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Marc-Antoine Damnatio memoriae

par sabz, le 28/10/2017 à 22:04 - 281 visites

Bonsoir le guichet ,

dans le cadre de mon prochain livre, je parle de Marc-Antoine et de ce qu'il s'est passé après sa mort. Je voudrais être certaine d'une information que je pense écrire : le fait qu'il ai subi ce qu'on appelle une damnatio memoriae de la part d'Octave. Je voudrais vérifier que ce que je dis est juste (Octave a fait effacer son nom des monuments publics, détruire les statues le représentant et même le jour de sa naissance est devenu maudit. Ainsi que le fait que prononcer son prénom en public était interdit).

Pouvez-vous m'aider à être certaine ?

merci d'avance.

Bonne soirée

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 31/10/2017 à 17:45

Bonjour,

En introduction à la vie de Marc-Antoine, vous pouvez consulter l’article de Joël Schmidt, ANTOINE ou MARC ANTOINE, lat. MARCUS ANTONIUS (-83--30) sur l’Encyclopaedia Universalis en ligne, accessible dans son intégralité dans les locaux de la bibliothèque, ou à distance pour nos abonnés.

Vous trouverez de nombreuses informations tout à fait fiables sur cet empereur romain dans les ouvrages d’historiens spécialistes de la période comme Yann Le Bohec, Monique Jallet-Huant, Pierre Cosme.

Défait lors de la bataille de Modène, Marc-Antoine, en fuite, est déclaré ennemi public par le Sénat le 27 avril 43 suite à différents discours de Cicéron, notamment la XIVe Philippique. S'ensuivront de nombreux conflits avec Octavien jusqu'au suicide de Marc-Antoine en 30.

- Sur le site Persée, accessible à tous, l’article de J.-M. Pailler et R. Sablayrolles vous donnera les premiers éléments sur la notion de damnatio memoriae. Vous pourrez y lire : « Au sens strict du terme, la damnatio memoriae est une peine qui frappe le coupable au-delà de la mort, une peine souvent qualifiée comme ignominia post mortem. Certes, les sources juridiques antiques donnent en plusieurs passages de cette condamnation une définition précise4, mais la constitution progressive du droit romain en la matière rend l'appréciation difficile si on veut distinguer ce qui faisait partie de la définition originelle de ce qui constituait des ajouts ou des annexes postérieurs à l'état primitif. Il semble acquis que, seuls, les coupables convaincus de crime contre l'Etat (perduellio ou, plus tard, causa maiestatis) pouvaient encourir une peine aussi sévère, même si avec le temps d'autres types d'accusations purent valoir au coupable le même genre de peines5. L'essentiel du châtiment post mortem consistait dans la suppression du souvenir du défunt Π y avait divers degrés derrière cette définition large : destruction des statues, martelage des inscriptions et archives officielles ou même eradication des acta privés, interdiction à la gens de porter le deuil, de conserver l'imago du défunt ou même d'utiliser dans la descendance son praenomen ou son cognomen. Cet arsenal de mesures s'était constitué petit à petit avec le temps, et on pouvait y puiser plus ou moins largement suivant les circonstances. »

Sur ce même site, vous trouverez la notion de damnatio memoriae traitant précisément de l’exemple de Marc-Antoine dans un article très érudit de Stéphane Benoist, intitulé : MARTELAGE ET DAMNATIO MEMORIAE, UNE INTRODUCTION : « Un point de départ « obligé » des nombreuses recherches récentes sur le sujet à propos de la damnatio memoriae offre une illustration parfaite de la complémentarité des sources, littéraires comme l'envisagent notamment Maria Bats et Roland Delmaire, et épigraphiques : il s'agit de la condamnation de la mémoire d'Antoine à partir de 30 avant notre ère, à l'annonce du double suicide de ce dernier et de Cléopâtre à Alexandrie. Appien rapporte le vote au Sénat à une voix contre de la désignation d'Antoine comme hostis publicus, tandis que Plutarque signale la destruction de sa statue et l'annulation des honneurs qui lui avaient été votés, indiquant que ces décisions furent prises sous le consulat du fils de Cicéron (entre le 13 septembre et le 1er novembre 30). Par ailleurs, Dion Cassius précise que le martelage de son nom est intervenu dès l'annonce de la victoire d'Actium, un an auparavant ; ceci permet incidemment de rencontrer le problème de la distinction nette entre procédure officielle et mesures spontanées à propos desquelles notre sénateur bithynien pouvait, sous les Sévères, trouver des échos en période de crise. »

Enfin l’article de Virginie Hollard et Emmanuelle Raymond intitulé Se souvenir qu’il faut oublier : Marc Antoine et l’art de l’oubli augustéen vous apportera toutes les informations nécessaires à la rédaction de votre ouvrage.

En effet, lorsque l’on se lance dans l’écriture d’un livre, on ne peut faire l’économie d’un important travail de documentation et de vérification de ses sources.
En espérant vous avoir aidée, si ce n’est à être « certaine », du moins à être « exacte », nous vous souhaitons un bon travail !

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Marc-Antoine martelé
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