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Art, bis

par Nimajneb, le 30/12/2005 à 19:56 - 1689 visites

A partir de quand peut-on parler d'Art pour un objet, une peinture...? Savons-nous réellement faire la différence entre l'art et le "non-art"?

Réponse du Guichet du savoir

par bml_art, le 31/12/2005 à 12:39

Réponse du département Arts et Loisirs

Votre question recoupe des préoccupations vieilles comme le monde ou presque et une littérature sur le sujet tout aussi ancienne, qui continue aujourd'hui, avec tous les débats sur l'art contemporain. Elle recoupe également la notion de beau, la notion d'oeuvre, la notion d'artiste.
Alors vous donner une réponse simple et courte est impossible.

Mais nous pouvons vous donner quelques orientations et définitions, afin que vous puissiez aborder toute cette réflexion passionnante et foisonnante !

Voici tout d'abord deux définitions, extraites d'articles du Dictionnaire critique et raisonné des termes d'art et d'archéologie :

ART
"Curieusement, ce mot-clé de nos cultures occidentales ne s'impose avec les notions de beauté, ou plus largement d'esthétique, que vers le milieu du XIXe siècle. C'est alors seulement que le terme prend dans le langage courant le sens qu'on lui donne de nos jours.
Antérieurement les divers sens, progressivement dégagés de leur acception initiale - principalement pragmatique -, ne s'étaient jamais complètement rejoints pour désigner l'art tel qu'on le conçoit aujiourd'hui;
Cette façon de le comprendre ne permet pas pour autant de l'enfermer dans une simple définition. La mouvance passée montre la complexité qui s'attache à cerner l'art. De même aujourd'hui, le jaillissement d'opinions et de notions diverses, proches ou antithétiques, qui, par-delà la simplicité du mot, recouvrent des conceptions violemment différentes.
NON-ART
Mouvement artistique. Ce concept, provocateur mais intellectuel, s'est exprimé vers les années 60. Dans son extrémisme, il semble être l'aboutissement des mouvements qui ont modifié et révolutionné le monde de l'art, venant à en condamner l'existence même." (voir la démarche de Marcel Duchamp, par exemple)

Nous vous conseillons de continuer par les articles ART de l'Encyclopaedia universalis (version papier ou électronique - consultable uniquement dans les locaux de la Bibliothèque municipale de Lyon) et OEUVRE D'ART, dont voici un extrait ; vous pourez avoir accès également à de conséquentes orientations bibliographiques :

"Qu'est-ce qu'une œuvre ? La question semble d'abord naïve. Entrez dans un musée ou une bibliothèque, montez sur l'Acropole : l'œuvre, c'est cet objet qui s'offre à vous, achevé, massif, durable ; même à l'état de ruine ou de fragment, cet objet est encore une œuvre, et la patine du temps, la sédimentation sur lui des regards et des lectures lui donnent - André Malraux l'a bien montré - une présence encore plus impérieuse, plus émouvante, plus vénérable. Mais cette première question en appelle une autre : Qu'est-ce qui distingue le Parthénon d'une ruine quelconque ? Quand l'œuvre est-elle vraiment œuvre d'art ? Mais pourquoi se laisser surprendre par cette question ? L'œuvre d'art authentique, c'est celle qui est reconnue comme telle, et qui mérite à son créateur d'être reconnu comme artiste. Reconnus, l'un et l'autre, par l'opinion générale, elle-même orientée par le jugement de ceux qu'Aristote appelait les experts, que la sociologie contemporaine désigne, dans le champ culturel, comme instance légitime de légitimation (P. Bourdieu). Il faudra du temps pour que ce jugement soit contesté en dehors même du champ culturel, et autrement que dans les disputes académiques auxquelles se complaisent les instances légitimantes. On restera donc pour le moment dans l'optique de la tradition : cette œuvre, si le consensus la consacre et la porte à travers l'histoire, c'est qu'elle est exemplairement une œuvre ; à la limite, un chef-d'œuvre. Mais qu'implique cette idée de l'œuvre ?
On se demandera pourquoi une œuvre est reconnue comme œuvre d'art, et parfois même donnée en exemple. Sans doute parce qu'elle a subi victorieusement l'épreuve de la critique : elle satisfait aux normes qui prévalent, et qui constituent les critères de la beauté, car l'idée de beauté est encore une idée normative. Ces règles, ce sont les experts - académiciens, chefs d'école, princes - qui les instaurent du haut de leur fauteuil ou de leur trône. Mais pas arbitrairement : ces experts qui orientent l'opinion du public sont eux-mêmes orientés par elle ; plus exactement, ils sont sensibles au système des valeurs qui règne dans leur société et qui spécifie sa vision du monde, son épistèmè et son éthos, autrement dit son idéologie. Car les valeurs esthétiques s'inscrivent dans un système plus large auquel elles s'accordent, surtout dans les sociétés où l'art est spontanément le moyen d'initier et d'intégrer l'individu à la culture. Une sociologie de l'art doit repérer les corrélations qui s'établissent entre les exigences auxquelles l'œuvre est soumise, d'une part, les structures sociales, les normes juridiques et les impératifs moraux, d'autre part (ce qui n'exclut nullement, bien sûr, une nouvelle mise en relation de ce système avec le système de la production).
Mais la normativité n'est pas seulement le fait des pouvoirs ou de l'idéologie ; elle est aussi le fait de l'œuvre elle-même. Comme pour un organisme qui instaure ses propres normes et vise à se maintenir « en forme », l'œuvre semble tendre à s'accomplir selon une nécessité interne ; beauté, c'est pour elle santé, ou, si l'on préfère, passage de l'essence à une pleine existence ; c'est ce qu'indiquent des prédicats comme «parfait», «achevé», «accompli», et aussi les termes par lesquels on a si souvent tenté de définir la beauté : «clarté», «plénitude», «équilibre », «harmonie ». L'œuvre, c'est cet objet clos qui se suffit à lui-même, qui se pose et s'impose avec la force de l'évidence, pour le bonheur de qui la contemple."

Pour compléter, vous pourrez consulter :
Histoire de l'art d'Ernst Gombrich ;

Qu'est-ce qu'un chef d'oeuvre ?, dirigé par Hans Belting, Arthur Danto, Jean Galard...

Qu'est ce qu'une oeuvre ? de Michel Guérin

Les Maitres de la peinture de Patricia Fride-Carrassat.

Enfin, il peut être intéressant de se pencher sur les définitions juridiques et fiscales de l'art et des oeuvres d'art ; voir par exemple une définition sur le site du CNAP (Centre national des arts plastiques) et sur le site educnet.
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