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ECJS

par Papoou, le 16/11/2008 à 12:01 - 1145 visites

Bonjour,

J'ai un sujet d'ECJS à préparer.
Le sujet est : " les religions peuvent-elles apporter quelque chose de positif à la République " , et je peine énormément à trouver des arguments. Je dois faire la thèse, et trouver une dizaine pour dire que oui, les religions peuvent apporter quelque chose de positif à la religion.

Merci d'avance pour votre aide.

Réponse de

par gds_bp, le 20/11/2008 à 11:55

Réponse du service Guichet du Savoir

Nous ne connaissons pas précisément les programmes correspondants à l'enseignement de l'Education civique, juridique et sociale, mais votre sujet de réflexion nous paraît délicat et complexe, d'autant plus que les sources sur lesquelles s'appuyer semblent peu nombreuses et ardues.


Voici quelques pistes :

- L'Europe et le fait religieux :

« Que le fait religieux soit à l'origine de l'une des affirmations les plus vigoureuses de l'Europe, la liberté, est bien connue.
[...]On sait moins que l'élaboration des droits de l'homme doit également beaucoup à la religion.
[...]La reconnaissance de la valeur de l'homme - du fils de l'homme - et de l'égale dignité de tous les humains descendant d'un même humain, créé à l'image d'un Dieu unique, a pris d'abord la forme d'une révélation religieuse avant que cette révélation ne soit inscrite dans le droit politique.
[...]
Aux penseurs de l'âge classique, on doit l'égalité, la sûreté, la liberté de conscience, la propriété, à laquelle la déclaration américaine ajoute le droit à la poursuite du bonheur ; cette liste finie des droits de l'homme qu'on trouve intacte dans Déclaration du XVIIIe siècle a été soutenue par une argumentation qui déduit la nécessité de transposer des prescriptions éthico-religieuses dans le droit. »

- La laïcité à l'épreuve : religions et libertés dans le monde :
« [...]La religion a perdu dans les sociétés modernes occidentalisées la place fondamentale, centrale, qui fut la sienne pendant des siècles pour produire et reproduire le lien social, donner sens à la vie humaine, instaurer des normes de conduite. »

- Querelles françaises : Entretiens entre Blandine Kriegel et Alexis Lacroix.
Extraits :
« Le droit politique de l’Etat républicain ne procède ni du droit romain, ni de l’empire ; il s’écarte du premier et combat le second. Il prend en partie sa source d’une sécularisation des principes éthiques contenus dans les Ecritures. »

La République est fondée sur la philosophie des droits de l’homme. Mais cette philosophie ne naît pas subitement au XVIII° siècle.

« Le Big bang se produit au XVII ° siècle en effet. Car si l’idée de la valeur de la vie humaine est présente dans toutes les sociétés humaines comme l’atteste- nous disent les anthropologues- la présence universelle des rites funéraires, l’inscription de cette idée dans le droit, est plus récente.
Cette idée a effectivement connue une longue préhistoire religieuse où se sont dégagées , lentement, mais sûrement , les convictions nouvelles : tout d’abord celle de l’égale dignité de toute vie humaine parce que celle-ci a été crée à l’image de Dieu. .. ; »


« Les droits de l’Homme sont les attributs de la vie humaine. Soit, mais comment a-t-on pu les déterminer, les définir, les découvrir ?
BK : Certes pas dans le droit romain où ils étaient absents, mais dans les préceptes moraux . Comme la religion de l’époque était la grande éducatrice morale, on les a trouvés dans les textes religieux ; »


« D’ailleurs les équations sont simples à établir. Aime ton prochain comme toi-même : l’égalité. Tu ne tueras point : la sûreté. Tu ne voleras point : la propriété, etc…Les droits de l’homme sont une réflexion sur le Droit des Ecritures, une sécularisation des commandements des Ecritures.»

- Les religions dans la société (Les Cahiers français ; 340, septembre-octobre 2007) :

Un article « L’héritage chrétien de la France » Danièle hervieu-Léger
Extrait :
« On découvre alors la puissance d’un travail d’imprégnation qui concerne à la fois les institutions et les mentalités, même en l’absence de toute référence religieuse explicite. Ce travail concerne au premier chef le catholicisme, religion majoritaire dont l’emprise culturelle a durablement survécu au mouvement général de sécularisation. Pour mesurer l’importance de cette présence laïcisée du catholicisme dans la société française actuelle, il faut prendre la mesure du long travail historique par lequel, de façon dialectique, une religion s’est assimilée à une culture et se l’est en même temps incorporée. D’un côté le catholicisme français, dans une société où la terre était la base de l’économie et la source de la noblesse, a pris une configuration rurale dont le modèle de la paroisse rurale a constitué, jusqu’à une date récente, la référence principale. De l’autre côté le catholicisme a façonné pendant des siècles, et jusque dans le détail, l’ensemble de la vie quotidienne d’une population. Il en demeure après le passage de la laïcisation des institutions et de l’émancipation moderne des consciences, une « christianitude », « un habitus qui marque en profondeur les incroyants les plus décidés eux-mêmes ».[…] La laïcité française, construite historiquement pour en finir avec la tutelle de l’Eglise en même temps qu’avec l’oppression obscurantiste de la religion, s’inscrit elle-même à l’intérieur de ce moule. La République n’a pu combattre et vaincre la puissance de l’Eglise catholique qu’en lui opposant le contre modèle d’une véritable religion civile qui comporte – comme l’a souligné Pierre Nora - son Panthéon, son martyrologe, sa liturgie, ses mythes, ses rites, ses autels et ses temples. Il existe une affinité fondatrice, par-delà leur concurrence historique, entre le dispositif catholique d’un pouvoir religieux hiérarchisé et territorialisé, inséparable d’une stricte division du travail religieux entre prêtres et laïcs, et le modèle universaliste et administratif que la République met en œuvre dans tous les domaines. »

Cet extrait peut vous faire réfléchir sur un certain nombre d’ «apports» : communes, bibliothèques, fêtes, calendrier, rites (naissance, mort, mariage…)

D’autres pistes :
La patrimonalisation du l’héritage chrétien…
« …La mise à distance de la religion en tant que cadre organisateur de la vie individuelle et collective est nécessaire en effet pour que des « trésors religieux » (des textes, de la musique dite sacrée, des monuments, bâtiments, peinture et autres objets d’art religieux, etc.) puissent être reconnus comme bien commun , auquel chacun, croyant ou non, peut se rapporter au titre d’une histoire, d’une culture et de valeurs partagées. »

- Un monde désenchanté ? de Marcel Gauchet
Extrait du chapitre 4 :
« La thèse que je voudrais défendre est que nous devions tous quelque chose à la religion, jusqu'à une date récente [...] et que nous avons tous perdu quelque chose dans l'immense tournant qui nous emporte depuis une trentaine d'années et qui, entre autres, est en train d'achever de liquider les vestiges d'organisation religieuse qui subsistaient parmi nous. Quelque chose qui a directement à voir avec la "déshumanisation du monde" qui nous inquiète.
[...]
Ce quelque chose qui se dérobe à nous, et que nous devions, à mon avis, à l'héritage des religions, c'est ni plus ni moins ce qui nous permettait d'appréhender nos sociétés comme des ensembles cohérents et d'envisager d'agir globalement sur elles pour les transformer de manière concertée, quelle que soit ensuite la façon de concevoir cette action transformatrice, qu'on la veuille graduelle, ou qu'on la souhaite radicale. Le débat n'est plus entre réforme et révolution : il n'y a plus ni réforme ni révolution. Il y a des changements, qu'il s'agit d'administrer ou d'encadrer tant bien que mal, mais qui, dans leur fond se soustraient à nos prises.
Nous vivions sur la tranquille certitude que nous pouvions nous saisir de la chose collective, la déchiffrer dans sa dynamique interne et dans une mesure à déterminer, piloter sa construction d'elle-même dans le temps. Ce n'était pas même un présupposé, c'était une évidence tangible. Eh bien, nous nous reposions sur une sécurité trompeuse. Cette disponibilité du social à ses acteurs ne va aucunement de soi, elle n'en constitue pas une propriété de nature. Elle correspondait à un certain état historique des sociétés qui est en train de se défaire. En réalité, nous devions ce type de cohérence et l'accessibilité tant théorique que pratique qui en résultait à l'insistance du mode religieux de structuration des communautés humaines. Un mode de structuration qui avait sourdement survécu à l'organisation religieuse du monde.
»
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