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ADDITIFS INCENDIE.
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LUDOVICUS [ 08/07/2019 à 21:21 ]

S.V.P.
Quelle est la nature exacte des additifs ajoutés à l'eau ,dans la lutte contre les incendies
dans les camions citernes ,mais aussi dans les canadairs. La neige carbonique est elle toujours utilisée ? merci.

Réponse attendue le 11/07/2019 - 21:07


gds_et [ 09/07/2019 à 14:55 ]

Bonjour,

Comme l’indique cet article du Parisien sur les produits largués par les canadairs, les additifs aériens et terrestres sont de deux types : les agents moussants et les retardants.

« Quels produits les Canadair larguent-ils sur les incendies ?
Pour résumer, on peut dire qu'il y a deux grandes familles. Premièrement, les agents moussants, qu'on appelle aussi de l'eau améliorée. C'est comme si vous jetiez une couverture sur le feu. Ca va le ralentir, car cela va l'isoler de l'oxygène. Ensuite, il y a les retardants, le liquide rouge que vous voyez tomber des Canadair. Ils élèvent le degré de pyrolyse des plantes, c'est à dire qu'au lieu de brûler à 400°C, elles le feront à 750 ou 800. Avec ça, les plantes vont aussi charbonner ; leur combustion ne va pas émettre des essences dans l'air, susceptibles de s'enflammer après.

Comment la Protection civile s'en sert-elle ?
L'agent moussant, c'est de l'eau avec seulement 1% de produit. Avec un bidon de 5 litres on peut très facilement alimenter une citerne de 400 litres pour une intervention terrestre. En l'air, ce sont les pilotes de Canadair qui décident d'injecter ou non du produit, lors d'un largage. S'ils le font, la réaction de l'eau, de l'agent moussant et de l'air va donner ces traînées blanches que l'on peut voir dans le ciel. Dans le cas du retardant, l'avion doit se réalimenter entre chaque passage. Là, le taux de dilution dans l'eau est de 20%.

D'où vient sa couleur rouge ?
De l'oxyde de fer, trouvable dans le sol du Sud-Est, que l'on met dedans. Ca n'est pas juste pour faire joli, ce sont les pompiers qui ont décidé d'employer cette couleur. Pour qu'il soit efficace, le retardant doit former une ligne continue. Les pilotes doivent donc le repérer facilement depuis les airs pour former un front avec leurs largages successifs et permettre au retardant d'agir.

Vous parlez d'action chimique, de quoi ce retardant est-il composé ?
Les produits largués suivent un cahier des charges très précis sur le plan écologique. Le retardant, c'est la Formule 1 des produits contre le feu et c'est composé de polyphosphate d'ammonium, que l'on retrouve dans les engrais des agriculteurs. Les produits sont testés et validés par le Ceren (Centre d'essais et de recherches de l'Entente pour la forêt méditerranéenne). »

Vous pouvez également lire cet article de cnews sur le même sujet : Pourquoi l'eau larguée par les Canadair est parfois rouge ?


Nous trouvons des informations complémentaires sur le site d’un fournisseur :

« Les retardants aériens : […]
Les produits retardateurs à effet long terme (communément appelés "retardants") ont une action chimique. Ils interviennent sur la réaction de la pyrolyse (dégradation thermique de la matière) en la contrariant et en protégeant la cellulose des végétaux par le déroulement d’une suite de processus chimiques complexes.
L’agent actif est un sel ignifugeant qui résiste à de hautes températures (alors que l’eau s’est depuis longtemps évaporée) et qui crée la durabilité de l’efficacité des retardants dans la lutte contre l’incendie.

Agents retardants sous forme liquide ou de poudre, spécialement conçus pour une action par largage aérien. Leur usage peut être préventif ou curatif (en attaque directe sur incendie en cours). […]


Les retardants terrestres : […]
Il s’agit d’agents retardants sous forme liquide, spécialement conçus pour une action au sol (projection / pulvérisation). […]

Les agents moussants : […]
Il s’agit d’agents moussants extincteurs conçus pour une action par largage aérien, ainsi que pour usage au sol. Ces produits s’utilisent uniquement en attaque directe sur les incendies de forêts.
Les moussants ont une action physique:
- Ils améliorent le pouvoir refroidisseur de l’eau et la pénétration dans le couvert végétal.
- Ils forment, lorsqu’ils sont largués ou projetés, un tapis de mousse de quelques centimètres. Etanche aux échanges gazeux, il relâche l’eau et les agents mouillants qu’il contient progressivement, entretenant ainsi l’humidification du végétal.
- Ils améliorent très sensiblement la rhéologie des largages.
L’effet des moussants s’estompe dès évaporation de l’eau. […] »


Pour les agents moussants, il existe plusieurs types d’émulseurs :

« Il existe deux sortes de mousses extinctrices, la chimique et la physique. La première est un mélange en proportions définies de plusieurs produits, la seconde est une émulsion issue de l’assemblage de bulles d’air enveloppées dans une paroi aqueuse.

La mousse chimique contient un acide, une base, un produit moussant, un gaz (CO2). La mousse physique, elle, contient de l’eau, de l’air et un émulseur. Improprement baptisée « neige carbonique », cette dernière est employée par les professionnels en situation d’attaque de feux « spéciaux » sur lesquels l’eau n’a que peu d’effets. La première est celle des extincteurs, et s’utilise dans de très nombreux cas d’incendies de classe A ou B (sauf s’ils concernent des alcools ou autres volatiles, éther, etc.). La seconde est celle des sapeurs-pompiers, qui s’en servent généralement sur les feux d’hydrocarbures, de pneumatiques, de certains produits chimiques, etc. Peu nocive pour l’homme, en regard de ses composants, elle développe des propriétés de blocage des vapeurs, solvants, toxiques, amoniques, acides.
Pour faire une bonne mousse, on prend la recette de la vaisselle : une dose de produit, de l’eau, de l’air, que l’on brasse énergiquement. Plus le mélange sera brassé, plus il sera léger, et donc plus le foisonnement sera élevé. A contrario, la mousse sera plus compacte si le dosage du produit est important, autrement dit concentré. […]

Les émulseurs

Comme il existe deux types de mousse, il existe aussi deux types d’émulseurs : les protéiniques et les synthétiques, qui ne doivent jamais être mélangés, et dont l’efficacité sera garantie par leur conservation à bonne température, dans des contenants adaptés. La propriété de ce fluide est de diminuer la tension superficielle de l’eau à laquelle il est mélangé, ce qui permet, comme le savon, la formation de bulles gazeuses.
Le premier type est constitué de protéines animales (poudres de corne, sabot, sang…) et est, en règle générale, adapté au bas foisonnement. Le second s’apparente à un détergent ménager, fait d’agents tensio-actifs hydrocarbonés, et concerne tous les types de foisonnement.

Un émulseur est qualifié de « polyvalent » (PL) lorsqu’il peut être utilisé pour tous les feux d’hydrocarbure + les feux d’alcool. La gamme se détaille en protéiniques standard (P), fluoroprotéiniques (FP), synthétiques standard (S), filmogènes AFFF (agents formant filtres flottants), filmogènes FFFP-AR (comme alcool résistant). La différenciation se fait surtout entre les actions sur les hydrocarbures ou sur l’alcool, les feux concernant ce produit et ses dérivés (esthers, buthyl, cétones, amines, etc.) appelés communément « polaires » par les professionnels, demandant un traitement spécial. Il faudra ici un émulseur capable de résister à la destruction par les flammes et la chaleur dégagée. »
Source : Les mousses extinctrices | Déterminer le bon emploi, infoprotection.fr


Bonne journée.

Réponse attendue le 12/07/2019 - 14:07