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Klaus Barbie et Lyon

par victorlechat, le 07/01/2020 à 10:46 - 237 visites

Bonjour à toute l'équipe et tout d'abord, très bonne année à vous tous de notre part Victor et Moi et de tous les Chats !

Connait-on la date exacte du départ de Lyon, fin août 1944, de Klaus
Barbie ? J'ai cherché dans toutes vos réponses concernant ce "personnage" mais je n'ai pas trouvé la date exacte.

Merci de votre aide et bonne journée

nadine

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 09/01/2020 à 15:25

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,
Nous avons consulté différents ouvrages de notre fonds consacrés à Klaus Barbie et il ne semble pas facile de répondre à votre question. Les faits que vous recherchez se déroulent au cours d’une période déterminante mais aussi confuse. Les dates indiquées sont parfois différentes d’un ouvrage à l’autre. Klaus Barbie, quant à lui, lors de son procès, a fourni aussi plusieurs versions de son emploi du temps. Nous vous communiquons donc plusieurs extraits d’ouvrages dans lesquels ces faits sont relatés.

Dans Klaus Barbie : de Montluc à Montluc / Marcel Ruby, éd. 1983, page 180, un chapitre est intitulé : Le départ de Klaus Barbie. On peut lire :
Une déposition du P.P.F. René-Louis Mazot (Etude Félix Lebossé) donne quelques indications sur la fin de séjour à Lyon de Klaus Barbie, indications évidemment sujettes à caution.
Il semble que les allemands aient tenté de s’emparer de la famille du général Giraud réfugiée à Saint-Didier-au-Mont-d’Or (et peut-être du général lui-même, car le bruit courait qu’il serait revenu discrètement parmi les siens). Le Kommando, commandé par Barbie lui-même, aurait compris des allemands mais aussi des français comme Mazot, assisté de Desgeorges et d’un italien Bonjini.
Cette troupe est attaquée à Limonest par le Maquis. Les allemands ont deux ou trois tués et cinq ou six blessés, dont Klaus Barbie lui-même. L’arrivée d’un char allemand leur permet de se dégager. Ils regagnent Lyon où les blessés sont soignés à l’Hôpital de la Croix-Rousse.
Mazot avait quitté Lyon le 20 août et avait attendu Françis André à Dijon une huitaine de jours. L’opération a donc dû avoir lieu entre le 28 et le 30 août. Dans ce cas, Klaus Barbie aurait quitté Lyon dans les tous derniers jours de l’Occupation (les allemands ont abandonné la ville dans la nuit du 2 au 3 septembre 1944). Selon Félix Lebossé, et les documents qu’il a consultés, Klaus Barbie aurait été évacué sur Baden-Baden, puis Prague.
D’après des indications données récemment par des journalistes, Klaus Barbie aurait confirmé qu’il aurait été blessé par des maquisards dans la région de Limonest. Mais sans donner d’autres détails, notamment sur ce qu’il faisait là. (Peut-être a-t-il tout simplement été intercepté au moment de sa retraite ?).
Les renseignements divergent également sur ce qu’il est advenu de lui par la suite. Le procès éclairera probablement ces problèmes…

Dans : Il y a 30 ans, Klaus Barbie condamné /édité par Le Progrès en 2017, il est seulement mentionné, page 14 :
(…) Blessé le 28 août 1944, le chef de la Gestapo quitte Lyon où il applique avec tant de zèle la politique d’hégémonie du IIIe Reich (…)
Dans : Klaus Barbie, 1987, mémoires d’un procès / réalisé par le Mémorial national de la prison de Montluc[, éd. 2017
Chronologie d’une fuite (août 1944 – avril 1951)
Mi-août 1944 : départ de Lyon pour Dijon
28 août 1944 : il est blessé lors du repli de l’armée allemande
Septembre – novembre 1944 : transfert vers des hôpitaux militaires dans la région de Bade-Wurtemberg.

Dans Klaus Barbie (1913-1991) : itinéraire "biojudiciaire" d'un tortionnaire / Association des rescapés de Montluc ; sous la direction de Bruno Permezel, éd. 2017

- Février 1943 : chef de la Gestapo de la région de Lyon (3ème officier par ordre d’importance du KDS de Lyon)
- 5 septembre 1944 : sa présence est attestée à Bruyères (Vosges)
- 9 novembre 1944 : promu Hauptsturmführer

Dans : Klaus Barbie itinéraire d’un bourreau ordinaire / Tom Bowwer, Calmann-Lévy, 1984, page 115
(…) On pense que Klaus Barbie quitta Lyon une première fois le 22 août et se dirigea vers Dijon. Grenoble venait d’être libéré et il semblait que l’autorité que pouvaient encore exercer les Allemands sur Lyon était près de disparaître. (…)
D’après un ancien officier de renseignements américain, Barbie lui aurait dit après la guerre, qu’il était revenu à Lyon pendant la dernière semaine d’août pour « nettoyer le gâchis ». Plus de vingt de ses plus proches collaborateurs français qui auraient pu dire la vérité sur les crimes qu’il avait commis au cours des vingt et un mois passés, furent assassinés ainsi que dit-on son amie. Alors qu’il prétend avoir été blessé au pied droit lors d’une attaque du maquis durant son repli sur Dijon, il confia à ce même Américain que cela lui était arrivé pendant le massacre final. Lyon fut libéré par l’armée américaine le 3 septembre.
Le 14 septembre, Barbie était proposé comme capitaine au tableau d’avancement. Dans son rapport, le Sturmbannführer écrivait :
(…) Depuis qu’il a terminé sa période d’instruction et pendant le temps passé au S.D., Barbie a eu une carrière exemplaire en tant que responsable du « service spécial » et, sauf objection, il est proposé au tableau d’avancement pour être promu au grade de SS Hauptsturmführer à dater du 9 novembre 1944.

Dans : Barbie / Ladislas de Hoyos, Laffont, 1987, page 163, chapitre intitulé « Les services secrets jouent à cache-cache »
Dès la libération de Lyon, une course de vitesse s’engage pour rattraper les « Gestapo ». C'est-à-dire le grand patron, Werner Knab, Barbie et les autres (…)
Le dossier secret fait état de soixante et un noms¸ du Kommandeur à la dactylo, en passant par les indicateurs et les prostituées préférées des Allemands au cabaret de L’Escargot d’or. Klaus Barbie est mentionné comme ayant été chargé de surveiller le départ des Allemands de Lyon alors qu’il avait son QG au fort Saint-Irénée ou celui de Sainte-Foy où était installée l’Abwehr. Suit un signalement dans lequel se sont glissées quelques erreurs ou méprises (« yeux marron ») (…)
Il est précisé à l’attention des différents services de police que Barbie « n’a quitté Lyon que le vendredi 1er septembre, n’a vraisemblablement pas pu atteindre la frontière allemande, et que il est possible de pouvoir le retrouver entre Lyon et Belfort ».
Mais ils étaient des centaines comme celui-là en civil, « en demi-saison beige et costume gris »
(Note en bas de page : Barbie prétendra avoir été blessé « le 28 août 1943 près de Bourgoin en combattant contre les troupes américaines qui m’ont fait prisonnier »)
(…) Barbie prétend avoir été soigné pendant une dizaine de jours à Lyon (!) où on a failli lui couper la jambe. Il affirme avoir ensuite été placé dans l’un des derniers trains de la Croix-Rouge et avoir été hospitalisé à Bad Petersthal, en Forêt-Noire, puis transféré – au fur et à mesure que le front se déplaçait vers l’est – d’abord à Baden-Baden et finalement à Halberstadt, près de Berlin, en janvier 1945. (…)


Et enfin dans Barbie pour mémoire / Guy Morel, FNDIRP, 1986, page 15 :Barbie s’évapore…
(…) Barbie a quitté Lyon le 22 août 1944 (les cendres du massacre de Saint-Genis-Laval perpétré le 20 août étaient encore chaudes), mais il y est revenu. Les circonstances et la date de son départ sont loin d’être clairement établies. Lui-même en a donné des versions fantaisistes et variables, prétendant avoir participé à la bataille de Normandie (pendant les massacres de Bron et de St-Genis-Laval !) et être revenu à Lyon fin août pour organiser l’enlèvement du général Giraud. C’est d’ailleurs en arrivant dans les faubourgs de la ville qu’il aurait été blessé au visage et à la jambe gauche. (…) En fait et pour en terminer, il semble que Barbie, parti une première fois de Lyon le 22 août, y soit revenu le 27 ou 28 après un crochet par Dijon, et peut-être par Epinal. Etait-ce pour liquider des témoins gênants ? Bower le tient pour certain ; de Hoyos n’examine pas l’hypothèse. En revanche, il cite le témoignage de Jean-Baptiste Seta qui authentifie la présence de Barbie à Lyon dans les premiers jours de septembre ainsi que ses blessures.
Blessé donc au visage et au pied (sans qu’on sache exactement par qui ni comment) Barbie part une seconde fois de Lyon quand les Alliés y arrivent. (…)

Les Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon conservent dans le fonds de la cour d’assises de Lyon, le contenu de quelque 94 cartons relatifs à l’instruction et au déroulement du procès de Klaus Barbie. Ces archives sont librement consultables depuis juillet 2017. Les Archives départementales ont d’ailleurs présenté de septembre 2017 à février 2018 une exposition intitulée : Un procès pour l’histoire
Vous pourriez prendre contact avec les services des Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon qui possèdent donc des sources.

Nous avons par ailleurs contacté le CHRD de Lyon (Musée de la Résistance). Si nous obtenons des précisions de leur part nous vous les communiquerons dans les meilleurs délais.

Réponse de victorlechat

par victorlechat, le 12/01/2020 à 15:38

"Klaus Barbie et Lyon : ma question posée le 7 et votre réponse du 9/1/2020".
L'interrogatoire (et les pièces établies, archives privées, dont je me suis procuré la copie authentique) d'un collaborateur lyonnais arrêté le 27 août près de Chaussin (Jura) par des FFI, nous apporte quelques éléments de réponse.
Court résumé : "Le 22 août 1944, j'ai été convoqué [lui et son chef] par le Sous-Chef Barbie, qui nous a informé que les services de police Allemande allaient quitter Lyon pour se replier à Dijon. Le lendemain (donc le 23), nous avons quitté Lyon en automobile avec ma famille ...et avons rejoint Dijon". L'appréciation du chef du Groupe FFI confirme que le personnage a bien suivi le S.D. Allemand dans son repli sur Dijon le 23 août.
En conclusion, Barbie a bien pu partir, une première fois, sur Dijon dans la nuit du 22 au 23 août 1944, la nuit afin de déjouer l'aviation alliée.

Bonne semaine

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 13/01/2020 à 09:27

Bonjour Nadine,

Nous vous remercions pour ces précisions.
Excellente année 2020 à Victor et vous-même !
  • 1 vote

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