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matières chimiques indésirables dans le compost

par Calendula, le 25/07/2005 à 13:24 - 4107 visites

Bonjour,

Je cherche à savoir ce que deviennent les matières chimiques et indésirables, contenues dans les épluchures de fruits et légumes, que je dépose sur mon compost, et que je réutilise l'année d'après comme amendement dans mon jardin? Savez-vous s'il existe des études sur ce sujet?

Merci beaucoup! Calendula

Réponse de

par gds_cdp, le 27/07/2005 à 13:59

Réponse du service Guichet du Savoir


Faisons tout d'abord un point sur les pesticides, leur dégradation et leur impact sur le sol (voir le dossier pesticides de la Maison de la Consommation et de l'Environnement) :

Les pesticides, appelés également phytosanitaires ou produits de traitement sont des poisons destinés à tuer les herbes (herbicides), les insectes (insecticides), à lutter contre les maladies (fongicides), ou à se débarrasser de divers animaux jugés nuisibles (souricides, raticides, nématicides…).

Un pesticide est composé de 2 types de substances :
- une ou plusieurs matières actives : ce sont ces matières actives qui confèrent au produit l'effet poison désiré. Exemples de matières actives : le glyphosate que l'on trouve dans de très nombreux désherbants totaux, le métaldéhyde que l'on trouve dans la plupart des anti-limaces…
- un ou plusieurs additifs : ces additifs renforcent l'efficacité et la sécurité du produit. Exemple : répulsif, vomitif, épaississant, anti-moussant, solvant …

En France, on compte environ 520 matières actives homologuées entrant dans la composition de 2 588 spécialités commerciales. Pour les jardiniers amateurs, environ 115 matières actives sont fréquemment utilisées pour la composition de 500 produits " autorisés en jardins amateurs ". Seules les matières actives apparaissent dans la composition décrite sur l'emballage. C'est aussi le plus souvent des matières actives (et non des produits commerciaux) dont on parle dans les journaux comme l'atrazine (matière active de désherbant du maïs).

(...)
Tant qu'un pesticide n'est pas entièrement dégradé en eau, carbone et éléments minéraux, il est susceptible d'avoir un impact sur l'environnement. Or ce temps de dégradation est IN-CAL-CU-LABLE tant il est fonction du lieu où est appliqué le produit (surface perméable ou imperméable, pH du sol, teneur en sable-limon-argile) et des conditions climatiques (température, humidité…). Pour la matière active de glyphosate, les tests effectués en laboratoire font état d'une demi-vie (temps que mettra 50% de la quantité appliquée à se dégrader) variant de 14 jours à 111 jours suivant le type de sol. Des tests effectués dans le cadre du programme Bretagne Eau Pure ont même montré que, appliquée sur une surface imperméable (bitume, gravillons), la matière active de glyphosate est retrouvée jusqu'à 6 mois après son application !
Or le glyphosate est considérée comme une des matières actives se dégradant le plus vite !


Comment les molécules se dégradent-elles ?

Ils existent 3 processus de dégradation des matières actives : la bio-dégradation, la photolyse, et l'hydrolyse. La dégradation est totalement terminée lorsque la matière active est totalement transformée en eau, sels minéraux et carbone.
- La bio-dégradation (bio = la vie) est une dégradation réalisée sous l'action des êtres vivants dans le sol : bactéries et micro-organismes.
- L'hydrolyse (hydro = l'eau) est une dégradation qui se réalise dans l'eau.
- La photolyse (photo = la lumière) est une dégradation qui se réalise sous l'action de la lumière

La bio-dégradation est de loin le processus de dégradation le plus efficace, d'où l'importance d'avoir un sol vivant. La photolyse et l'hydrolyse ont une action bien plus faible.


En ce qui concerne les résidus observés dans l'alimentation végétale, cette enquête de la DGCCRF menée en 2000 montre que si dans la majorité des produits des résidus sont décelables, peu dépassent les limites autorisées, lesquelles sont par ailleurs assorties de marges de sécurité importantes : L'utilisation des produits phytosanitaires est assortie de la définition de limites maximales de résidus (LMR) qui peuvent subsister sur le végétal lors de sa récolte. Ces limites sont établies sur la base de règles de bonnes pratiques agricoles et tiennent compte du régime alimentaire des groupes de population concernés et de la toxicité spécifique de chaque produit de traitement. Elles sont données pour des fruits et légumes ni lavés, ni épluchés. De plus, une marge de sécurité importante est associée à ces valeurs limites. Un dépassement ponctuel de celles-ci ne saurait donc nécessairement présenter un risque pour la santé des consommateurs. Il traduirait en revanche le non respect des bonnes pratiques agricoles.

Il ne semble pas exister d'études spécifiques sur l'éventuel impact que pourraient avoir ces résidus dans la fabrication d'un compost. Au regard des résultats cités plus haut, on peut cependant supposer que ceux-ci sont faibles. Nombreux sont par ailleurs les organismes consacrés à la protection de l'environnement qui recommandent l'utilisation des déchets de l'alimentation végétale dans la fabrication du compost, comme par exemple l'ADEME, Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie :

Produire soi-même un amendement naturel et l’utiliser directement dans son jardin n’est pas réservé aux seuls jardiniers avertis et procure une vraie satisfaction personnelle. C’est mieux prendre conscience du cycle de vie de la matière organique et de la transformation utile des déchets.
(...)
Tous les déchets organiques à différents degrés sont compostables :
• les déchets de cuisine : épluchures, coquilles d’oeufs, marc de café, filtres en papier, pain, laitages, croûtes de fromages, fanes de légumes, fruits et légumes abîmés, etc.
• les déchets de jardin : tontes de gazon, feuilles, fleurs fanées, mauvaises herbes, etc.
•les déchets de maison : mouchoirs en papier et essuie-tout, cendres de bois, sciures et copeaux, papier journal, plantes d’intérieur, etc.
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