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conflit d'Angola

par louna22000, le 19/04/2019 à 11:05 - 566 visites

Quel est le lien entre la guerre froide et la guerre d'Angola ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 23/04/2019 à 13:17

Bonjour,

Vous faites sans doute allusion à la guerre civile angolaise , selon universalis-edu.com « l'une des plus longues guerres civiles qu'ait connues l'Afrique (1975-2002) », « Une guerre nourrie à la fois par de profondes divisions sociales, culturelles et régionales au sein de la société angolaise, et par l'implication, tout d'abord, des deux blocs de la guerre froide, puis de divers acteurs de la communauté internationale. »

Il faut se rappeler que la lutte pour l’indépendance angolaise avait été menée, de 1961 à 1974, par trois organisations concurrentes, le MPLA (Mouvement populaire de libération de l'Angola), le FNLA (Front Le Front national de libération de l'Angola), et l’UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola). Et leurs choix d’alliances sont tout à fait opposés :

« Le FNLA bénéficie du soutien de l’Afrique du Sud, appuyée par les États-Unis, la France et la Belgique qui refusent de voir le marxisme-léninisme revenir en Afrique centrale après l’avoir freiné au Congo-Léopoldville comme nous l’avons déjà vu. Devant l’affaiblissement du FNLA, l’Afrique du Sud accorde son aide à l’UNITA. De son côté, le MPLA est soutenu par le camp anti-impérialiste [les Soviétiques et leurs alliés] ».

(Source : Antoine-Denis N’Dimina-Mougala, « • Les manifestations de la guerre froide en Afrique centrale (1961-1989) » in Guerres mondiales et conflits contemporains, 2009, consultable en bibliothèque sur cairn.info)

Le 11 novembre 1975, l’accession à l’indépendance « se fait sur fond de divergences entre les trois mouvements indépendantistes, qui ne sont jamais arrivés à s’entendre sur une stratégie et des programmes communs. En conséquence, l’émancipation politique de l’Angola ouvre une course au pouvoir entre les mouvements nationalistes qui embrase le pays. Le 11 novembre 1975, deux gouvernements sont mis en place : celui de la République populaire d’Angola avec le MPLA, et celui de la République populaire et démocratique d’Angola avec le FNLA et l’UNITA. »

C’est le début de la guerre civile.


L’indépendance angolaise arrivait à un moment particulier de la guerre froide, favorable aux Soviétiques :

« L’URSS profita de la paralysie des Etats-Unis après la crise du Watergate et la chute de Saigon en 1975 pour exploiter les possibilités ouvertes en Afrique par la révolution portugaise. […] Notons la répartition des rôles : les Cubains fournissaient les troupes […], l’URSS fournissait la logistique, les armes, les conseillers, les spécialistes (pilotes, tankistes, etc), l’Allemagne de l’Est envoyait des experts des questions de sécurité pour aider les nouveaux dirigeants à éliminer leurs opposants. […] Kissinger essaya de réagir à propos de l’Angola en 1975, mais le Congrès, dans l’atmosphère d’hostilité aux engagements extérieurs à l’époque, s’y opposa. »

(Source : La guerre froide [Livre] : 1943-1990 / Georges-Henri Soutou ; postface inédite)


C’est ainsi que le Sénat américain vota dès le mois de décembre 1975 une loi bloquant tous les financements d’opérations secrètes en Afrique, qui ne fut abrogée que dix ans plus tard, sous Ronald Reagan.

Il n’y a pas de consensus entre les historiens sur la question de savoir si l’URSS poursuivait en Afrique une politique d’expansion cohérente ou profitait seulement d’opportunités. Cependant, selon les sources que nous avons consultées, ce ne sont pas les dirigeants soviétiques mais Fidel Castro, qui soutient déjà le MPLA depuis l’indépendance avec l’aide des Soviétiques, qui fut à l’initiative de ce qu’on a appelé l’Opération Carlotta :

« Contre le MPLA, une première opération, appuyée par la CIA et le Zaïre de Mobutu, tente de prendre Luanda par le nord, tandis que du sud monte une colonne de blindés sud-africains avec le même objectif. Les chars Eland approchent de la capitale quand Fidel Castro lance l’opération « Carlota », du nom d’une esclave noire qui avait mené une insurrection à Cuba en 1843. Des conseillers cubains débarquent et les armes fournies par l’URSS suivent. Luanda ne tombera jamais. Entre octobre 1975 et avril 1976, plus de 30 000 Cubains sont envoyés dans le pays.

Fidel Castro a gagné un pari : celui de se trouver au centre d’un épisode majeur de la guerre froide. Ses troupes ont sauvé un pouvoir ami et fait la démonstration que les forces de l’Afrique du Sud sont vulnérables. »

(Source : [ur=https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/28/en-afrique-la-petite-cuba-s-est-donne-un-role-planetaire_5039365_3212.html] lemonde.fr [/url])

Si ce contexte qui a permis l’installation du MPLA au pouvoir, et l’accession de son leader Agostinho Neto à la présidence, l’opposition de l’UNITA ne cessa pas avant la mort de son fondateur Jonas Savimbi, et jusqu’à 2002 le MPLA ne s’imposa jamais sur l’ensemble du territoire. Le conflit prit un nouveau tournant dans les années 1980 avec un retour de l’impérialisme américain :

« Guerre de guérilla à ses débuts, le conflit angolais du milieu des années 1980 ressemble plus à une guerre conventionnelle, tant les moyens militaires des deux camps sont importants, surtout après que le gouvernement américain de Ronald Reagan a levé, en 1985, l'interdiction de vente d'armes à l'Angola. Les affrontements s'étendent à l'ensemble du pays. Dès 1988, pourtant, la détente dans les relations est-ouest et l'essoufflement du régime d'apartheid en Afrique du Sud permettent une première tentative de règlement du conflit angolais. Une solution, dite liée, se dessine, en effet, entre les divers protagonistes, et l'Afrique du Sud accepte d'octroyer l'indépendance à la Namibie en 1990, en échange de la garantie du retrait des troupes cubaines d'Angola. Poussés par leurs alliés respectifs, le M.P.L.A. – qui, en 1990, abolit officiellement le système de parti unique et autorise le multipartisme – et l'U.N.I.T.A. acceptent également de négocier. Les pourparlers débouchent sur un accord de paix signé le 31 mai 1991, à Bicesse, dans la banlieue de Lisbonne. »

(Source : universalis-edu.com)

Le dernier grand épisode guerrier de la guerre froide, la bataille de Cuito Cuanavale, eut lieu en 1988. Cette bataille, qui mit en présence 40 000 soldats (le MPLA avec ses alliés soviétiques et cubains contre l'UNITA appuyée par la CIA et les Sud-Africains, eut une issue incertaine, chaque camp revendiquant la victoire. Mais les négociations qui suivirent, "sous l’égide de l’URSS et des États-Unis", eurent de grandes répercussions, puisqu'elles furent à l'origine de l'indépendance de la Namibie, et un des déclencheurs de la fin de l'apartheid. Pour ce qui est de l'Angola, les accords signèrent la fin de la présence cubaine sur le territoire.

(Source : jeuneafrique.com)

A cette époque, Mikhaïl Gorbatchev, au pouvoir depuis 1985, mettait "fin à la surexpansion impériale de l'URSS". Soviétiques et Américains se retirèrent à leur tour.

(Source : Dictionnaire d'histoire politique du XXe siècle [Livre] / Christian Hocq)

Pour aller plus loin :

-Angola 20 ans de guerre civile [Livre] : une femme accuse / Dia Kassembe

-Histoire de l'Angola : de 1820 à nos jours / David Birmingham ; traduit de l'anglais par Gérard Siary ; illustrations Alex Gozblau

-Força Angola [Livre] : témoignages pour l'Histoire / Daniel Ribant

-Emission « L’indépendance de l’Angola et la Guerre froide » sur franceculture.fr

Bonne journée.
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