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Euro

par djinn illiberis, le 10/06/2018 à 13:02 - 165 visites

Bonjour
Quels sont les arguments de ceux qui affirment que l'euro profite grandement et seulement à l'Allemagne ?
Merci

Réponse du Guichet du savoir

par bml_soc, le 14/06/2018 à 12:30

Réponse du département Société :

Effectivement, l’Allemagne a été et est encore le pays qui a largement profité de l’introduction de l’euro. L’économie allemande est florissante avec une croissance du PIB à 3 %, un chômage de 3,6 % chez les moins de 40 ans et un surplus commercial record qui frôle les 300 milliards d’euros. La première à reconnaître les bienfaits de la devise européenne est la chancelière Angela Merkel : "En tant que nation exportatrice, l'Allemagne a tout particulièrement profité de l'euro. Ceci vaut non seulement pour les grandes entreprises mais aussi pour les PME", disait-elle en 2011.

Quelles sont les raisons de ce succès ?


Un statu quo généralisé en Europe évite la constestation. En effet, les pays européens pourraient mutualiser leurs moyens et transférer certaines ressources aux pays de la périphérie. Au lieu de cela, l’Italie est muette et la France essaye timidement de faire entendre sa voix. L’Allemagne ne tient pas à aider ses voisins et à réformer la zone euro. L’industrie allemande profite de la robuste reprise du marché intérieur européen en faveur de ses exportations, qui sont réalisées à des tarifs extrêmement compétitifs. Alors que le Deutsche Mark faisait partie des monnaies refuges, tel le franc suisse actuellement, l'euro est également moins susceptible de s'apprécier fortement sur le marché des changes. "Et par conséquent, les produits exportés bénéficient d'avantages compétitifs", estime Frank Mattern, directeur de McKinsey Allemagne
L’industrie allemande bénéficie d’une forte implication dans le marché intérieur européen grâce à ses exportations, qui sont réalisées à des tarifs compétitifs. L’absence de taux de change et des assurances change, la stabilité des échanges et l’absence de risques garantissent à l’Allemagne, un euro fort. Ce pays a su conserver son industrie lourde : machines-outils, chimie, poids-lourds, voitures ce qui lui permet d’exporter plus qu’elle n’importe. Son marché extérieur est donc excédentaire.
Néanmoins, l'économie allemande ne doit pas tout à l'euro. L'Allemagne, qui ne dispose pas de salaire minimum généralisé, aurait surtout profité de ses efforts pour contenir les salaires. Pendant des années, les syndicats ont accepté la modération salariale pour préserver des emplois menacés de délocalisation. En repoussant progressivement l'âge de la retraite, en réduisant l'indemnisation chômage et en diminuant les cotisations sociales, l'Allemagne a modéré ses coûts et surpassé ses voisins.

Quid de la France ?

Deux caractéristiques s’imposent à l’économie française : moins de production industrielle et un manque de compétitivité. Ainsi, la pharmacie, une des forces traditionnelles de l'économie française, a vu son excédent commercial se réduire de 2,7 milliards d'euros à 1,9 milliard en 2014. Des brevets importants sont arrivés à échéance l'an passé et la France a aussi importé des traitements contre l'hépatite C très chers. De même, l'agroalimentaire a vu son excédent baisser en 2014. Les exportations de céréales ont chuté en valeur en raison de la baisse des prix. A l'inverse, le secteur aéronautique et spatial a vu ses exportations grimper de 2,5 % l'an passé, tout comme la chimie. Plus surprenant, les ventes de textile et d'habillement à l'étranger ont crû de 4,6 %.
Cependant la France a également bénéficié des avantages de l’euro. C’est la monnaie de la première zone d'exportation au monde (350 milliards d'excédent courant). Cette crédibilité a apporté aux Français des taux d'intérêt très bas. La Banque de France a calculé que l'effet de convergence vers les taux allemands, les plus bas de la zone, a allégé les taux français de 1,5 point par rapport aux six années précédant le Traité de Maastricht. Les charges financières sur la dette publique (2 200 milliards) ont été allégées de 30 milliards et d'autant sur la dette privée.
Ainsi, l'euro a apporté à la France les avantages qui résultent de la stabilité. Notre commerce extérieur est à l'abri des fluctuations de change puisqu'il se fait pour moitié dans la zone euro ; 58 % des exportations hors zone euro sont également en euro.
De plus, l’euro a permis de conserver notre pouvoir d'achat. La Banque de France vient de rappeler que l'inflation a été limitée en moyenne à 1,5 % depuis l'euro, contre 4,4 % de 1980 à 1999. C'est bien parce que la monnaie a été confiée à une institution crédible, la Banque centrale européenne (BCE), qu'elle a conservé sa valeur.
Notre commerce est donc largement protégé des risques de change.

Les Echos.
La Dépèche.
Pour aller plus loin :
Medium.com.
La Dépèche.
It.businees.insider.com.
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