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Accueil > Actualités > Le printemps arabe > syrie

syrie

par tatou, le 13/04/2011 à 14:24 - 1219 visites

certains pays arabes luttent pour la liberté et la démocratie.
l'occident condamne la répression dans ces pays.
pourquoi l'occident ne joue jamais le père fouettard auprès de la Syrie?
c'est un des pays les plus fermés de la planète,et pourtant personne ne bouge,
même pas les USA.quelle en est la raison?


Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 14/04/2011 à 11:20

Réponse du service Guichet du Savoir

Bonjour,

Il ne sera pas aisé de présenter en quelques lignes la situation au Proche-Orient qui s’avère particulièrement complexe. De par sa position géographique, ses frontières avec Israël, la Syrie joue un rôle central au Proche-Orient mais plus généralement au Moyen-Orient. Depuis l’indépendance de la Syrie, les relations entre celle-ci et les Etats-Unis, mais aussi, dans une moindre mesure, avec l’Europe n’ont cessé de fluctuer et ont connu des oscillations importantes au cours du temps. Ainsi, si l’on reprend l’analyse effectuée par Philippe Droz-Vincent, la Syrie a successivement connu des phases d’ouverture de discussion mais aussi de durcissement avec les Etats-Unis. Pour ne citer que quelques exemples, peu après l’évacuation des dernières troupes françaises, en avril 1946, les autorités de Damas tentent d’approcher certains représentants officiels des Etats-Unis (…) puis, l’arrivée du gouvernement Eisenhower, en janvier 1953, marque un profond durcissement …. Un antagonisme grandissant entre les deux pays sert de toile de fond à plusieurs tentatives voilées des Etats-Unis de renforcer les gouvernements Syriens (...) Ces évènements ont laissé un héritage de tension et de défiance qui continue de hanter les relations entre Damas et Washington.

Dans les années Soixante-dix et quatre-vingts, les relations diplomatiques alternent sans cesse entre rapprochement et durcissement. Il faut attendre l’invasion du Koweït par l’Irak, en août 1990, pour voir les relations entre la Syrie et les Etats-Unis se réchauffer. Néanmoins, là encore, la situation n’est pas aussi simple et les discussions se heurtent bien souvent au profond antagonisme séparant la Syrie et Israël. Après de longues tentatives de négociations de paix entre ces deux pays, la Syrie est alors accusée de soutenir le terrorisme, ce qui conduit, en juin 2003, les troupes américaines à bombarder des positions syriennes tout le long de la frontière avec l’Irak et à faire prisonnier plusieurs membres du personnel militaire syrien.
Source : La Syrie au présent. Reflets d'une société, p.831-834.

En outre, depuis 2004, les Etats-Unis imposent des sanctions économiques à la Syrie qu’ils accusent, non seulement de « soutenir le terrorisme et de poursuivre des programmes d’armes de destruction massive », mais encore d’aider la rébellion en Irak. Ces sanctions ont été renouvelées par Barak Obama en mai 2009.
Source : Atlas géostratégique du Proche et du Moyen-Orient, p. 70.

La Une du Courrier international du 31 mars au 6 avril 2011 est consacrée à la Syrie et intitulée « Syrie. Enquête sur un dictateur en sursis ». Les divers articles présentent, à partir de divers points de vue, une situation complexe :

Ainsi, Dans le New York Times Mark Landler expose que l’aggravation des troubles en Syrie pourrait faire voler en éclats les derniers espoirs de parvenir à un accord de paix au Moyen-Orient. Elle pourrait aussi redéfinir l’influence régionale respective des Etats-Unis et de l’Iran, et poser des problèmes au plus grand allié de Washington, Israël. Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Damas, Robert Ford, a discrètement invité le président syrien à cesser de tirer sur son peuple. Les responsables américains se disent tiraillés entre la crainte d’une déstabilisation des voisins, comme le Liban et Israël, et l’espoir de voir s’affaiblir l’un des principaux alliés de l’Iran. Depuis deux ans, les Etats-Unis tentent d’inciter damas à négocier un accord de paix avec Israël et à se désolidariser de l’Iran;

Dans The Cristian Science Monitor, l'auteur de l'article "Réformer ou punir, il faut choisir" constate que si de nombreux gouvernements occidentaux se méfient du président Assad, ils redoutent la dangereuse instabilité qui pourrait s’installer dans la région en cas de chute du régime.
Source : Courrier international, p. 21

Toutes ces raisons expliquent donc l’extrême prudence des Etats-Unis et de l’Europe.
Par ailleurs, votre question pose d’autres interrogations, celles notamment du droit d’ingérence et plus spécialement de la légitimité d’intervention d’organisations comme l’OTAN dans des conflits ou lors de situations politiques délicates.
Enfin, il est fort à craindre qu’il existe bien d’autres pays aussi « fermés » que la Syrie … mais nous n’interviendrons pas dans ce domaine, et vous laisserons consulter un atlas de géopolitique qui vous permettra de vous faire une idée.

Nous vous proposons ces ouvrages que nous n’avons pu utiliser pour étayer nos propos car ils étaient alors empruntés. Toutefois, ces études vous permettront de comprendre tous les tenants et aboutissants de la géopolitique au Moyen-Orient :

* Quand la Syrie s'éveillera / Richard Labévière, Talal el- Atrache; préface Alain Chouet, 2011.

* La Syrie, ouverture? : Le monde arabe et la question nucléaire publié dans Maghreb- Machrek, n° 203, 2010.

* Les conflits du Moyen-Orient/ Feki, Masri, 2010.

* Le Moyen-Orient / Philippe Droz-Vincent, 2009.
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