Poser une question

Des bibliothécaires vous répondent en 72h maximum.

je pose ma question

Chercher une réponse

recherche multi-critères

Comment ça marche

Quelles questions ?
Qui répond ?
Dans quel délai ? tout savoir

Accueil > Actualités > 15e Biennale de la Danse > danse dans les églises

danse dans les églises

par petitfils de raoul, le 26/03/2010 à 14:37 - 1674 visites

Madame,Monsieur,
Les gens dansaient-ils dans les Eglises au Moyen-Age ?

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 27/03/2010 à 16:44

Réponse du Département Civilisation

Les documents que nous avons consulté montrent tous que la danse était pratiquée dans les églises au Moyen-âge, et tolérée, jusqu’à un certain point …
« Au cours du Moyen Âge occidental, des danses furent exécutées dans les églises soit spontanément par le peuple, soit rituellement (si l'on peut dire) par le clergé. Joseph Bédier, cité par Giroud, écrit : « Les jeunes clercs ne se démenaient pas, ne frappaient pas du pied, ne se débrisaient pas, comme les danseurs des caroles mondaines, qui agitaient bras et jambes et allaient jusqu'à mimer des scènes au centre de leur ronde. » Les danses d'église étaient en effet presque toujours des caroles, exécutées à l'occasion de certaines fêtes, notamment Noël et Pâques que précède un temps de pénitence, l'avent et le carême ; aussi dansait-on sur des chants de joie latins pour célébrer la naissance ou la résurrection du Christ. Seuls les clercs et les hommes participaient à ces danses, qui ne faisaient pas partie de la liturgie. Bernard Itier, dans sa Chronique de Saint-Martial de Limoges, nous apprend que, pendant l'octave de la fête du saint patron de l'abbaye - « chorea facta est » -, on exécutait des danses. On rencontre aussi le terme tripudium au sens de danse, de manifestation d'allégresse et d'élan joyeux où le corps participe par des gestes. Ainsi lit-on dans le Libre vermell (XIIIe s.) des moines de Montserrat une allusion à « une douce chanson qui doit servir de ronde » (« ad trepidium rotundum »).
Les rondes semblent être, en effet, les danses sacrées par excellence de l'Occident ; elles prennent souvent aussi la forme de processions. Mais elles n'ont rien à voir avec les facéties burlesques dont les églises furent parfois le théâtre (fête des fous par exemple). T. Arbeau rapporte, en 1589 : « En l'Église primitive, la coutume continuée jusques en notre temps a esté de chanter les hymnes de notre Église en dançant et ballant, et y est encore en plusieurs lieux observée. » Ces danses étaient exécutées à l'occasion de certains événements, tels qu'une élection d'évêque, une fête de saint, la célébration des saints Innocents... Pour la Sainte-Madeleine, les moniales de Villarceaux mimaient une danse imaginaire du roi David. Le clergé de Gournay dansait pour la Saint-Nicolas et, dans certaines régions, la coutume voulait qu'un nouveau prêtre dansât le jour de son ordination ; un arrêt du Parlement de Paris interdit cet usage en 1547. Au XVIIIe siècle, les chanoines du chapitre d'Auxerre avaient l'habitude de danser une ronde après avoir joué à la pelote (ludum pilae). Le Mercure de France (mai 1726) nous apprend qu'il s'agissait d'une sorte de branle. On peut appliquer à une telle ronde la définition que Gaston Paris donne de la carole profane : « une danse aux chansons où l'on se tient par la main ». Comme les fidèles, hommes et femmes, passant outre aux interdictions répétées, s'unissaient au clergé pour danser, les abus furent estimés condamnables. Citons seulement quelques conciles locaux, aux dates significatives, qui sanctionnent de tels ébats : Tolède (589), Bâle (1435), Soissons (1456), Narbonne (1551 et 1609), Rouen (1581), Reims (1583), Aquilée (1596), Bordeaux (1624).
»
Extrait de l’article : Danses d’église dans l’ Encyclopaedia Universalis

« Certaines danses, plus ou moins étroitement associées, aujourd’hui encore, à des fêtes chrètiennes, ne sont guère, en réalité, que des survivances païennes : […]. D’inspiration plus chrétienne étaient, sans doute, au XIIe s., la danse des ecclésiastiques de Gournay, en Normandie, pour la Saint-Nicolas et celles des moniales de Villarceaux pour les fêtes des Saints Innocents ou de Sainte Madeleine (cf. journal des visites d’Eudes Rigaud, archevêque de Rouen). Les documents évoquent encore, à Auxerre, une ronde du chapitre à chaque nouvelle nomination ; à Chalon-sur-Saône, au soir de la Pentecôte, une danse des chanoines au chant du Veni Sancte Spiritus. A Limoges, au XVIe siècle, on dansait dans l’Eglise S.-Léonard pour la fête de S. Martial. Le rituel de la collégiale de Besançon (1582) donne des détails sur les danses à interpréter le jour de Pâques, par la foule et le clergé, soit dans le cloître, soit, en cas de mauvais temps, à l’intérieur de l’église. Un peu partout, on « ballait » sur Salve festa dies, sur O filii, sur Victimae Paschali laudes, sur Vexilla regis, avec des « reprises » appropriés à la chorégraphie. Avant de devenir un motif décoratif, la danse des morts fut mimée dans les églises et les cimetières.. […] Faisant sa part à la coutume, l’Eglise toléra de telles pratiques. Parfois cependant elle sévit : les bornes de la décence étaient trop dépassées. »
Extrait de l’article « Danse religieuse » de l’encyclopédie Catholicisme, hier, aujourd’hui, demain

« Les rapports entre l’Eglise et la danse tout au long du Moyen Age sont fort ambigus. L’Eglise se trouve en effet coincée entre une interdiction de principe, dont elle ne connait d’ailleurs plus du tout la raison, et un état de fait qui donne à la danse une place importante dans la civilisation. […]
Aussi, l’Eglise ne cessera-t-elle d’interdire aux chrétiens de danser, tout au long du Moyen-âge. Il n’est guère de concile qui ne rappelle cette interdiction, d’une façon ou d’une autre : […]
Mais ces constantes interdictions sont la meilleure preuve de la belle vitalité de la danse au Moyen-âge, car l’on n’interdit que ce qui existe. Elle nous montre même que la danse existait à l’intérieur des églises, car plusieurs en font mention. »
A lire, la suite de ce chapitre VII. L’Eglise et la danse, de l’Histoire de la danse. 1. des origines à la fin du Moyen-âge, Germaine Prudhomme, notamment p. 205 « Danses dans les églises »

Voir aussi La geste de Roland, l’épopée de la frontière, Robert Lafont, sur Google recherche de livres, qui fournit en note des indications bibliographiques.
  • 1 vote

Rester connecté

guichetdusavoir.org sur Twitter

s'abonner aux flux RSS

Les astuces du Guichet du Savoir

Comment trouver des infos sur


un artiste et ses œuvres
des films et des réalisateurs
une pièce de théâtre
des articles de presse
le logement
des livres jeunesse
des revues scientifiques
le droit d'auteur
mentions légales - contact