfléchie, s’accompagne d’une amère désillusion (« D´autres chants/Que ceux que la mer chante/Dans les livres d’enfant »).
Cette amertume devient même animosité par le truchement d’un « Mais » (v.56) qui met en cause, d’une manière inattendue et violente, l’éternel féminin (« Les femmes toujours « ) qu’il se refuse à considérer être « l’avenir de l’homme. » (2), à rebours de ce que chantait alors Jean Ferrat en citant Aragon.
Nonobstant cet éclat misogyne sur la nature féminine et après l’ultime répétition du leitmotiv de la chanson, les quatre derniers vers célèbrent une autre figure féminine dont la vision exalte, cette fois, jeunesse, amour, beauté - comme autant de signes d’espoir et de vie ? On notera pourtant que ces traits avenants tels qu’ils sont mentionnées définissent le seul physique : la jeunesse (« Demoiselle »), la sensualité (« à deux doigts d’être nue ») et la nouveauté (« inconnue »), comme si Brel ne retenait, chez la femme, que ces critères-ci. »

- « Les Marquises est le treizième et dernier album studio de Jacques Brel, sorti en 1977.
Premier album de l'artiste en dix ans à contenir des chansons inédites, Les Marquises est une sorte de testament musical puisque Brel, au moment de l'écriture et de l'enregistrement, se sait condamné par la maladie. »
Le ton de l'album se révèle sombre, traitant de la mort et la vieillesse, et seul Les Remparts de Varsovie, se distingue par son apparente légèreté. Le titre Les F… (connu également sous le titre Les Flamingants), que l'auteur qualifie de « chanson comique », s'en prend aux nationalistes flamands, comme il l'avait fait dix ans auparavant avec La la la..., et provoque un scandale7,8. »
nous explique wikipedia

- Enfin, dans le livre de Paul-Robert Thomas, un médecin qui connut Jacques Brel aux Marquises et qui y retranscrit leurs conversations quotidiennes, narre simplement page 96 de notre édition :
«Ses tours de chant étaient l’occasion provoquée d’une parade de mâle ; un acte de séduction. […] Les femmes étaient pour Brel un gouffre à sentiments : « mes mots s’y noient… Si l’homme est un nomade, la femme est un puits. Mais leur rafraîchissement n’est qu’un miroir aux alouettes, un mirage… »
[…]
Au contraire d’Aragon, il ne croit pas que la femme soit l’avenir de l’homme.
- Devant les femmes il nous faut une armure. Elles se prennent pour Jeanne d’Arc et nous pour les Anglais. Elles se croient à Orléans. Elles ont la science de la ruse. Des braconnières de grands chemins. »
Disponible à la bibliothèque au département musique..
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