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Accueil > Actualités > 1914-1918 : Lyon sur tous les fronts ! > L'enfance durant la 1ère guerre mondiale

L'enfance durant la 1ère guerre mondiale

par Augustine, le 10/10/2014 à 19:12 - 762 visites

Bonjour,
J'aimerais savoir en quoi la vie des enfants (à la ville ou à la campagne) était différente durant la 1ère guerre mondiale de leur vie en temps de paix.
Merci d'avance.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 14/10/2014 à 11:17

Bonjour,

Le livre de référence sur les enfants pendant la Grande Guerre est Allons enfants de la patrie : génération Grande Guerre / Manon Pignot

Vous en trouverez un petit résumé dans l’article Les enfants de l’Encyclopédie de la Grande Guerre, 1914-1918 : histoire et culture / sous la dir. de Stéphane Audoin-Rouzeau et Jean-Jacques Becker

Voici un extrait de l’introduction :
« L’étude de l’enfance en guerre se doit pourtant de sortir de cette approche forcément réductrice de l’enfant seulement conçu comme « victime innocente ». La Première Guerre mondiale offre sans doute mieux qu’une autre cette position, en ce qu’elle est une guerre totale où les enfants, comme l’ensemble des populations civiles, deviennent des acteurs à part entière du conflit… Le concept de « brutalisation » est un efficace outil d’analyse de l’enfance en guerre. Au sein des populations de l’arrière, l’enfance constitue en effet une catégorie d’autant plus « brutalisable » qu’elle n’a pas les moyens de sa défense. D’abord violentée, la population enfantine est aussi « rendue brutale » par la guerre et la culture de guerre. L’étanchéité entre les barrières d’âge, qui exclut habituellement les enfants du monde combattant et de la violence de guerre, est dissoute dès le début de la Grande Guerre… »

Dans les grandes lignes, voici l’analyse qu’il propose :
Pendant la guerre, les enfants sont valorisés comme arguments pour justifier le combat des pères, ils sont ceux que nous devons défendre pour garantir l’avenir de la patrie.
Mais il faut aussi mobiliser les enfants dans la guerre pour incarner l’unité totale de la population française contre l’ennemi, les intégrer dans la guerre en leur assenant un discours emblématique d’une culture de guerre pour exalter leur patriotisme.
C’est aussi un discours de culpabilisation où les enfants doivent être dignes de leurs « grand camarades » au front, en se comportant comme des enfants modèles, sages et travailleurs, qui contribuent à l’effort de guerre. Ils doivent être des héros.
Il devient ainsi impossible pour l’enfant d’échapper à la guerre totale, la mobilisation est permanente et tous les supports susceptibles d’atteindre les enfants sont utilisés : école, famille, religion, mouvements de jeunesse, jeux, lectures. Les vecteurs principaux de cette culture de guerre sont l’école et les loisirs, soit plus précisément les maîtres et les jouets. Le conditionnement moral est devenu prioritaire sur l’apprentissage, toutes les leçons prennent appui sur la guerre, de la géographie aux mathématiques. Ce livre de récitation daté de 1915, dans lequel de nombreuses poésies sont consacrées à la guerre l’illustre bien. Pour chacun des poèmes, l’idée générale, l’explication des mots et expressions donnent une idée de l’objectif de l’exercice. Par exemple, la récitation Pour la terre dont voici la première strophe "Le petite père est à la guerre/Mère et enfants seuls au logis/Pour que les champs ne souffrent guère/ Au dur travail chacun s'est mis" est résumée ainsi « En faisant courageusement les travaux des champs, mères et enfants de nos campagnes se montrent dignes de leurs vaillants soldats ».
Par ailleurs, les enfants subissent et prennent part au conflit, de façons variables sur le territoire. La guerre totale entraine un bouleversement complet de l’environnement enfantin : de la sphère familiale, amicale, scolaire ; elle transforme le quotidien, et confronte les enfants aux bombardements, à la faim et aux exactions…
Les enfants de la Grande Guerre sont aussi les premiers à faire l’expérience du deuil de masse et l’orphelin de guerre est un nouveau type d’enfant à secourir.
Enfin, les enfants sont acteurs de la guerre, soit au travail (des « métiers pour enfants » apparaissent : tourneurs d’obus, aiguilleurs de tramways…), soit au combat. Les cas sont rares mais certains adolescents fuguent pour rejoindre le front, dont ils sont généralement renvoyés.

Dans cet ouvrage, L'enfant soldat, XIXe-XXIe siècle : une approche critique, vous trouverez un article de Manon Pignot sur les adolescents soldats pendant la Grande Guerre.

Nous vous conseillons par ailleurs cette conférence Quand l’enfant entre en guerre : Des “ado-combattants” de la Grande Guerre à “l’enfant-soldat” du XXIe siècle, organisée par la Bibliothèque municipale de Lyon, le mardi 4 novembre de 18h30 à 20h30 (bibliothèque de la Part-Dieu) dans le cadre des événements autour de l’exposition Lyon sur tous les fronts !

Cet ouvrage La guerre des enfants : 1914-1918 de Stéphane Audouin-Rouzeau étudie quant à lui cette fameuse culture de guerre, et plus précisément tout ce que les adultes ont mis en place à destination des enfants pour les intégrer à la guerre.

L’article Les enfants au cœur du conflit de 50 clés pour comprendre la Grande Guerre, 1914-1918 décrit trois réalités :
- Les enfants héros, sont ceux qui remplacent les pères dans les champs et à l’usine et ceux qui sont prêts à partir au combat. Avec la propagande, de véritables mythes apparaissent souvent basés sur des histoires vraies.
- Les enfants, cibles de la culture de guerre, à travers l’école et les loisirs (jeux, jouets, journaux) mais aussi les vêtements (panoplie d’infirmières pour les petites filles), la guerre s’inscrit dans la vie quotidienne.
- Les enfants témoins de la guerre notamment dans les départements du nord et de l’est, ils endurent violence et privations, subissent les travaux forcés…
En voici un exemple : Journal de guerre de Yves Congar

Vous pouvez aussi consulter :
Le plus jeune héros de la Guerre : Jean-Corentin Carré / André Fontaine
Nos familles dans la Grande Guerre / Jean-Louis Beaucarno
Paris en guerre : 1914-1918 : le quotidien des femmes, des enfants, des vieillards, des "embusqués" et des profiteurs / Philippe Mellot
La Première Guerre mondiale pour les nuls / Jean-Yves Le Naour

Vous le voyez, pour de multiples raisons, la vie des enfants était bien différente durant la Première Guerre mondiale qu’en temps de paix, et les enfants de cette guerre-là seront pour certains les combattants de la Deuxième guerre mondiale, portant en eux le souvenir de la Première.
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