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Accueil > communauté ancienne et nouvelle

communauté ancienne et nouvelle

par Jeya, le 22/05/2019 à 22:48 - 698 visites

Bonjour,

Je m'intéresse aux différences entre les communautés anciennes (Bénédictins, Chartreux,...) et les commuanutés nouvelles (Communauté des Béatitudes, Fraternité de Jerusalem, ...) de l'Eglise catholique.

Dans ce cadre-là, je cherche en vain des informations sur la provenance de ces appellations:

est-ce l'Eglise qui a trouvé ces termes ? Ou est-ce qu'il s'agit de termes employés par les historiens?

Je serais heureuse de bénéficier de vos lumières si vous pouvez m'éclairer sur le sujet.

Jeya

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 24/05/2019 à 12:41

Bonjour,

Pour les communautés "anciennes" que vous citez, leur nom trouve leur origine dans celui de leur fondateur ou en fonction du lieu où elles se sont implantées :

- Bénédictins :
" Sous le nom générique de Bénédictins (O.S.B., Ordo Sancti Benedicti, ordre de saint Benoît), on désigne les moines cénobites chrétiens, membres des nombreuses familles religieuses qui, au cours des siècles, ont pris pour loi fondamentale la règle de saint Benoît, composée au VIe siècle."
source : Universalis
Benoît meurt en 547. Considéré comme le père du monachisme occidental, il donne son nom à l'ordre des Bénédictins. Sa Règle des moines est diffusée par Grégoire le Grand, pape de 590 à 604.
source : BNF

- Franciscains :
" On peut appeler « Franciscains » l'ensemble des religieux qui suivent la règle de saint François d'Assise, qu'ils soient, selon les dénominations françaises, conventuels, franciscains ou capucins." [...]
L'Église, qui cherche sa réforme intérieure sous l'impulsion d'hommes tels qu'Innocent III et Hugolin (le futur Grégoire IX), utilise le dynamisme de François et des siens pour en faire un des moyens de cette réforme. Il en va sensiblement de même avec saint Dominique et sa fondation, inséparable de l'initiative franciscaine. Ainsi, du vivant même de son initiateur, l'ordre franciscain amorça son évolution. La règle définitive est approuvée par Honorius III le 29 novembre 1223 ; trois ans plus tard, dans son Testament, François témoigne déjà de sa propre nostalgie des origines.
source : Universalis

- Dominicains :
" Dominique Nuñez de Guzman (en espagnol Domingo Núñez de Guzmán), né vers 1170 en Espagne dans un milieu aisé et mort le 6 août 1221 à Bologne, est un religieux catholique, prêtre, fondateur de l'ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l'Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique."
source : Wikipedia

- Chartreux :
" Au mois de juin 1084, l'évêque de Grenoble, saint Hugues, conduisit dans une petite vallée du massif de la Grande-Chartreuse sept compagnons qui lui avaient demandé un endroit propice à la vie solitaire. [...]
Dans aucun ordre religieux, le cadre n'a une importance aussi grande que chez les Chartreux. À la Grande-Chartreuse, comme dans toutes les anciennes maisons de l'ordre, les moines constituèrent, avec une inlassable persévérance, le « désert », une des caractéristiques de leur organisation primitive.
Autour du vaste domaine qu'ils désiraient occuper, les Chartreux traçaient des limites, à l'intérieur desquelles ils revendiquaient le privilège exclusif de racheter toutes les terres, en restreignant dès le principe les droits des propriétaires ; ils s'engageaient, en revanche, à ne rien acquérir hors de ces limites. "
source : Universalis

- Cisterciens :
" La toponymie de l’alleu Cistercium, Cîteaux, qui remplaça le nom de novum monasterium dans les chartes vers 1120, est incertaine et pourrait trouver trois explications ; celle du latin cisterna, qui signifie marais ou terrain marécageux et renvoie à la nature géographique du site où s'installe l'abbaye6 ; celle du site qui se trouvait « en deçà de la troisième borne milliaire » cis tertium lapidem miliarium, sur la vieille voie romaine qui reliait Langres à Chalon-sur-Saône, ou celle qui viendrait du nom de « cistels », roseaux qui selon la légende poussent en abondance sur le site marécageux. "
source : Wikipedia


La communauté des Béatitudes a initialement porté le nom de "Communauté du Lion de Juda et l’Agneau immolé". Son site officiel explique :
" Le premier nom de la Communauté fut Le Lion de Juda et l’Agneau immolé, le lion étant l’emblème de la tribu de Juda, l’une des douze tribus d’Israël, dont descend le Christ.
En effet, « dès les premiers moments de vie commune se sont imposés à notre méditation les deux visages de Jésus : Lion et Agneau, force et faiblesse, Dieu-Fort, Tout-Puissant et petit enfant ; vie abondante et anéantissement.
Mort qui vainc la mort pour ouvrir les portes de la vie éternelle.
Unie à celle de l’Agneau de Dieu, notre oblation silencieuse triomphe dans la victoire du Lion de Juda sur toutes les puissances du mal. Et même s’il Lui plaît de nous révéler un visage plutôt qu’un autre, nous ne devrons jamais les dissocier dans notre foi et notre adoration. » (Livre de Vie, n°3).
En 1991, la Communauté change de nom pour prendre celui de Communauté des Béatitudes plus facile à porter dans la diversité des cultures où elle s’est implantée, et pour manifester son désir d’une plus grande ouverture aux pauvres.
Les deux visages du Christ, Agneau, pauvre, doux et humble dans sa Passion et Lion victorieux de la Croix, restent bien au cœur du message des Béatitudes. C’est pourquoi la Communauté a gardé comme emblème ces deux figures du lion et de l’agneau. "
source : site officiel

Attention, cette communauté est surveillée par la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) pour cause de dérives sectaires.

Concernant le choix du nom des Fraternités monastiques de Jérusalem :
" Le choix de Jérusalem est expliqué dans le Livre de Vie des Fraternités monastiques de Jérusalem :
« Parce que Jérusalem est la ville donnée par Dieu aux hommes et bâtie par les hommes pour Dieu, devenant en cela la patronne de toutes les villes du monde, et que ta vocation est d’être citadin, tu es moine et moniale de Jérusalem. » § 1614.
« Veille à garder aussi en ton cœur un vrai souci de communion avec tous les fils d’Abraham, juifs et musulmans, qui sont comme toi des adorateurs de l’unique Dieu et pour qui Jérusalem est également une Ville sainte. » § 1745. "

Le fondement spirituel de ces nouvelles communautés est tourné vers le judaïsme et Israël. C'est ce que nous indique Olivier Landron dans son ouvrage Les communautés nouvelles : nouveaux visages du catholicisme français dont voici un extrait :

" Les communautés nouvelles ont manifesté un intérêt particulier pour le judaïsme et la Terre sainte. Cette attirance pour la religion juive avait comme fondement le retour aux sources du christianisme. Cette tendance s'est concrétisée, pour beaucoup de communautés, par la volonté d'approfondir davantage les textes de l'Ancien Testament. Cela fut surtout vrai pour les communautés charismatiques. Elles se sont inscrites dans la dynamique du concile Vatican II, lequel mit l'accent sur une unité profonde entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Par ailleurs, un nombre important de fondations a choisi un nom se référant à l'Ancien Testament. Parmi celles-ci, on trouve des communautés religieuses comme Béthel, à Dijon, mais surtout des communautés de laïcs ou plus exactement « plurivocationnelles » qui se sont développées dans le courant charismatique.
On peut citer, par exemple, le Lion de Juda qui prit par la suite le nom de Béatitudes (Cordes), le Puits de Jacob (Strasbourg), le Buisson ardent (Roanne), l'Arche d'Alliance (Bordeaux) et le Rocher d'Israël (Le Mans). De plus, des communautés nouvelles n'ayant jamais fait partie du Renouveau charismatique ou s'en étant séparées ont pris des noms tirés de l'Ancien Testament. C'est le cas de Sichem (Malakoff), du Chêne de Mambré (Bagneux) et du Buisson ardent (Aveyron). Plus largement, certaines d'entre elles ont choisi un nom issu de la langue hébraïque, telles l'Emmanuel signifiant «Dieu avec nous», Ephata voulant dire « Ouvre-toi » (Normandie, Nord et Alsace), Magdala, Gennésaret, Béthania ayant pour signification « Maison du pauvre » et la Fraternité Abba dont la traduction est « Père » en français.
Plusieurs fondateurs se sont donné un nom juif pour montrer l'intérêt qu'ils portaient au judaïsme. On a l'exemple du fondateur1 des Béatitudes, Gérard Croissant, qui a pris le nom de frère Ephraïm. De son côté, Tiinde Szentes, à l'origine des Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean, a souhaité s'appeler mère Myriam.
Ces communautés nouvelles se sont situées dans un courant du catholicisme qui, déjà dans les années préconciliaires, souhaitait approfondir les sources hébraïques du catholicisme et qui marquait un nouvel intérêt pour les relations judéo-chrétiennes. "
Nous vous laissons poursuivre la lecture de ce livre.

A consulter également pour en savoir plus sur les communautés religieuses : Histoire des ordres et congrégations religieuses en France du Moyen Âge à nos jours / Sophie HASQUENOPH.

Bonne journée.
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