Guichet Du Savoir
http://www.guichetdusavoir.org/

Communisme
http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?f=233&t=46031
Page 1 sur 1

Psychologe [ 09/10/2005 à 21:16 ]

Quelle est la difference entre communisme et socialisme?

Réponse attendue le 12/10/2005 - 21:10


gds_bp [ 11/10/2005 à 14:54 ]

Réponse du service Guichet du Savoir

Vaste question...
Nous laisserons donc la parole à l'Encyclopaedia Universalis pour les définitions :

Communisme : en politique, doctrine économique et politique visant la répartition des biens selon les besoins et prônant, avant une absence d'État à venir, la dictature du prolétariat

Socialisme :
- dénomination générique de diverses théories, doctrines et sensibilités condamnant à des degrés divers la propriété privée, l'exploitation capitaliste des prolétaires et le système généralisé des échanges
- dans la théorie marxiste, stade de passage entre l'effondrement du capitalisme et la disparition de l'État
- ensemble des doctrines de la gauche non marxiste


et quelques extraits des notices plus complètes :
Le communisme fut couramment présenté, jusqu'à l'effondrement du système soviétique, comme une interprétation de l'histoire permettant tout à la fois de justifier l'antériorité du projet marxiste sur tous les autres et de ne pas lui interdire d'apparaître comme l'aboutissement évolutionniste de l'histoire de l'humanité. Nous n'avons pas cherché ici à lui trouver autant d'ancêtres qu'il s'en était naguère annexés dans la sphère de l'histoire (paysans italiens en révolte, au début du XIVe siècle, que les Fraticelli franciscains ramenaient, selon Kautsky, vers le communisme primitif) ou dans celle de la théorie (le Platon de la République, dont la société égalitaire était fondée sur la participation de l'homme libre à la vie politique bien plus que sur des relations maître-esclave).

Le communisme moderne, conçu comme paradis perdu, pousse plus profondément ses racines dans l'histoire des idées que dans celle des hommes. Même si ces derniers se sont peut-être attachés à en effacer les traces, éphémères et dispersées, le thème d'une société idéale reposant sur la communauté des biens apparaît vraiment au XVIe siècle dans l'utopie de Thomas More, s'incarne au XVIIe siècle dans la république chrétienne des Guaranis (Paraguay), avant de faire l'objet, à partir du XVIIIe siècle, d'une théorisation puis d'un travail de consolidation et de ressourcement permanents. Ce bonheur primitif prend réellement corps à la lecture de Jean-Jacques Rousseau, inspiré par le mythe du bon sauvage. Tout au long du XIXe siècle, et avec de multiples variantes, la pensée de gauche fonde sa vision de la société démocratique future sur les bases qu'en a jetées le philosophe genevois et telles que la Révolution française a tenté de les mettre en œuvre.

C'est avec le développement du prolétariat industriel et la formation du mouvement ouvrier, dans un contexte de lutte révolutionnaire sur-déterminée par des questions nationales (1848), que le communisme bascule vers un projet universaliste qui vise à changer effectivement les bases de la société. Celle-ci étant le champ d'une lutte de deux classes à l'échelle mondiale, il convient de constituer, pour en réussir la subversion, un parti de la classe ouvrière de dimension planétaire. Le marxisme, qui s'impose comme son exclusif substrat idéologique, lui procure une philosophie de l'histoire qui lui garantit de constituer la dernière étape d'une accession de l'humanité à la société parfaite. Tout a en effet commencé avec le communisme primitif qui, dégradé en matriarcat puis en patriarcat, conduisit, beaucoup plus tard, à l'esclavagisme antique, au servage médiéval et, finalement, à l'avènement du capitalisme bourgeois. Du refus d'endosser le patrimoine de cette société bourgeoise dans ses acquis naît un projet global, qui aspire à donner à la fois à l'humanité un regard définitif sur son passé et la certitude d'un devenir heureux. Cette complétude lui assure près de cent cinquante ans de pérennité idéologique.


« Socialisme » : un mot qui a fait fortune.
Pratiquement inconnu avant la révolution de 1830, il contribue bientôt à déclencher, en compagnie du mot « communisme », la grande peur sociale de 1848. Des débuts de la seconde moitié du XIXe siècle à 1917, les dénominations « socialiste » et « socialisme » submergent celles de « communiste » et « communisme ». Les organisations ouvrières nationales de masse sont en fait, malgré les nuances très sensibles qui parfois les distinguent, des partis socialistes, se présentant à peu près comme tels. Il y a même un malingre British Socialist Party, marxiste...
Viennent ensuite la révolution soviétique et la relance universelle des termes « communiste » et « communisme ».

Le mot et son contenu
Le mot « socialisme » revêt dans l'histoire des significations multiples.
Multiples, au sein même d'un socialisme authentique, selon les écoles. Multiples, selon les époques. Son contenu présente toutefois au cours des temps, et aujourd'hui encore, qu'il s'agisse d'un gouvernement social-démocrate ou d'un Etat socialiste, des caractères fondamentaux communs. Comme tant d'autres mots, il n'est entré dans le vocabulaire courant de l'économie et de la politique que par les doctrines, les courants d'idées, les mouvements, autrement dit par les nouveautés de la vie collective...
Plus que l'invention du mot compte ici sa réception dans la société, autrement dit sa diffusion. Une certitude demeure à cet égard. C'est dans le sillage de la révolution parisienne de Juillet et dans les remous sociaux qu'elle provoque que le mot fait publiquement surface. Il prospère ensuite au cours des années 1840 et apparaît parfois en plein relief dans des titres d'ouvrages tel le fameux "What is Socialism ?" publié en 1841 par Owen. Vient ensuite le bond de 1848 : malgré le chartisme de la décennie anglaise qui précède, l'épicentre du mouvement est bien en France.
Mais le « socialisme » ne s'est pas encore imposé. Le Dictionnaire de l'Académie française de 1835 l'ignore. Un Complément l'accueille longtemps après: « Doctrine qui prétend à la régénération de la société. » La nouvelle édition du Dictionnaire, en 1877, n'est pas beaucoup plus explicative : « Doctrine des hommes qui prétendent changer l'état de la société, et la réformer sur un plan tout à fait nouveau. » La définition vague, neutre, se situe un peu en retrait de la première : il n'est plus question de régénérer, mais de changer, de réformer. Dans l'édition suivante, de 1935, la définition se fait plus précise et én même temps plus étroite ; on penserait presque : plus aiguë. Elle dit : « Doctrine qui préconise un plan d'organisation sociale et économique subordonnant les intérêts de l'individu à ceux de l'État. » Le moderne Robert est plus souple et plus proche des faits : « Toute doctrine d'organisation sociale qui entend faire prévaloir l'intérêt, le bien général les intérêts particuliers, au moyen d'une organisation concertée (par opposition à libéralisme)... ».
Mais une histoire génétique du mot ne manquera pas naturellement de donner bien davantage que l'analyse comparée des dictionnaires. Et bien davantage encore une histoire génétique du mouvement, international comme le prolétariat dominé et frustré. Le sociacialisme apparaîtra ainsi dans sa continuité dominante comme une démocratie et comme une économie en relations réversibles.


Si vous voulez en savoir plus, consultez l'intégralité des articles de l'Encyclopaedia Universalis..., ainsi ainsi que les nombreux ouvrages, consacrés à ces doctrines.

Réponse attendue le 14/10/2005 - 14:10