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Aller à la selle sans uriner ?

par Florent Paillard, le 09/04/2019 à 17:01 - 1390 visites

Bonjour,
J'aurais souhaité savoir s'il était possible d'aller à la selle sans uriner ?
Merci par avance pour votre réponse.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 12/04/2019 à 10:42

Bonjour,

Après rapide sondage auprès de quelques collègues, nous concluons qu’il est possible d’aller à la selle sans uriner, et ce pour des représentants des deux sexes. En revanche, ce ne serait pas le cas pour tout le monde (et, d’après notre échantillon très limité et très déséquilibré, ce problème concernerait plutôt certains hommes).

Malheureusement trouver des sources scientifiques confirmant ou expliquant ces observations est plus compliqué.

Notons tout de même la réponse tout à fait sérieuse apportée par une internaute sur Yahoo answers à la question est-il possible de faire caca sans faire pipi ? :

« C'est a priori biologiquement possible, les sphincters vésical et anal ne sont pas commandés par les mêmes centres nerveux (ce qui explique que l'on puisse uriner sans déféquer). Il reste que l'apprentissage de la propreté chez l'être humain privilégie le relâchement des deux muscles lors de la défécation.
Une hypothèse pourrait être la plus grande facilité à maîtriser le sphincter anal, les mictions étant effectivement bien plus nombreuses que les excrétions de matières fécales. »

Dans un entretien donné à parents.fr un urologue appelle synergie périnéale entre le sphincter urinaire et celui de l’anus le fait de faire marcher les deux sphincters en même temps.

Peut-être cet article contient-il des éléments de réponse : Physiologie sphinctérienne, sphincter anal, sphincter uréthral, anatomie, incontinence urinaire, incontinence anale, mais nous avouons humblement que pour l’essentiel son contenu échappe à notre compréhension.
En voici toutefois un extrait consacré aux interactions entre appareil vésico-sphinctérien (sphincter urinaire) et ano-rectal :

« Réflexes vésico-anaux

La miction, comme la distension vésicale, provoquent une disparition totale de l'activité électrique des sphincters striés de l'anus et de l'urètre. A l'inverse chez le sujet paraplégique, la miction induit une augmentation de l'activité électrique des deux sphincters qui constitue la dyssynergie vésico ou recto-sphinctérienne. De la même façon, chez l'homme normal, la dilatation anale inhibe la contraction du détrusor, mais la provoque chez l'Homme spinal [201]. Ces observations indiquent que la spinalisation libère des réflexes vésico-sphinctériens facilitateurs qui sont inhibés chez le sujet normal, pour lequel les relations entre la vessie et le sphincter anal externe sont principalement inhibitrices. L'inhibition sphinctérienne anale consécutive à la distension vésicale ou à la miction, résulterait du blocage de la voie noradrénergique facilitatrice descendante, et/ou le blocage d'une autre voie facilitatrice descendante, vraisemblablement une voie sérotoninergique. Les voies descendantes facilitatrices, qu'elles soient noradrénergiques ou sérotoninergiques, peuvent être bloquées au niveau spinal ou au niveau supra-spinal. Cependant, la distension vésicale entraïnant une modification de décharge des neurones du locus coeruleus, il est plus probable que l'inhibition soit supra-spinale [81]. La proximité des centres de commande de la motricité du sphincter anal externe et du sphincter externe de l'urètre [129] semble être à la base de ces relations motrices entre vessie et sphincter anal externe.

Il existe également des interactions entre la vessie et le sphincter anal interne. Chez l'homme, la réplétion vésicale a pour conséquence une élévation de la pression dans le canal anal. Après la miction, cette pression décroït et on observe une diminution de l'activité électrique du sphincter anal interne [204]. Chez le Chat, Bouvier a montré que la distension vésicale induit une augmentation de l'activité électromyographique du sphincter anal interne. Ces réflexes, qui font intervenir des neurones enképhalinergiques, se consomment en partie au niveau de la moelle lombaire et en partie au niveau du ganglion mésentérique inférieur [30]

Le Tableau II résume le rôle des afférences vésicales cheminant dans les nerfs pelviens et dans les nerfs hypogastriques. Les afférences à l'origine du réflexe inhibiteur intéressant la vessie et le sphincter anal externe empruntent les nerfs pelviens [17]. Les afférences à l'origine du réflexe intéressant le sphincter anal interne et le colon empruntent les nerfs hypogastriques [30]. Il est intéressant de noter que les réflexes à point de départ vésical qui concernent le muscle lisse (sphincter anal interne et le colon) à l'inverse de ceux qui concernent le muscle strié (sphincter anal externe) sont purement spinaux. Sur le plan fonctionnel, l'étude de ces réflexes a permis de déterminer les différents mécanismes à l'origine de l'alternance entre la miction et la défécation. Les contractions vésicales qui précèdent la miction entraïnent l'ouverture du sphincter externe de l'urètre, qui va permettre l'expulsion de l'urine et simultanément un relâchement du sphincter anal externe, qui compromet la continence fécale. L'augmentation de pression intravésicale provoque une contraction du sphincter anal interne [30] et une inhibition de la motricité colique. On peut donc en conclure que ce sont les muscles lisses, à commande involontaire, qui assurent la continence fécale durant la miction et qui sont à l'origine de l'alternance entre la miction et la défécation.

D'autres études effectuées chez l'animal ont mis en évidence des réflexes inhibiteurs entre le rectum et la vessie [168]. Ils ont ainsi montré que la distension rectale diminuait l'amplitude et la durée des contractions vésicales pour finalement les abolir [168]. Cette inhibition résulterait de l'inhibition d'un boucle spino-bulbo-spinale faisant intervenir des neurones GABAergiques et glycinergiques [168].

Les interactions entre appareil vésico-sphinctérien et ano-rectal soulignent l'intérêt de prendre en charge les troubles ano-rectaux fréquemment associés aux problèmes urinaires. »


En désespoir de cause, nous avons adressé votre question au service d’urologie du CHU de Bordeaux, et ne manquerons pas de vous transmettre sa réponse dès qu’elle nous parviendra.


Bonne journée.
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