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Thera [ 06/03/2019 à 12:02 ]

Quel aminal qui n'as pas de langue ?

Réponse attendue le 09/03/2019 - 12:03


bml_sci [ 09/03/2019 à 13:26 ]

Réponse du département Sciences et Techniques

Bonjour,

Voici comment l’Encyclopédie Wikipédia définit le terme Langue, en anatomie animale :
La langue est un organe plus ou moins mobile présent chez de nombreux animaux (vertébrés, certains invertébrés). Elle est située dans la cavité buccale, ancrée sur le plancher buccal et s'appuyant sur le palais (dur ou mou selon les espèces). Certains animaux ont une langue très râpeuse qui les aide à capter leur nourriture, et quelques espèces ont une longue langue qui peut s'enrouler.

L’Encyclopédie Larousse précise :
Chez les vertébrés, la langue caractérise les tétrapodes (NB = animaux vertébrés dont le squelette comporte deux paires de membres et dont la respiration est normalement pulmonaire : les amphibiens et les amniotes (reptiles, oiseaux, mammifères)), les poissons en étant dépourvus. Elle est protractile chez un certain nombre d'animaux (crapauds, caméléons) et sert à engluer termites et fourmis chez les fourmiliers. Chez les serpents, sa pointe bifide recueille des substances variées dont les odeurs sont ensuite analysées par les organes de Jacobson. Musculeuse, la langue sert à la déglutition des proies imprégnées de salive. Elle porte des bourgeons gustatifs.

Toutes les sources que nous avons consultées s’accordent pour dire que la plupart des animaux vertébrés sont pourvus d’une langue, sans préciser néanmoins quel animal en serait dépourvu. Les auteurs de l’ouvrage Biologie (De Boeck, 2014), référence internationale en biologie, affirment que tous les vertébrés terrestres ont une langue où sont situés les bourgeons du goût ( p. 925).

Chez les oiseaux
La remarquable diversité de la forme de la langue des oiseaux traduit la grande variété du régime alimentaire selon les groupes d’espèces. La langue courte et charnue des perroquets leur permet de manipuler des noix et d’autres fruits, les macareux ont une langue couverte d’épines orientées vers l’arrière leur garantissant la préhension de poissons glissants, les pics ont une très longue langue (jusqu’à 10 cm pour le pic vert, qui mesure lui-même 31 cm), leur permettant de « harponner » leurs proies (larves ou insectes). (source : Les oiseaux en 450 questions-réponses / Guilhem Lesaffre (Delachaux et Niestlé, 2008)

Chez les insectes
Chez les vertébrés, la langue est un organe interne à la bouche. Elle est l’organe du goût grâce à ses nombreuses cellules sensorielles et elle aide à la déglutition des aliments. Selon les espèces, elle peut avoir des rôles annexes variés, comme organe de capture des proies chez le caméléon, ou organe de la parole chez l’homme. Il n’y a aucune structure équivalente dans la bouche des insectes, ils n’ont donc pas de langue.
Certaines espèces se nourrissant de liquides facilement accessibles, comme les mouches léchant les suintements des crottes et des cadavres, ou bien les abeilles butinant les fleurs peu profondes, possèdent des pièces de la bouche modifiées en un organe leur permettant de lécher les liquides et non de les pomper comme les papillons ou les moustiques. Les entomologistes appellent « langue », par analogie à la nôtre, cet organe particulier qui est aussi muni de nombreuses structures sensorielles permettant de détecter le goût des aliments. Mais une grande différence les sépare : notre langue est à l’intérieur de la bouche ; la langue des mouches et des abeilles se situe à l’extérieur de la bouche.
Cette langue ne peut en aucun cas servir à articuler des sons. Nous pouvons parler parce que nous faisons vibrer des cordes vocales en expulsant l’air de nos poumons, et nous modulons les sons obtenus avec notre langue et notre bouche. Les insectes, n’ayant pas de poumons, communiquent par des sons produits d’autres façons : frottement de parties du corps l’une contre l’autre ou vibration d’une membrane.
(source : Les insectes ont-ils un cerveau ? 200 clés pour comprendre les insectes / Vincent Albouy (Quae, 2010)

Chez les mollusques
Même les mollusques sont dotés d’une langue. Appelée radula, elle correspond à une langue que l'on retrouve dans la cavité buccale des gastéropodes, céphalopodes ou des chitons. Cette structure a la particularité d'être recouverte de dents chitineuses (faites de chitine), ce qui la rend particulièrement râpeuse. Ces dents se renouvellent continuellement par l'arrière. Cet appendice est utilisé pour dilacérer les aliments par des mouvements d'aller et de retour. Seul le groupe des bivalves ou lamellibranches en est totalement dépourvu. Ces organismes se nourrissant majoritairement en filtrant l'eau, ils n'ont pas de tête et donc pas de langue. Ainsi, ce n'est pas avec sa langue que cette palourde lèche le sel sur une table... !
En revanche les escargots, comme les limaces, en sont dotés. La langue de l'escargot est couverte d'aspérités très dures, disposées en rangées régulières. Sur cette vidéo, vous pouvez observer un escargot qui tire la langue (n’est-ce pas aussi mignon qu’une vidéo de chaton ? :) )

Et les poissons ?
Pour savoir si les poissons sont pourvus d’une langue, nous vous invitons à consulter la réponse apportée par le Guichet du savoir : Les poissons ont-ils une langue ?

Parmi les autres animaux dépourvus de langue, citons les vers de terre, les méduses, les moules, les écrevisses, les ascaris, les étoiles de mer, les araignées... : ces organismes ont bien une bouche dotée (ou non) de pièces buccales, mais pas de langue proprement dite. (source : Atlas de biologie animale / Sandrine Heusser, Henri-Gabriel Dupuy (Dunod, 2015)

En fait, la réponse à votre question ne saurait être définitive, puisque les scientifiques continuent, jour après jour, de découvrir de nouvelles espèces…

Pour en savoir plus…
• Une remarquable galerie de photos de langues d’animaux sur le site participatif Wikimedia
Physiologie animale / Sherwood, Klandorf (De Boeck supérieur, 2016)
Les fonctions de nutrition chez les animaux / Jean Clos (Ellipses, 2011)

Réponse attendue le 13/03/2019 - 13:03