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viande in vitro

par Claude-Henri, le 19/11/2019 à 13:54 - 248 visites

Bonjour, savez-vous quel est le milieu nutritif utilisé pour faire de la viande artificielle à partir de cultures cellulaires? Merci pour votre réponse

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 21/11/2019 à 15:57

Bonjour,

Voici ce qu’indiquait un article du Temps en août 2013, alors qu’était dégusté le premier steak in vitro :

« pour se dédoubler, toutes ces cellules ont besoin d’un bain de nutriments. Actuellement, du sérum fœtal de veau est utilisé. Une solution difficilement applicable à grande échelle. Pour éviter d’y recourir, Mark Post a testé dix autres types de substrats inocuitaires: «Un seul a fonctionné!» D’aucuns évoquent l’utilisation d’algues, qui pourraient fournir les nutriments nécessaires. Mais les scientifiques peinent aussi à cultiver des algues en quantité sur de vastes surfaces…
De plus, pour éviter toute infection, des antibiotiques sont ajoutés selon l’actuelle méthode. «Une manière de contourner cette nécessité, et de rendre cette viande très sûre, dit Mark Post, serait de robotiser le processus de fabrication et de ne plus faire intervenir l’humain», souvent la cause de contaminations. »
Source : Premier steak de viande «in vitro» dégusté, letemps.ch

Pour des raisons allant des considérations éthiques aux risques d’infection, il est important de trouver des alternatives non animales pour constituer le bain nutritif. Les sources suivantes mentionnent avec plus ou moins de détail des composants de milieux nutritifs destinés à la culture de cellules musculaires :

« Sans compter la fin de la souffrance animale, voilà qui permettrait de se prémunir contre les maladies animales (fièvre aphteuse, grippe aviaire, vache folle…). Sur le plan environnemental, une étude préliminaire avance des résultats encourageants. Publiée l’an dernier par Hanna Tuomisto, chercheuse au département de Conservation de la nature à Oxford, elle fait l’hypothèse d’une technologie industrielle au point, exploitant un milieu nutritif dérivé d’algues monocellulaires. Dans ces conditions, la viande in vitro abaisserait, par rapport à l’élevage du bœuf, de 45% la consommation d’énergie, de 95% celle d’eau et de 95% la production de gaz à effet de serre. Des chiffres prometteurs, à mettre en regard d’une évaluation réalisée en 2008 par la société de conseil Exmoor Pharma Concepts, qui estimait le coût de la tonne de bœuf in vitro à environ 3500€. Un coût encore élevé par rapport aux 1800€/tonne pour le poulet en batteries mais qui pourrait un jour paraître tout à fait raisonnable. Comme le souligne Philip Thornton, chercheur à l’Institut international de recherche sur l’élevage (Kenya), « les critères économiques pourraient beaucoup jouer pour l’acceptabilité de la viande in vitro dans une économie globale contrainte par les règles d’émission de gaz à effet de serre, où la viande ordinaire deviendrait un produit de luxe ».
Même limitée à une saucisse réalisée sur la paillasse du laboratoire, l’expérience de Mark Post pose déjà question. « Les chiffres annoncés me font penser que le recours à des facteurs de croissance et à des hormones, pour booster les cultures, sera inévitable », juge Bénédicte Chazeaud, directrice de recherche à l’Inserm, spécialiste de l’homéostasie musculaire. Ce que ne nie pas Mark Post : si les fibres musculaires préfigurant la saucisse de Maastricht poussent si bien, c’est qu’elles sont arrosées d’un cocktail à base de sérum de cheval, renforcé de facteurs de croissance. Un cocktail interdit à table, les réglementations sanitaires européennes condamnant l’usage d’hormones pour la viande destinée à la consommation humaine. « Faire la preuve de principe qu’on peut réaliser un produit comestible à partir de cellules souches adultes bovines est important en soi. Quant à l’industrialisation, c’est plutôt un horizon de quelques décennies », estime donc Bernard Roelen, professeur à la faculté de médecine vétérinaire d’Utrecht, aux Pays-Bas.
Les défis à relever ? Trouver un milieu de culture compatible avec l’alimentation humaine, mettre au point un dispositif stérile de taille industrielle permettant la croissance des cellules dans les trois dimensions de l’espace… Des solutions se dessinent : des milieux de culture alternatifs (issus de champignons ou de levures) existent, des bioréacteurs en trois dimensions ont été expérimentés, d’autres types de cellules cultivés… »
Source : Produire de la viande en laboratoire, science-et-vie.com (article paru dans le n°1132 de janvier 2012)

An analysis of culture medium costs and production volumes for cell-based meat, The Good Food institute
Ce document en anglais fournit la liste des composants (components) de la formule « essential 8 » (composants qui ne sont pas d’origine animale)

Battle Brewing Over ‘Clean Meat’ Labeling, foodqualityandsafety.com
Ce document en anglais mentionne « des sels, des tampons de pH et d'autres molécules ».

Faux Fins And Mock Meat: Is Clean Meat The Answer To Reforming Shark Fin And Foie Gras?
Pour cultiver des ailerons de requin, un milieu nutritif à base d’algues (document en anglais).

In vitro meat production: Challenges and benefits over conventional meat production, Zuhaib Fayaz Bhata, Sunil Kumar, Hina Fayaz
On y mentionne des essais comparatifs entre différents milieux nutritifs, dont certains à base de champignons.

In vitro meat production system: why and how? Shruti Sharma, Sukhcharanjit Singh Thind, and Amarjeet Kaur
« Culture media and growth factors
What fundamentally supports and promotes the culturing of the cells is the culture medium, together with the appropriate growth factors as it provides the requisite nutrition for the growth of the tissue. Traditionally, the medium employed for culturing the skeletal cells comes from an animal source; serum-based medium from adult, newborn or foetus (Coecke 2005. The growth factors are produced by the muscle cells themselves as well as provided by other cell types such as hepatocytes (Edelman et al. 2005). Moreover, as the process enters the differentiation and maturation phase from the proliferation phase, the changing demands of the cells (muscle) may require a change in the formulation of culture media. The external growth regulators and promoters can be added from transgenic organisms producing recombinant proteins (Houdebine 2009). The shortcomings of the medium include the high expenditure required for it as it covers a big fraction of the overall cost of culturing the cells (Mattick and Allenby 2010) and requires regular replenishing, the ethical concerns attached to the source of media (Fetal Calf Serum) and the potential infection that it may incorporate into the system (Datar and Betti 2010). However, alternatives like lipids such as sphingosine 1-phosphate and amino-acid rich mushroom extracts have been suggested for the serum based media (Edelman et al. 2005; Datar and Betti 2010). »


Bonne journée.
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