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ampleur des grèves à lyon en 1936
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lf69100 [ 20/03/2018 à 00:35 ]

Pourriez-vous donner quelques précisions sur l'ampleur des grèves à lyon en 1936 ?
Quelles furent les plus reparquables ?
Merci de ce que vous pourrez faire.

Réponse attendue le 23/03/2018 - 00:03


bml_reg [ 22/03/2018 à 11:27 ]

Réponse de la Documentation régionale


Bonjour,

Dans l'ouvrage Le Front populaire à Lyon et dans le département du Rhône (Association Rhône 89 Cahiers de Rhône 89 ; n°18, 1996), Maurice Moissonnier s'est notamment intéressé à Lyon. Il indique qu'avant juin 1936, les ouvriers de l’entreprise T.A.S.E. ont fait grève dès 1935 et les métallurgistes des usines Berliet à partir de mars-avril 1936.

Par la suite :
« Le lundi 8 [juin], 300 ouvriers d’Hartaut-Ghiglione, rue Sully, occupent l’entreprise à partir de 14 heures. Le 9, c’est la Somua, 146 boulevard Victor Hugo (7000 ouvriers), les établissements Milliat Frères à Vaise, la poudre Nab, toujours à Vaise, quai Arloing, Conchon-Quinette rue de la Buire, où la direction se montrera particulièrement tenace dans sa résistance. La société lyonnaise de cardage et de filature, rue de la Rize se montre plus souple : ou bout d’une heure d’occupation, la direction accorde 50 centimes de l’heure et de meilleures conditions de travail et de salubrité. La direction des compteurs Garnier, chemin Feuillat fait de même au bout de 48 heures de grève. »

A partir du 10 juin, les ouvriers de Berliet reprennent la lutte.

« La liste est longue des établissements occupés à partir de cette date. Sans être exhaustifs, retenons quelques-uns : Electrodes, Maréchal, Brondel, les fonderies Roux, Moulaire, Thiébault, Vignon-Molade, la Somua, Carnaud, les conserveries Lanzbourg, les usines Gillet, Saint-Gobain, J.B. Martin, les brasseries Rinck, Winckler, Royale, les biscuits Vignal à Vaise, le fil Dynamo à Villeurbanne. Le 16 juin, le journal Lyon Républicain annonce 90 usines occupées par plus de 15 000 travailleurs. Et le mouvement s’amplifie les jours suivants atteignant l’O.T.L. (Office des Transports de Lyon) dont les dépôts sont tous contrôlés par le personnel en grève.
Selon les sources, les statistiques varient, mais un peu : en ce qui concerne les rapports préfectoraux, fin juin, le texte envoyé au ministère chiffre le nombre des grèves à 505 touchant 69 085 ouvrières et ouvriers, dont 442 accompagnés d’occupation d’usines. Les brouillons préparatoires dénombraient, à la fin juin, 407 établissements en grève pour 60 981 grévistes. Le 26 juin, un note évaluait à 40 000 les grévistes ayant repris le travail et à 25 000 continuant la lutte. Le 6 août, enfin les comptes du préfet Bollaert portaient à 71 000 le total des grévistes. »
« Parmi les quotidiens lyonnais, Lyon républicain est celui qui est le mieux informé sur ces événements, avec l’hebdomadaire communiste La Voix du Peuple. »

Maurice Moissonnier a notamment étudié les sources d’archives (Archives départementales du Rhône : 4 M 236).

D’autres documents à la Bibliothèque sur ce sujet :
- Espace social et espace politique : Lyon à l'époque du Front Populaire de Jean-Luc Pinol
- Les élections du Front populaire à Lyon, article in Bulletin municipal - Lyon ; 22 mai 2006, p. 1-2
- Lyon les traboules du mouvement ouvrier, collectif
- Forging political identity : silk and metal workers in Lyon, France 1900-1939 de Keith Mann.

Réponse attendue le 25/03/2018 - 12:03