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Torche médiévale

par hada, le 04/07/2005 à 22:28 - 19565 visites

Bonjour aux magiciennes-iens de la BML qui nous éclairent d'un coup de baguette magique sur les grimoires,

j'ai toujours été attirée par les torches allumées le long des rues que l'on peut voir dans les films abordant le moyen-âge.
Comment les fabriquer ? comment les faire brûler longtemps surtout (en évitant le réservoir d'essence, et tout rajout qui ferait trop "contemporain"...).

Merci à vous, alchimistes aux doigts de fée.

Hada

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 07/07/2005 à 15:35

Réponse du Département Civilisation

Désolés, dans un premier temps, nous allons devoir participer à un désenchantement.
Les rues du Moyen Age n’étaient pas bordées de torches allumées.

Selon Jean Verdon dans son ouvrage La nuit au Moyen Age:

[i]Les rues : Nous sommes habitués, dans les rues des villes, à circuler de nuit comme de jour, sans aucun problème. Les voies éclairées par des lampadaires ne laissent que peu de zones d’ombre.
Au Moyen Age la situation se révèle bien différente. Les rues ne sont pas éclairées, ce qui n’empêche pas forcément les habitants de sortir. Mais, si on veut le faire avec quelque sécurité, il est bon d’être accompagné de serviteurs munis de torches. Existe tout au plus parfois une vague lueur provenant de chandelles placées derrières leurs fenêtres par les habitants …
Pour que la rue ne devienne pas un coupe-gorge, il faut des évènements importants comme la visite de grands personnages. Alors les édiles municipaux prennent des mesures. Le 25 décembre 1519, lors de l’arrivée de la reine mère à Poitiers, on ordonne aux habitants de pendre une lanterne à, leur fenêtre et d’avoir dans cette lanterne « une chandelle ardente ». La consigne vaut jusqu’au départ de la cour.
Ce sont aussi des motifs de sécurité qui obligent à éclairer les rues. Le 11 septembre 1542, le maire de Poitiers déclare que, « pour mettre fin aux vols et exactions qui se font habituellement dans cette ville, il est besoin d’y mettre ordre, d’assembler centeniers et cinquanteniers et d’avoir dorénavant feu aux fenêtres pour empêcher plus aisément les voleurs et pilleurs de courir, de faire abattre les auvents pour que les voleurs en se cachent pas sous eux ». Il est interdit aussi d’aller la nuit par la vile sans lumière et de porter épée, poignard et armes de même genre.
Mais nous sommes déjà au milieu du XVI° siècle.
Après le couvre-feu, tout habitant de bon sens reste donc chez lui où il dispose de quelques faibles moyens pour affronter l’obscurité…[/i]P97

[i]Les maisons : On se contente pour les maisons plutôt de torches en écorce de bouleau ou en résineux.[/i]
P99

Un parcours rapide dans L’histoire du luminaire depuis l’époque romaine jusqu’au XIX° siècle confirme cette analyse. Vous y trouverez un court chapitre par siècle sur l’éclairage public.

[i]Jusqu’à une époque assez avancée du XVI° siècle nous ne rencontrons aucun changement notable dans l’éclairage public. Les seules clartés qui brillent dans la nuit consistent en quelques bougies de cire brûlant devant les images vénérées[/i].


Peut-être les représentations auxquelles vous faisiez allusion correspondent-elles plus aux fêtes du feu, décrites par Jean Verdon, dans l’ouvrage cité précédemment :

[i]A ce feu domestique , il faut associer les feux de joie, témoignage fréquent de liesse à cette époque[/i]. P 103

[i]La société médiévale dont les membres travaillent tout le jour aux champs, dans les échoppes et restent normalement chez eux lorsque tombe la nuit, possède un moyen fort usuel de se distraire dans cette obscurité contre laquelle il est si difficile de lutter. Il s’agit des feux de joie ….
La flamme s’élève dans la nuit tout au long de l’année, feu nouveau le soir du samedi saint, torches des brandons, le dimanche qui clôt le carnaval, chandelles de la chandeleur….[/i]P 156-157

Pour le plaisir de l’imagination, citons :
[i]Terminons sur la réception solennelle à Gand du duc de Bourgogne Philippe le Bon, telle que Chastellain la narre dans ses chroniques. Le feu tient une place prépondérante lors de ces festivités. Le duc trouve dès la première porte de la cité franchie les rues tendues de drap rouge et sur le toit des torches allumées jusqu’à l’entrée de sa maison. En franchissant un grand pont sur la Lys, il peut apercevoir au milieu de la rivière une nef « et au fond du bateau par dehors tout alentour étaient installées deux cent torches tout allumées qui brûlaient dans l’eau, et sur le bord de celui-ci autant pareillement qu’on pouvait en planter ». Le mât est dressé tout au milieu , le cordage entièrement garni de torches semblables aux étoiles du ciel, et au milieu de ce mât pend un écu aux armes du duc plein de torches, de sorte que le château semble embrasé. On aperçoit, non loin de là, une maison toute couverte, toits, murs, portes et fenêtres, d’or « luisant », et depuis le haut jusqu’en bas toute pleine de torches. La boucherie grande et spacieuse est tellement remplie de torches que l’on ne voit rien d’autres ; le marché du poisson, richement ornée, présente la même apparence ; le beffroi plein de torches allumées se voit de nuit à cinq ou six lieues de distance et semble tout en feu, en raison de sa hauteur et de sa grosseur, et cet embrasement dure trois jours. « Cette nuit, on fit partout dans la ville les plus somptueux feux que l’on ait jamais vus jusqu’à ce jour et les illuminations des torches se poursuivirent jusqu’à l’aube. »[/i] p 159

Tout un chapitre est consacré aux matières éclairantes, à leur histoire : chandelles, bougies de cire, alimentation des lampes, dans l’histoire du luminaire depuis l’époque romaine jusqu’au XIX° siècle, précédemment cité.

On trouve un paragraphe sur les torches qui existent dès l’époque romaine :
P657-658
[i]Les torches consistaient généralement en un morceau de bois enduit de résine ; mais il arrivait souvent qu’on employait à la place un faisceau de joncs trempé dans de la résine, de l’encens et de la poix. On d »signait aussi sous le nom de funale une espèce de torche dans la composition de laquelle entraient de la cire, de la suif, de la poix et diverses sortes de résines.
….Pendant tout le Moyen Age on continua pour s’éclairer, à employer du bois résineux que l’on appelait même par un jeu de mots « chandelles de bûche ».[/i]

Maintenant, comment fabriquer les torches ?
Sur le site La main à la pâte vous trouverez la constitution des torches :
« Un bâton de bois sec entouré d’un linge imbibé d’un liquide obtenu en mélange de soufre, du salpêtre et un produit tiré de la résine »
De nombreux sites de scouts proposent des conseils :
Les scouts de Saint-Pothin.
tabou-be
Les scouts d’Europe

Nous ne résistons pas, enfin, au plaisir de vous livrer une recette pour s éclairer qui date de l’époque révolutionnaire, citée par HR D’Allemagne dans son ouvrage :

[i]Faites rougir au feu un boulet de fer de 24 livres ou environ et le suspendre au plancher avec une chaîne de pareil métal prenant garde qu’elle ne s’échauffe trop. Vous aurez une lumière économique qui éclairera tout la nuit, et à laquelle on pourra faire prendre une allumette pour allumer une bougie. C’est ainsi que les habitants de la baie d’Hudson s’éclairaient pendant leurs longues nuits d’hiver….[/i]
Soyez prudent !
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