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Une épidémie peut-elle atteindre toute l'humanité ?

par Aimery, le 04/12/2013 à 23:14 - 1122 visites

Bonjour, merci de votre potentielle réponse. Cela concerne un sujet de TPE. La réponse ne doit pas forcément être fermée et sûre. Les caractéristiques optimales pour un organisme pathogène ou bien le contexte optimale de la société pour son développement et sa propagation à l'échelle planétaire. Merci

Réponse du Guichet du savoir

par bml_sci, le 06/12/2013 à 18:35

Réponse du département sciences et techniques :

Bonjour,

Le cinéma s’est souvent emparé du thème de la pandémie comme ressort narratif annonçant une très prochaine fin du monde. Le site sens critique en donne une liste intitulée Pandémies et contagions au cinéma.

Mais est-ce possible et dans quelles conditions ?
Dans un article du New York Times, relayé sur le site de Courrier International, le professeur d'épidémiologie, de neurologie et de pathologie Américain W. Ian Lipkin qui a également été conseiller du réalisateur de Contagion, souligne que Le risque d'une épidémie mondiale est bien réel:

Ces risques sont bien réels, et ils augmentent de façon dramatique. Plus des trois-quarts de toutes les nouvelles maladies infectieuses surviennent quand des microbes passent de la faune à l’homme. Notre vulnérabilité à de telles maladies a été accentuée par le développement des voyages internationaux et la mondialisation de la production alimentaire. De plus, la déforestation et l’urbanisation continuent à déplacer la faune, accroissant la probabilité que des animaux sauvages entrent en contact avec des animaux domestiques et des êtres humains.

De très nombreuses épidémies ont déjà touché une grande partie de l’humanité :
- la peste de 1348
- la grippe espagnole
- la grippe A H1N1, etc.

Pour préparer votre TPE, nous vous conseillons la lecture des ouvrages ci-dessous, dans lesquels vous trouverez la description du contexte optimal favorisant la propagation d’une épidémie à l’échelle planétaire :
- Faut-il encore avoir peur de la grippe ? Histoire des pandémies, Odile Jacob, 2012, Paris.
- Vie et mort des épidémies, Patrice Debré, Odile Jabob, 2013.
- Les maladies émergentes, Quand les virus voyagent, Anne Debroise, Petite Encyclopédie Larousse 2006.
- Les épidémies, de la peste noire à la grippe A/H1N1, Jean-Pierre Dedet, Dunod, Paris, 2010.


Quelques conditions optimales pour la propagation d’une épidémie, listées par ces ouvrages :
- La proximité qui favorise la dissémination, en particulier quand la densification de la population se fait dans des zones qui ne peuvent fournir un service d’eau potable ou d’égouts adapté.
- les guerres et les catastrophes naturelles peuvent favoriser les épidémies (déplacement de population, désorganisation des systèmes d’hygiène et de santé, etc.).
- L’industrialisation des modes de production des denrées alimentaires (élevage industriel qui favorisent la propagation rapide du virus),
- la déforestation qui augmente le contact entre hommes et animaux,
- le vieillissement de la population et donc la multiplication des causes d’immunodépression dans la population.
- La globalisation des transports d’homme ou de marchandises,
- la vogue des animaux de compagnies non-conventionnels etc….


L’émergence d’un super-virus
Les causes de l’émergence de nouveaux virus à l’origine de pandémies sont longtemps restées mystérieuses. La co-infection des porcs par des virus humains, porcins et aviaires est à l’origine de l’émergence de nouveaux virus, tels que les virus H2N2 et H3N2 des pandémies de 1957 et 1968 (…) . Ces « réassortiments » sont facilités par la structure du génome viral en 8 segments portant chacun 1 gène. Lorsque deux virus infectent un même individu ou un animal (le porc), ils peuvent se multiplier dans les mêmes cellules. Au cours du processus d’assemblage du virus, les gènes spéarés peuvent se répartir au hasard dans les nouveaux virus qui bourgeonnent à la surface des cellules infectées. En quelque sorte, la nature rebat les cartes au harsard – 8 gènes pour chaque virus- et donne naissance à des virus « réassortis », portant des gènes provenant de chacun des deux virus. Cette nouvelle distribution confère des propriétés complètement nouvelles aux virus recombinants, et la population est très sensible à ces virus inconnus. Cela explique l’origine des pandémies. (…)
Frappant une population humaine « vierge » très sensible, les virus nouveaux « réassortis » sont à l’origine de pandémies. (…) lors de la première vague (de pandémie) rien a priori ne peut arrêter la propagation du virus. Lorsque le pic est atteint, le virus peine à progresser car les convalescent ne diffusent plus le virus et le nombre de sujets sensibles diminue notablement, cela allant de pair avec la mise en place de mesures préventives. Le résultat est une chute abrupte des cas jusqu’à un taux résiduel endémique.
Source : Faut-il encore avoir peur de la grippe ? , Odile Jacob, 2012, Paris.

Lorsque deux variantes d’un même virus se rencontrent dans un même organisme, elles peuvent se réassortir. Imaginons qu’une personne infectée un virus classique de la grippe humaine, le soit également par celui de la grippe aviaire. Les deux virus peuvent être amenés à injecter leur matériel génétique dans la même cellule. Des échanges aléatoires de séquences génétiques s’opèrent. Avec un peu de malchance, un nouveau virus, possédant la capacité de contagion de l’un et l’agressivité de l’autre nait (…).
Source : Les maladies émergentes , Anne Debroise, Petite Encyclopédie Larousse 2006.


D'autres ressources:
- Un dossier de Futura sciences :Grippe aviaire : prévention et vaccination.
- Les vidéos sur le sujet de la pandémie sur France TV éducation.


Reste que si le virus tue tout le monde, il n’aura plus d’hôte et aura donc perdu…
Les virus peuvent être méchants, très méchants. Ne le demandez pas à celui d'Ebola, ou à celui de la fièvre de Marburg : il vous tuerait probablement. Mais c'est précisément là son point faible : "Les virus doivent "trouver" un équilibre du point de vue évolutif, explique Laurent Kaiser, responsable du laboratoire de virologie aux Hôpitaux universitaires de Genève. S'ils tuent trop vite leur hôte, comme Ebola, ils n'ont pas le temps de se propager assez vite en se transmettant largement entre individus. A terme, il faut donc, pour se répandre massivement, qu'un virus ne soit pas trop virulent." (....) Et un virus artificiel ? Avec les techniques génétiques actuelles, qui permettent de modifier à souhait le patrimoine génétique des organismes, les risques qu'un bioterroriste "fabrique" un microbe aux propriétés létales "existent sur le papier", admet le virologue genevois. Mais, pour ce faire, "il faut disposer d'un laboratoire ultraperfectionné, d'une grande expertise, savoir bricoler biologiquement de manière cohérente, avoir de la "chance" et pouvoir le disséminer efficacement entre humains, soit par voie aérienne. Cela n'est de loin pas à la portée du premier venu et ne relève pas vraiment de la réalité".
Source: Article du Monde, Pandémie massive due à un virus très virulent.
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