Guichet Du Savoir
http://www.guichetdusavoir.org/

État amoureux et Science
http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?f=229&t=45153
Page 1 sur 1

Viv' [ 14/02/2006 à 12:05 ]

Bonjour à vous tous,

J’aurais voulu savoir quelle quantité d’énergie(en joule) est susceptible de provoquer un état amoureux par ex lors d’un baiser. J’ai vu que vous aviez déjà donné ques références à ce sujet; mais je recherche surtout des sites. Donc sur l’Amour expliqué par la science.

Existe-t-il un site qui explique notre quotidien par la science ?

Merci

Viv’

Réponse attendue le 17/02/2006 - 12:02


bml_sci [ 15/02/2006 à 11:50 ]

Réponse du département Sciences et techniques.

• Le baiser en chiffres
Vingt mille est le nombre de baisers que chacun d’entre nous donne ou reçoit en moyenne dans sa vie. 42 % des femmes disent préférer embrasser et 47 % des hommes, être embrassés. Lors d’un baiser, 34 muscles se mettent en action. Le pouls de chacun des protagonistes d’un baiser passionné peut atteindre 120 pulsations par minute ce qui représente une dépense énergétique de 6,4 calories par minute. Quant au tout premier baiser, celui qu’on dit inoubliable, seulement 63% des individus s’en souviennent.
Le baiser est un contact entre 2 organismes, 2 mécanismes. Il est la rencontre entre une muqueuse et un épiderme. Le baiser passionnel, quant à lui, mélange salives, odeurs, souffles et saveurs. Mais l’amour modifiant la perception des sens, la salive devient nectar, les dents deviennent perles, la peau devient velours.
Que se passe-t-il exactement lors d’un baiser ? L’activité thyroïdienne augmente. Il s’ensuit une décharge corticothalamique, le pouls passe de 75 à 150 pulsations. Le baiser une fois terminé, les sujets auront brûlé environ 12 calories chacun, échangé 0,7 mg d’albumine, 4,5 mg de sel, assortis de quelques enzymes et près de 250 bactéries.


Les données figurant dans le texte ci-dessus n’ont pu être vérifiées, le site ne citant pas ses sources ; cela n’a rien d’étonnant, ce texte ne fournit qu’un simple contrepoint humoristique à l’annonce d’un spectacle de danse sur le thème du baiser ; je vous laisserai en outre le plaisir de convertir les calories en joules.
A la lecture du texte qui précède, il est évident que toute activité humaine ne se réduit pas à ses seules composantes physiologiques : la mayonnaise est bien le produit de l’émulsion d’une huile, mais elle ne prend tout son sens que « contextualisée » par un saumon sauvage délicatement parfumé, accompagné d’un Sancerre d’une bonne année et dégusté en compagnie d’amis très chers !

Je ne suis d'ailleurs pas le seul à penser de cette manière : nous lisons par exemple, dans "La physiologie humaine" de Lauralee Sherwood, que « Dans l’espèce humaine, l’acte sexuel comporte, en plus des composantes physiologiques proprement dite, une dimension émotionnelle, psychologique et sociale qui déborde du cadre de cet ouvrage consacré à la physiologie proprement dite » (p 545).
Dans un autre contexte, l’ouvrage publié par les éditions Autrement sur "Le baiser : premières leçons d'amour" ne comprend, tout au long de ses 210 pages, aucun passage sur la physiologie du baiser… De la même manière, c’est bien l’humanité qui transparaît sous la discipline scientifique qui rend Boris Cyrulnik ou bien Jean-Didier Vincent si éclairants. Le film "Biochimie du coup de foudre", déjà signalé lors de la réponse à une autre question, met bien en valeur ces deux registres complémentaires.
Pour conclure, - et je me surprend en train de me travestir en humaniste convaincu –, je ne peux que vous conseiller de lire le délicieux petit livre plein d’humour intitulé "Le sexe de la science" qui rassemble une série de chroniques publiées sur le site de l’agence Science-Presse : sa lecture vous apprendra la juste distance entre curiosité scientifique et esprit critique. Que l’activité sexuelle soit une manière pour les espèces de durer, qui le nierait ! et pourtant, quelle richesse dans cette activité proprement humaine !

PS : Vous allez sûrement m’accuser d’avoir succombé au syndrome de la Saint-Valentin : vous auriez tort, car, à mon sens, nos sentiments ne doivent pas suivre les injonctions d’une publicité trop envahissante, même si je ne nourris aucune animosité particulière envers les parfumeurs ou les fleuristes, professions éminemment respectables !

Réponse attendue le 18/02/2006 - 11:02