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nucléaire et biologie

par Pseudoyverdon, le 11/10/2010 à 15:38 - 2300 visites

Pourquoi les plantes peuvent-elles se développer sur un terrain irradié par des déchets d'uranium?
Un excellent reportage sur la chaîne de télévision suisse TSR2 dimanche soir 11.10 montrait qu'il y a partout en France, des terrains irradiés avec des déchets d'uranium, recouverts ensuite sommairement de terre et révégétalisés par l'entreprise pollueur. Quelques années plus tard, on ne devine rien tant la végétation a repris ses droits. (Par contre, les compteurs geiger signalent bien une pollution importante). Comment se fait-il que les plantes et arbres ne soient pas brûlés ou du moins malades de cette pollution?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_df, le 13/10/2010 à 18:05

Réponse du service Guichet du Savoir

Bonjour,
En effet il paraît étonnant que des organismes, en l’occurrence de la végétation puisse exister et même prospérer sur un terrain radioactif. Il se trouve que des végétaux ont une certaine capacité à s’adapter à la radioactivité. Ce phénomène est particulièrement étudié sur les lieux de la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine depuis l’accident survenu en Avril 1986. Des scientifiques, tel le professeur Dimitri Grodzinski observent depuis de nombreuses années des conséquences écologiques sur les écosystèmes de la zone contaminée. Celui-ci explique une partie des phénomènes dans Les silences de Tchernobyl : l'avenir contaminé :

Les petites doses de radiation (absorbées via la chaîne alimentaire) sont perçues par les organismes non seulement comme des agents qui endommagent les molécules de l’hérédité et autres structures cellulaires, mais surtout comme des signaux de détresse indiquant l’état défavorable de l’environnement. Les organismes commencent alors à réaliser des stratégies de deux types : une stratégie ontogénétique qui équivaut à ce qu'un organisme individuel effectue des actions biochimiques, augmentant sa résistance face à l’irradiation ; et une adaptation phylogénétique qui consiste dans le fait que toute une population change et devient versatile – la versatilité est l’apparition d’une grande variété de formes biologiques visant à faciliter la sélection naturelle dans un milieu hostile. On observe notamment l’augmentation du rôle de la prétendue « réparation erronée » lorsque l’ADN est rétabli, mais le « texte » originel correct est remplacé par un autre ; ou encore l’induction de l’instabilité du génome, lorsque des formes toujours nouvelles sont spontanément engendrées même s’il n’y a plus d’irradiation. […]

Il faut aussi préciser que les différentes espèces de plantes ne supportent pas la radiation de la même manière […] les conifères en général sont beaucoup plus sensibles aux rayonnements que les arbres feuillus […] .

Dans un article paru dans Les échos le 2 octobre 2008, on constate effectivement que de la végétation repousse sur la zone irradiée et que certains micro-organismes modifient même leur ADN pour s’adapter à la radioactivité :

Des bactéries ont résisté à Tchernobyl : menaces sur l'environnement.

Vingt ans après, les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl conservent toujours une part de mystère. Les bouleaux, les plantes ont repoussé aux abords de l'ancienne centrale nucléaire. A part quelques mutations génétiques observées, la végétation semble avoir repris son cours tranquille.

Pourtant, l'environnement reste menacé par la pollution radioactive. Les chercheurs français du groupement national de Recherche Trasse vont prochainement retourner sur place étudier l'une des nombreuses fosses où ont été enfouis les débris de l'explosion. Situés à 4 kilomètres du sarcophage de Tchernobyl, la fosse T22 contient des radionucléides du coeur de la centrale et des végétaux calcinés. Le tout recouvert de sable. Les premières analyses montrent qu'il existe une migration des polluants dangereux vers une nappe phréatique proche explique le directeur de Trasse, Joël Lancelot. Son équipe veut mesurer l'ampleur de la contamination, rappelant qu'à 100 kilomètres en aval du bassin versant se trouve Kiev et ses 2,6 millions d'habitants.

La biologiste Virginie Chapon travaillera plus précisément sur les bactéries de la fosse T22. Elle veut vérifier si certaines bactéries n'ont pas développé des résistances à la radioactivité du milieu grâce à un délicat travail d'analyse de certains fragments d'ADN. « Nous connaissons quelques espèces comme Deinococcus radiodurans capables de survivre aux fortes doses. Contrairement aux autres cellules vivantes, elles savent reconstruire l'ADN explosé par l'irradiation. Son métabolisme se reconfigure pour rétablir les 6 millions de bases de son génome ».


Un autre article bulletin-electronique.com, paru sur le site du Ministère des affaires étrangères explique :

Un laboratoire slovaque a étudié la façon dont s'adaptent les plantes lorsqu'elles sont situées dans un milieu radioactif. Les conclusions de leur recherche (faites dans la région de Tchernobyl) ont été publiées par de nombreux médias étrangers, renommés et spécialisés. Selon eux, les connaissances qu'on a acquises seront utiles lors d'une potentielle plantation des végétaux dans l'univers. "Le jour où les gens voudront aller sur Mars, ils seront bien obligés d'y cultiver des plantes. Mars a une atmosphère peu épaisse ; c'est la raison pour laquelle le niveau de radiation provenant du cosmos y est élevé. Les plantes vont devoir être résistantes : tel était notre sujet," a dit le responsable de l'équipe de recherche, Martin Hajduch de l'Institut de génétique et de biotechnologies des plantes de SAV (L'Académie des Sciences de Slovaquie à Nitra.

Cette recherche a également prouvé que si jamais les gens étaient obligés de se nourrir de fruits contaminés après une éventuelle catastrophe nucléaire, il ne leur arriverait rien. Les savants ont créé deux champs dans la région de Tchernobyl : l'un à 5 km et l'autre a 100 km de la centrale nucléaire. Ils y ont planté du soja et du lin, dans le but d'observer la plantation jusqu'à sa 4ème génération. Ils ont découvert que les protéines s'y accumulaient de façon différente : ainsi, ils ont proposé un modèle de travail pour examiner l'adaptation de ces plantes aux conditions d'un milieu radioactif. Les plantes absorbent à peu près 10% de la radioactivité contenue dans la terre. "Ce qui est très intéressant c'est que les graines n'étaient plus radioactives. La plante a un mécanisme de protection à l'aide duquel elle protège ses futures générations," a constaté Hajduch. Il s'agit d'une première recherche qui révèle l'essence moléculaire de l'intérieur des cellules des plantes lors du processus d'adaptation. […]


Autres sources :

- goodplanet.info

- Toxicologie nucléaire environnementale et humaine


petit rappel:

Ontogénétique : Les processus ontogénétiques dans l'évolution forment un lien entre le développement de l'individu et la lignée phylogénique. Des dysfonctionnements ontogénétiques peuvent conduire à des maladies telles que le nanisme ou le gigantisme qui sont deux modifications du taux d'accroissement de la taille


Phylogénétique : Qui a rapport à la phylogenèse (formation, évolution et développement des espèces vivantes).
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