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Accueil > Actualités > Caricatures : le retour d'Anastasie ? > La censure d'Anastasie de André GILL

La censure d'Anastasie de André GILL

par MorganeVT, le 13/12/2009 à 18:36 - 802 visites

J'aimerais savoir ce que signifie la paire de ciseaux et la chouette.
Et ce que la position d'ANASTASIE et son visage donnent comme imagine de la censure.
Merci de me repondre,bis

Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 16/12/2009 à 11:04

Réponse du service Guichet du Savoir

Bonjour,

Louis Alexandre Gosset de Guiness dit André Gill, peintre et caricaturiste porte un regard « engagé » sur les évènements contemporains : la fin du second Empire et l’avènement de la République.

Tout au long du XIXe siècle, la censure veille contre la presse, les journalistes et tout particulièrement contre l'image, la caricature et les dessinateurs. Malgré l’inscription de la liberté d'expression dans la Déclaration des Droits de l’Homme - article XI - les restrictions demeurent importantes. Bertrand Pilier rappelle que le 31 juillet 1789 la Commune de Paris prévoit de soumettre les caricatures à la censure préalable ; le Directoire restreint à nouveau la presse ; sous l’Empire, l’expression publique est muselée avec une plus grande fermeté (...) par la loi du 31 mars 1820 [la restauration] rétablit un système préventif (…) Louis-Philippe prohibe constitutionnellement la censure dans l’article 7 de la Charte de 1830 (…) La loi du 9 septembre 1935 épargne la presse écrite, mais réprime durement la satire graphique (...) la censure du second Empire est rétablie le 18 mars 1871 et se maintient sous la République conservatrice jusqu’à la loi du 29 juillet 1881. (In : A la charge : la caricature en France de 1789 à 2000)

Toutes ces mesures expliquent que face à une censure vigilante, caricaturistes et journalistes s’affairent. Aussi voit-on l’apparition d’images dénonciatrices comme la figure de Madame Anastasie qui est l’incarnation archétypale la plus durable et la plus régulière de la censure, au point que son nom et sa figure, dont les origines ont été oubliées, sont néanmoins devenus des moyens de dénoncer l’arbitraire politique et la restriction des libertés publiques. [...] Là où la Liberté est jeune, lumineuse, radieuse et attirante, Anastasie est vielle, laide, acariâtre et repoussante. André Gill en a fixé les traits et condensé les caractères principaux dans une caricature célèbre. : une vielle mégère grimaçante, au sourire sournois, aux ongles crochus semblables à des griffes de rapace, aux dents acérées, aux yeux exorbités par l’usure d’une lecture trop méticuleuse que compensent des lunettes épaisses, coiffée d’un bonnet de concierge qui voit tout pour pouvoir renseigner la police, et vêtue d’un tablier de domestique au service des puissants, armée d’une gigantesque paire de ciseaux sous le bras et dotée d’une chouette juchée sur l’épaule comme emblème de la nuit, des pratiques obscurantistes et des superstitions d’un age reculé. (In : La caricature, objet d'histoire ?, Point d 'actualité)




André Gil adopte l’image de Madame Anastasie en 1874 et pourrait même en être, selon les recherche menées par Christian Delporte - In : La censure en France à l'ère démocratique, 1848- ... -, à l’origine.

Le 19 juillet 1874, André Gill caricature une première fois Madame Anastasie qui est d'ailleurs commentée : elle prodigue des trésors d’indulgence aux cocotteries indécentes de Grévin, elle sourit avec bonté aux charges réactionnaires de Cham ; mais le moindre coup de crayon de Gill lui donne des attaques de nerfs… ; Au physique, Anastasie Censure est une vieille pointue qui se distingue par deux qualités maîtresses chez les servantes dévouées à l’arbitraire : une grande malveillance et un manque absolu d’esprit. (…) Elle serait bien embarrassée s’il fallait qu’elle justifiât les cascades de son crayon et de ses ciseaux … (In : Un maître de la caricature : André Gill, 1840-1885)

Dans cette caricature madame Anastasie est donc représentée en vieille femme avec une chouette et une paire de ciseaux qui est, selon, Bertrand Bilier, l’attribut le plus constant du personnage d’Anastasie (...) parfois assimilée à l’une des trois Parques, Atropos qui coupait le fil de la vie ….
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