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provenance du cuir de maraoquinerie

par l'iguanodon, le 05/12/2018 à 08:32 - 110 visites

Bonjour, j'aimerais savoir d'où proviens le cuir que l'on utilise pour les chaussures. Est-ce qu'il provient de bêtes élevées pour cela, et si c'est le cas que fait-on de la viande ? Ou est-ce la peau des bêtes tuées pour leur viande qui est récupérée ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 06/12/2018 à 11:18

Bonjour,

Le site de l’Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes (INTERBEV) confirme que les peaux des animaux abattus pour leur viande sont récupérées pour être traitées et commercialisées (étape de la dépouille à l’abattoir) :

« Dépouille

Une fois l’animal mort, le cuir est séparé de la carcasse c’est ce que l’on appelle la dépouille.
Le cuir sera récupéré, traité puis commercialisé.
Les équipements de la chaine d’abattage sont adaptés au gabarit des animaux, et sont régulièrement nettoyés. »


La France produit plusieurs millions de peaux par an :

« Cuir et laine, prime à la qualité

Au niveau mondial, la demande en cuir et laine augmente fortement. L’industrie du luxe recherche des peaux de qualité au grain fin et sans défaut, et notamment celles de veau et d’agneau tandis que la laine profite des cours élevésdu pétrole peu favorables à la substitution par le synthétique et de la bonne tenue des cours du coton.
La France produit environ 3,5 millions de cuirs et peaux de gros bovins et 1,5 million de peaux de veaux et en est un exportateur net principalement vers l’UE (Italie en premier lieu) mais aussi l’Asie. Le commerce français est particulièrement dynamique dans le domaine des cuirs finis. Déjà bien positionnée sur les marchés de qualité, la France peut encore améliorer la qualité de ses cuirs (traitement antiparasitaire, parcours des animaux exempt d’éléments blessant..). »
Source : la-viande.fr


Mais en France, la peau appartient à l’abatteur et non à l’éleveur, qui n’est pas rétribué sur la qualité de la peau et ne s’en préoccupe donc pas. Cependant, même si toutes les peaux n’ont pas la même qualité (seules 10% peuvent être utilisées dans le secteur du luxe), aucune n’est jetée :

« Sacs Louis Vuitton, Hermès ou Chanel, chaussures Repetto ou J.M. Weston, vestes, gants, ou canapés en cuir, selles d’équitation… La maroquinerie française de luxe se porte et s’exporte bien. La France est d’ailleurs le premier producteur mondial de cuirs de veaux finis, mais la moitié des peaux utilisées par les tanneries sont importées.

En effet, sur les cinq millions de peaux de bovins qu’elle transforme chaque année, seulement 10 % sont de qualité supérieure, qualité convoitée par les maisons de luxe.

Cicatrices de fils barbelés

« C’est paradoxal. La France est le premier producteur de bovins d’Europe, mais les tanneries et les grandes maisons peinent à trouver des peaux indemnes de traces de blessures, de parasites ou de souillures », explique Charlyne Vincent, ingénieur cuir pour la sellerie Cwd et chargée de mission pour la Chambre économique de Dordogne.

« La demande en cuirs de premier choix est très soutenue, peu stable et les prix peuvent facilement s’envoler, poursuit-elle. Par exemple, une peau de veau brute de haute qualité atteint parfois une centaine d’euros en sortie d’abattoir. » La filière tend même à s’intégrer. Lvmh, Vuitton ou Hermès ont acheté des tanneries pour sécuriser leurs approvisionnements. Aujourd’hui, les 19 tanneries (bovins) et 26 mégisseries (agneaux, chèvres...) françaises réalisent leur chiffre d’affaires en bonne partie grâce au luxe, qui a relancé leur activité après des années 1980-1990 tendues.

« C’est un double marché avec d’un côté, les peaux de qualité, exploitées par les tanneries françaises, et de l’autre, celles de jeunes bovins et de vaches, souvent plus difficiles à valoriser et en majorité exportées, vers l’Italie notamment. Mais aucune peau n’est jetée », rassure Denis Geissmann, président du Syndicat général des cuirs et peaux.

Si le cuir de veau, le plus recherché, provient essentiellement des veaux de boucherie issus de troupeaux laitiers, les meilleures peaux, les plus fines et souples, sont celles des races à viande, en particulier des veaux sous la mère abattus vers six mois.

Les marques de luxe recherchent de préférence du cuir de veau uni pas trop gras, plus facile à teinter, et ont besoin de grandes pièces d’épaisseur constante, sans taches ni griffures.
Certains pays anglo-saxons, comme l’Irlande, informent et rémunèrent les éleveurs sur la qualité des cuirs. Les producteurs français, eux, ne sont pas payés pour les peaux et se préoccupent donc assez peu de leur état. « Pourtant, des conditions d’élevage adaptées permettent de limiter la plupart des défauts présents sur un cuir », fait remarquer Charlyne Vincent. »
Source : web-agri.fr


Notons que l’industrie du cuir est un marché mondial et il peut être difficile de connaître précisément la provenance des peaux utilisées pour la confection d’un produit donné, or la traçabilité est un enjeu éthique important.
C’est pourquoi le CTC (Centre Technique du Cuir) expérimente une technique de marquage laser pour améliorer la maîtrise de la chaîne :

« Les tanneries ne connaissent pas toujours l'origine des peaux qu'elles travaillent.
Mais les jeunes générations exigent de la transparence au nom du bien-être animal.


Des feuilles d'ananas pour faire des sacs, de la rhubarbe pour le tannage, des élastiques organiques... L'intérêt des consommateurs pour des solutions éthiques et durables ne cesse de monter et interpelle la filière luxe, notamment pour le cuir. « Il y a trois ans, ce sont des sujets dont on ne parlait pas. Aujourd'hui, le mouvement vegan et les associations ont des arguments qui résonnent auprès des jeunes générations », souligne Jean-Christophe Muller, vice-président de la Fédération française de la tannerie mégisserie (FFTM) et patron des tanneries Haas.

Alors que la maroquinerie est la principale source de revenus des groupes de luxe, la traçabilité des peaux devient une question centrale. Toutes les maisons réfléchissent à des solutions pour pouvoir donner un jour cette garantie. Car transparence et éthique sont des valeurs clefs pour les Millennials. « Le consommateur est perdu, il faut lui redonner confiance, relève Caroline Krug, directrice générale des tanneries Pechdo. Il doit pouvoir savoir si telle peau vient de France ou du Pakistan. »

Spécialisée dans les cuirs techniques (antifeu, lavable, déperlant...), Pechdo a fait le choix de se fournir en totalité en France. Mais le marché des peaux est mondial. Pour les ovins, l'Espagne est la référence, avec l'agneau entrefin, tandis que la France et les Pays-Bas remportent la palme de la qualité pour le cuir brut de veau. Les peaux de chèvres les plus appréciées viennent, elles, d'Inde, du Pakistan ou du Nigeria.

Marquage laser

« Un industriel français peut travailler avec des tanneries locales, sans savoir d'où viennent les peaux, sauf pour les maisons de luxe qui ont des cahiers des charges rigoureux », souligne Frank Boehly, président du Conseil national du cuir. Les circuits sont complexes. Un cuir brut, venu des Pays-bas ou d'Espagne, peut être exporté vers l'Italie, faire l'objet d'une opération de tannage, puis revenir pour une finition spécifique en France. La traçabilité de la ferme à la fabrication est donc essentielle pour une filière positionnée sur le haut de gamme.

« Il y a deux enjeux, celui du bien-être animal, c'est-à-dire s'assurer que l'élevage et l'abattage ont été faits dans de bonnes conditions, et l'amélioration de la qualité, relève Jean-Christophe Muller. Sans connaître l'origine des peaux qui sont vendues par lots de différents pays, nous ne pouvons pas avancer. »

Pour améliorer la maîtrise de cette chaîne, le Centre technique du cuir (CTC) a mis au point une technologie de marquage laser testée par les grands abattoirs depuis plusieurs mois. L'idée, s'appuyer sur ce qui a été fait pour le parcours de la viande depuis la crise de la vache folle. « Chaque animal a un code-barres inscrit sur les morceaux de carcasse. Notre outil permet de le reproduire dans les abattoirs sur la peau, et ensuite de le lire, via des logiciels chez les tanneurs, sans que les procédés de transformation ne l'altèrent », précise Thierry Poncet du CTC.

Quatre grands abattoirs ont fait l'acquisition de cet équipement, évalué à quelque 100.000 euros. Mais cette innovation, après cette première étape, doit franchir un cap industriel pour une mise sur le marché. « Si nous avons une longueur d'avance, nous devons rapidement intensifier les investissements », insiste le CTC. Un projet menacé par le projet de budget 2019 […].

La filière française estime que son système de traçabilité pilote fera un effet boule de neige, et s'imposera en Europe, notamment en Italie, réputée pour ses marques de luxe. La péninsule est aussi le premier pays européen pour les cuirs tannés, devant la France. »
Source : La traçabilité des cuirs est devenue un enjeu pour le luxe, lesechos.fr


Notons que si le bien-être animal est l’enjeu le plus problématique dans la traçabilité de la chaîne du cuir (voir les maltraitances dénoncées par PETA), à l’échelle mondiale les enjeux sont aussi sociaux et environnementaux comme l’explique Filipa Oliveira Machado dans son mémoire : Le cuir : entre luxe et scandale, comment les conditions animales peuvent-elles être transparentes ?


Bonne journée.
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