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Autodidactes

par Viince, le 27/08/2019 à 02:52 - 527 visites

Bonjour,
Y a-t-il des penseurs et savants qui ont valorisé l'incertitude et l'imprécision, l'inexactitude et l'approximation ?
Merci :)

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 29/08/2019 à 14:37

Réponse du Département Civilisation :

L’entrée « approximation » du Dictionnaire des notions philosophiques nous donne la définition suivante :
« l’approximation est ainsi un terme qui se nuance en deux acceptions divergentes : en un sens péjoratif d’approximatif qui désigne l’état d’une connaissance vague s’en tenant à l’à-peu-près, en un sens positif de connaissance approchée emprunté à la pratique mathématique et à celle des sciences expérimentales.. en ce sens la pensée se satisfait d’une précision calculée au plus près par un affinement continu de ses méthodes et de ses questions. L’approximation devient l’opération fondamentale du rationalisme qui accepte ainsi que la connaissance du réel soit précise sans être exacte.. »

L’histoire de la connaissance ne peut se concevoir sans l’idée d’approximation ou d’incertitude et de nombreux philosophes, s'ils ne les ont pas systématiquement valorisé, ont pensé la suspension du jugement (chez les sceptiques), le doute (Descartes) ou l’hypothèse (dans le champs de la philosophie des sciences entre autres), dans leurs recherches d’une vérité continuellement ajustée.
Voici donc quelques pistes bibliographiques autour des notions que vous évoquez ainsi que celles corollaires de vérité, de hasard et d' erreur :

Dans la collection « nouveaux regards » du Magazine Littéraire nous vous invitions à consulter le numéro intitulé « La fin des certitudes». Cet ouvrage reprend les grands courants de pensées érigés autour de la notion du doute comme construction d'une réflexion sur le réel.
Ainsi, vous trouverez un chapitre sur la suspension du jugement (épochè) chez les sceptiques (notamment chez Pyrrhon) qui à l’encontre de la logique et du rationalisme d’Aristote, pratiquent le doute et sont libres de toute affirmation de principe.

Vous pouvez également consulter sur le même sujet « Les cyniques et les sceptiques : l'art de la provocation et du doute » / Brigitte Boudon

Évidemment la question du doute se pose de façon accrue dans le Discours de la méthode de Descartes. Ceci étant, ce dernier vise par le doute méthodique un rationalisme absolu se basant sur une certitude mathématique (sur ce sujet nous vous renvoyons plus particulièrement au Règles pour la direction de l'Esprit). Certitude et déterminisme mathématique qui seront remis en question par Bertrand Russell et ses paradoxes logiques. Instituant un nouveau courant dans la philosophie de la connaissance, il remet, entre autres, en cause le principe d’induction.
Dans les Problèmes de philosophie publiés en 1912, Bertrand Russell fait l’éloge de l’incertitude comme fondement de la connaissance « c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. Celui qui ne s’y est pas frotté traverse l’existence comme un prisonnier…»
Nous vous renvoyons à ses ouvrages, disponibles à la BmL ainsi qu’à plusieurs essais sur la question :
- Bertrand Russell / Denis Vernant : « Il inaugura une nouvelle manière de philosopher consistant à recourir systématiquement à l'analyse pour repenser et, dans certains cas, résoudre ou dissoudre les questions traditionnelles de la philosophie : le sens, le jugement, la connaissance et la réalité »
- La philosophie mathématique de Bertrand Russell / Denis Vernant

En physique nous vous invitons également à vous pencher sur le "Principe d'incertitude" d’ Heisenberg qui revient sur la théorie des quanta de Planck. A lire également en ligne (et en anglais) «The Uncertainty Principle » sur le site « Stanford encyclopedia philosophy.

Citons également dans le domaine de la philosophie des sciences, les "Principes de médecine expérimentale" développés par Claude Bernard, insistent sur l’importance de l’expérience, de l’observation et de l’hypothèse en sciences. L’hypothèse relevant ainsi le caractère provisoire des théories scientifiques.

Vous pourriez également vous orienter vers Nietzsche notamment dans « Aurore : réflexions sur les préjugés moraux » dans lequel l'auteur, loin de le déprécier, rend le hasard constitutif de la raison : « comment la raison est elle venue au monde ? Comme il se doit de façon déraisonnable, par un hasard… »…

A consulter également :
- Le doute en question / Claudine Tiercelin
- Un article en ligne de Michel Prieur intitulé «De la précision en philosophie» qui revient sur le travail de Bergson dans «La pensée et le mouvant».
- Une précédente question posée au Guichet sur "la vérité en philosophie"
- L'incertitude / Gérald Bronner (coll. Que sais-je,)
- Cherchez l'erreur ! Pourquoi il est profitable d'avoir tort/ Kathryn Schulz

Bonnes lectures
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