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Langues parlées dans le royaume de France au XIIIe siècle

par Kanedjo, le 31/10/2019 à 19:23 - 364 visites

Bonjour,

Quelles étaient les langues parlées en France aux XIIe-XIIIe siècles, et où l'étaient-elles (picard, "franco-provençal", "francien"...) ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 04/11/2019 à 14:55

Bonjour,

" Au Moyen Âge, la langue française est faite d’une multitude de dialectes qui varient considérablement d’une région à une autre. On distingue principalement les parlers d’oïl (au Nord) et les parlers d’oc (au Sud). Avec l’établissement et l’affermissement de la monarchie capétienne, c’est la langue d’oïl qui s’impose progressivement.
Mais on peut dire que la France est, comme tous les autres pays d’Europe à cette époque, un pays bilingue : d’une part, la grande masse de la population parle la langue vulgaire (ou vernaculaire), qui est aussi celle des chefs-d’œuvre de la littérature ancienne (la Chanson de Roland, le Roman de la rose...) ; d’autre part, le latin est la langue de l’Église, des clercs, des savants, de l’enseignement, et c’est aussi l’idiome commun qui permet la communication entre des peuples aux dialectes plus ou moins bien individualisés.
Malgré la progression continue du français, cette coexistence se prolonge jusqu’au XVIIe siècle, et même bien plus tard dans le monde de l’Université et dans celui de l’Église. "
source : Académie française

Vous trouverez une carte des différents dialectes dans cette article : Le clivage oc-oïl au Moyen Âge : fiction méthodologique / Lodge Anthony. In: Mélanges de l'École française de Rome. Moyen-Age, tome 117, n°2. 2005. pp. 595-613.

Pièce jointe:
carte.jpg
carte.jpg [ 88.7 Kio | Consulté 349 fois ]

carte extraite de Nouvelle histoire de la langue française / [Livre] / collectif dir. par Jacques Chaurand

Hervé Abalain précise dans Le français et les langues historiques de la France (consultable partiellement sur Google Livres (page 31) :

" C'est vers cette époque [IXe siècle] qu'apparaissent les premières différentiations linguistiques (entamées depuis au moins le Ve siècle) entre la zone de dialectes d'oïl et celle de dialectes d'oc (influencées par la romanisation), ainsi que la zone intermédiaire à laquelle le linguiste G.I. Ascoli donna le nom de franco-provençal en 1870 : elles ont connu une évolution divergente, on l'a vu, et la langue d'oïl elle-même n'est pas unifiée (la langue est restée plus stable dans le Sud). Le Poitou et la Saintonge, à l'origine de langue d'oc, sont de langue d'oïl depuis le Moyen-Âge. Certes, dans tous les parlers qui composent la langue d'oïl, il existe un fonds important de mots communs, mais ces parlers se distinguent aussi par un certain nombre de traits phonétiques et morphologiques. C'est ainsi qu'il existe de nombreux dialectes :
- de l'ouest : normand, anglo-normand, gallo, angevin, parler du Maine ;
- du Sud-Ouest : poitevin, saintongeais, angoumois (de langue d'oïl depuis le Moyen-Âge) ;
- du Centre : orléanais, berrichon, bourbonnais, champenois ;
- de l'Est : lorrain, franc-comtois, bourguignon ;
- du Nord : picard, wallon.

D'un dialecte à l'autre, il n'y a pas, toutefois, de frontière rigide ; il s'agit plutôt d'un continuum ménagé par des zones de transition, d'un dialecte se fondant imperceptiblement dans un dialecte voisin.


Autres précisions extraites de Histoire de la langue française de Jacques Chaurand (pages 27-28) :

" Des variantes phonétiques et morphologiques s'introduisent sur le fond linguistique commun [de la langue d'oïl]. Elles caractérisent des dialectes qui se répartissent dans les groupes suivants : groupe de l'Ouest (normand, anglo-normand), du Nord-Est (picard, wallon), de l'Est (lorrain, bourguignon), du Centre. Ces appellations et ces groupements sont commodes mais artificiels : ils reposent sur une tentative pour faire coïncider limites dialectales et limites administratives ou géographiques. [...]
Si l'on en juge par les textes littéraires qui sont parvenus jusqu'à nous, au XIIe siècle prédomine un franco-normand, au XIIIe siècle un franco-picard. Cependant ce n'est ni le normand ni le picard qui sont devenus le français. On donne quelquefois le dialecte francien comme l'ancêtre de celui-ci. L'innovation de ce terme, chez les romanistes de la fin du XIXe siècle, a le défaut de présenter le français comme le résultat de l'expansion d'un dialecte particulier. Or l'existence d'un tel dialecte n'a jamais été reconnue au Moyen-Âge. En réalité, les pays de langue d'oïl ont été soumis très tôt à l'influence unifiante de Paris, centre politique dont le rayonnement intellectuel ne cessera de s'accroître aux XIIe et XIIIe siècles."


Pour aller plus loin :
- Introduction à l'histoire de la langue française / Michèle Perret
- Mille ans de langue française : histoire d'une passion / Alain Rey, Frédéric Duval, Gilles Siouffi
- Histoire de la langue française / J. Picoche, C. Marchello-Nizia, ...
- une précédente réponse du Guichet du Savoir : la fin du latin

Une animation pour expliquer aux enfants Comment est née la langue française ? / 1jour1actu.

Bonne journée.
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