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Désherbants et acides
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Fromon [ 17/05/2019 à 01:16 ]

La composition des nouveaux désherbants, post-glyphosate, précise soit "acide pélargonique", soit "acide acétique" (vinaigre dit blanc, cristal, d'alcool ou ménager). Ils semblent avoir les mêmes effets : ils détruisent la cuticule des feuilles, ce qui provoque leur dessèchement, mais n'attaquent aucunement les racines (ainsi, les "mauvaises herbes" repoussent peu après le traitement). Ces Roundup et autres Fertiligène avec acide pélargonique sentent tellement le vinaigre que la différence, pour moi, n'est pas évidente. Pourriez-vous, s'il vous plaît, m'éclairer sur ce qui diffèrencie et ce qui rapproche ces deux acides ? Avec mes remerciements anticipés.

Réponse attendue le 21/05/2019 - 01:05


gds_et [ 17/05/2019 à 17:30 ]

Bonjour,

Voici les précisions que nous trouvons dans diverses sources à propos de ces deux produits :

« Depuis quelques années, des désherbants «bios» à base de molécules organiques ont fait leur apparition sur le marché. C'est le cas de l'acide pélargonique ou nonanoïque, une substance aux effets herbicides naturellement sécrétée par le géranium (ou pélargonium, d'où son nom). Ou de l'acide acétique que l'on retrouve dans le vinaigre mais qui agit à très faible dose (quelques dizaines de grammes par litre) grâce à l'ajout d'un tensio-actif qui lui permet de s'étaler en fine couche sur le feuillage.
Ces deux substances que l'on retrouve aujourd'hui dans un grand nombre de spécialités commerciales agissent par contact en détruisant la cuticule cireuse qui recouvre, comme une peau, les tiges et les feuilles des plantes. Privées de cette protection, ces dernières se dessèchent et meurent en quelques heures sous l'effet des rayons ultraviolets solaires.
Comparé aux désherbants systémiques dont la matière active (glyphosate, diflufénicanil, 2,4-D...) est véhiculée par la sève jusqu'aux racines, l'effet est immédiat et spectaculaire. À condition de traiter par temps sec et ensoleillé, à une température d'au moins 15°C, la surface est nettoyée en quelques heures alors qu'il faut parfois attendre 10 à 15 jours avec un sytémique. »
Source : lefigaro.fr

« Arnaud Clugery considère que ces alternatives ne sont "pas d'une grande efficacité". "On n'obtient pas de meilleurs résultats qu'avec de l'eau chaude ou du vinaigre", avance-t-il. Ce que confirme Jacques Le Verger, ingénieur agronome à Loudéac, qui développe sa propre formule de désherbant naturel : "Ils ne remplissent pas leur fonction de désherbage. Ils attaquent le système foliaire, empêchant une bonne photosynthèse de la plante. Mais comme il n'y a pas d'action sur le plan racinaire, la plante va redémarrer de plus belle".
Un Roundup "nouvelle formule" à base de vinaigre. Face à ce mauvais coup de pub contre le glyphosate, Monsanto a d'ailleurs dégainé récemment un Roundup "nouvelle formule", qu'on peut acheter en libre service. Selon l'association 60 Millions de consommateurs, ce nouveau produit "embrouille tout". Car il faut retourner le produit et consulter la liste des ingrédients pour découvrir que le glyphosate a disparu pour laisser place à de l'acide acétique, constituant du vinaigre. Et selon l'association de consommateurs, "Monsanto vend le nouveau Roundup au même prix que l’ancien. Soit plus de 34 € le bidon de 3 litres". Ce qui peut paraître cher si l'on compare au prix d'un vinaigre blanc alimentaire, même si ce Roundup est constitué d'adjuvants maison censés le rendre plus efficace.
Face à ce nouveau produit, Arnaud Clugery se contente d'émettre un doute : "Le client peut faire un comparatif entre du vinaigre et ce Roundup et voir lequel est le plus efficace". Et conclut : "Le meilleur désherbant est celui qu'on n'utilise pas. Il faut privilégier des techniques préventives : les plantes couvre-sol, le paillage ou simplement accepter de voir l'herbe pousser". »
Source : letelegramme.fr

« Fini les produits de synthèse, vive la chimie verte. Des solutions de substitution ont fait leur apparition, mais ils sont composés d’acides acétique ou pélargonique et leur innocuité est très controversée. Le premier, c’est du vinaigre, tout simplement. Quant à l’acide pélargonique, ou nonanoïque, c’est un acide gras qui tire son nom du pélargonium, mais qui est fabriqué à partir d’huile de colza. Ces désherbants alternatifs issus de la chimie verte n’ont pas que des avantages. Fortement irritants, ils doivent être utilisés avec précaution. Ils agissent par contact en provoquant le dessèchement rapide de la plante et le résultat est visible quasi immédiatement. Ces produits sont biodégradables en quelques jours. L’inconvénient, c’est qu’il est souvent nécessaire de renouveler l’application sept et quatorze jours plus tard.
« Toutes nos formulations sont homologuées, précise Julien-Bernard Brunel, chef de produits de la gamme désherbants chez Scotts (Fertiligène, KB…). Mais il faut désormais avoir une autre approche du désherbage. Il est nécessaire d’éduquer le jardinier. Il devra être de plus en plus préventif. Nos produits sont efficaces à condition d’être utilisés sur des herbes très jeunes et à une température modérée (+ 15 °C). Et il faut absolument respecter les dosages prescrits. C’est un élément sur lequel nous faisons beaucoup d’efforts. Nos produits sont livrés sous forme de tubes prédosés ou dans des bidons autodoseurs. » Pour lui, désherber aujourd’hui, c’est mettre en œuvre plusieurs procédés (manuels, thermiques, chimiques) en fonction de la situation et de la surface à traiter. »
Source : leparisien.fr

« Composition

Pour rappel, un pesticide se compose d'une (ou plusieurs) matière active qui donne l'effet poison et d'adjuvants (ou co-formulants) qui en accentuent l'efficacité(conservateurs, mouillants, pénétrants...). Il n'y a que 5 matières actives utilisés pour la fabrication des désherbants d'origine végétale. La plupart d'entre elles sont des molécules présentes dans l'environnement et reproduites à l'identique par chimie de synthèse.

L'acide acétique

Très connu pour être avec l'eau le composant du vinaigre ; selon sa concentration, les risques liés à son usage varient. À 10%, il ne produit qu'une irritation cutanée modérée, tandis qu'à plus de 80% les lésions sont importantes1. Les désherbants qui en contiennent ont une concentration qui varie de 6 à 10% en acide acétique ;contre 8 à 10% pour le vinaigre alimentaire.

L'acide pélargonique

Cet acide gras est extrait du géranium ou grâce à la chimie verte à partir d'huile de colza (méthode la plus répandue). C'est un produit irritant. Il peut causer de sévères dommages aux muqueuses s'il est ingéré.

[…] Ces […] matières actives agissent sur tous types de plantes par contact (ce ne sont pas des désherbants sélectifs). De plus, ils n'ont qu'une action foliaire, c'est à dire qu'ils ne détruisent que les feuilles (pas les racines). Ils ne sont donc pas plus efficaces que de l'eau chaude ou un outil.

[…] Au delà de la question sanitaire, ces désherbants sont aussi très couteux et leur utilisation se fait à des doses importantes par unité de surface. Si l'on se réfère aux informations de l'étiquetage, il faut compter a minima 100 ml de produit par m².
Source : Eau & rivières de Bretagne


Bonne journée.

Réponse attendue le 21/05/2019 - 17:05