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Les mendiants

par Roald, le 26/12/2005 à 22:33 - 1558 visites

Il y a quelques jours, je me suis réveillé au son de France Info et la journaliste parlait des desserts de Noël et des fruits secs qui font partie des 13 desserts traditionnels en Provence, qu'on appelle là-bas les mendiants parce qu'ils évoquent les ordres religieux ou plus exactement la couleur des robes des ordres mendiants.
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-i...oniques/marche/
(Cliquer sur la chronique de 5 h 27)

Pourriez-vous m'en dire un peu plus ? D'où vient ce rapprochement ? Qui l'a établi ? Où pourrais-je en savoir plus (livres & sites Internet).

Cordialement et longue vie au GdS.

Réponse de

par gds_cdp, le 28/12/2005 à 18:35

Réponse du service Guichet du Savoir


Le réveillon de Noël, en Provence, ne pourrait pas se concevoir sans les 13 desserts traditionnels. Ils évoquent Jésus et ses 12 apôtres lors de la Cène.
Chacun en Provence a sa liste des 13 desserts et toutes divergent sensiblement d'une ville à l'autre. Pour mettre tout le monde d'accord sur Aix en Provence, l'association Fouque, l'escolo Felibrenco Li venturié, les pâtissiers de la Coupo Santo, l'Union des calissonniers d'Aix ont même déposé en 1998 une liste "Officielle".
Si le nombre est impératif, le choix des desserts est assez libre dans la liste qui suit (et qui reste d'ailleurs ouverte) ; certains d’entre eux porteurs de symboles et ancrés dans la tradition.

Il y a tout d'abord les quatre mendiants (fruits secs) qui représentent, par leurs couleurs, les habits des moines appartenant aux ordres religieux "mendiants" :

- les Figues sèches, pour les Franciscains
- les Amandes, pour les Carmélites
- les Noix ou Noisettes, pour les Augustins
- les Raisins secs, pour les Dominicains
(...)

source : Origine des 13 desserts

Leur nom viendrait des Ordres mendiants, ordres religieux fondés au début du XIIIème siècle :

Les ordres mendiants, Dominicain et Franciscain, apparaissent au début du XIIIe siècle en réaction contre les hérésies et les crises qui secouent l'Église séculière. L'ordre des dominicains, ou frères prêcheurs, est fondé en 1215 par l'espagnol Dominique de Guzman et reconnu par le pape au concile de Latran la même année. L'ordre des franciscains, ou frères mineurs, rassemble les disciples de François d'Assise, ayant fait le choix de vivre selon les préceptes de l'Évangile, dans la pauvreté et le dépouillement. La papauté reconnaît leur règle en 1223. Ils défendent une nouvelle forme de vie religieuse inspirée de l'érémitisme oriental, basée sur le retour à la pauvreté évangélique et sur une nouvelle forme d'apostolat, tournée vers les villes, en plein essor à l'orée du XIIIe siècle. À la différence du monachisme traditionnel, les frères mendiants ne respectent pas de règle de clôture et sortent fréquemment de leur couvent pour prêcher et enseigner. Très populaires dans les villes grâce à leur prédication, ils s'imposent rapidement face aux moines cloîtrés et surtout face au clergé séculier, comme des intermédiaires privilégiés de la parole divine pour le peuple. Ils sont généralement maîtres en théologie, diplôme bien supérieur à ce à quoi peut prétendre l'immense majorité des curés de paroisse. Ils ne tardent d'ailleurs pas à s'illustrer au sein des universités – comme saint Thomas d'Aquin ou saint Bonaventure –, où ils se heurtent à la rivalité des clercs séculiers. Soutenus par le pape, leurs couvents se développent dans toute la Chrétienté où ils initient une nouvelle forme de spiritualité laïque, en incitant au développement de confréries pieuses et en réorganisant la charité urbaine.

Les Carmes et les Augustins rejoindront ces deux ordres pour former "les quatre Mendiants".

Comme bon nombre de traditions, il est à peu près impossible de déterminer leur origine exacte et encore moins leur inititiateur, qui est rarement unique en matière de traditions populaires. Il n'est même pas possible de déterminer si le dessert des quatre mendiants a été inclus dans les treize desserts de Noël pour honorer les Ordres mendiants ou bien s'il en faisait de toutes façons partie et aurait été ainsi baptisé par analogie de couleur.

Voici ce que nous dit Maurice Chevaly, auteur de Noël traditionnel en Provence à propos des treize desserts :

Complément indispensable au gros souper, c'est la plus connue et la plus appréciée de nos coutumes calendales. Leur apparition, à la fin du repas, marque le couronnement du festin. En fait, ces desserts étaient autrefois réservés au réveillon de la messe de minuit, mais leur abondance jointe à la gourmandise des invités les firent servir pendant les trois jours de festivités.
La tradition exige le nombre treize en souvenir de la Cène : le Christ et ses douze apôtres. La liste varie beaucoup d'une région et même d'une localité à l'autre, mais le chiffre treize est toujours respecté puisqu'il correspond à l'effectif apostolique. Cette liste, quelle qu'elle soit, comprend toujours les quatre mendiants ou pachichoi : raisins secs et figues sèches, amandes, noix ou noisettes.


Voir aussi : Camargue.fr
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